Nouvelles d'Arménie
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Exposition


Expositions photos de Maurice Cuquel

À l’ombre de la mémoire arménienne” et “Arménie terre de résilience” : deux expositions photographiques de Maurice Cuquel à l’occasion du mois commémoratif du génocide des Arméniens au CNMA à Décines. Un regard sur le souvenir de 1915 et un autre sur la société arménienne contemporaine par un observateur empathique.

À l’ombre de la mémoire arménienne

Poser son regard sur celui d’un autre. Plonger dans sa mémoire et fixer les instants de recueillement centenaire d’un peuple d’orient.

Cent ans après, les vivants d’aujourd’hui se rassemblent. En ce mois d’avril 2015, Erevan, capitale de l’Arménie, si grise en hiver s’orne d’un violet vif, couleur du myosotis. La fleur de mémoire, symbole des commémorations, fleurit au printemps.

1915 - 2015. Face aux ombres du passé, le regard se pose, s’éteint et devient silencieux. Comment témoigner de ces fantômes de la mémoire qui hantent les descendants de rescapés ? Comment faire exister cette sourde tragédie qui pèse sur l’Arménie d’aujourd’hui ?

Maurice Cuquel, par ses photos, s’inscrit dans la continuité de tous ceux et celles qui ont voulu témoigner, raconter, alerter. Non comme rescapé ou survivant, mais comme témoin lucide d’un regard porté sur un présent qui se souvient. Attentif aux fragilités et fractures d’une société arménienne piégée dans son passé et recluse dans une identité survivante des crimes et des atrocités. Aux carrefours d’une langue et d’une église millénaires, la famille arménienne commémore son arménité blessée.

Témoigner donc...

D’un souvenir collectif, de celui d’un peuple qui se recueille. Les images de Maurice Cuquel, pudiques et respectueuses, s’inscrivent dans la lignée de ses précédents travaux sur le centre de torture S21 au Cambodge, qui nous parle de ces peuples meurtris par l’histoire, en quête de reconnaissance et d’espérance. Un regard aiguisé et proche, dévoilant les ombres et reflets du teint triste de l’Arménie d’aujourd’hui mais laissant aussi entrevoir les instants de dignité éphémère d’un peuple éternel.

Par son travail, Maurice Cuquel nous dévoile ce qui fait lien et constitue les racines de l’identité mémorielle arménienne. Il livre surtout un témoignage universel à tous ceux et celles pour qui le devoir de mémoire contribue à fonder notre commune humanité.

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Arménie : la résilience en héritage

En parcourant les images de cette Arménie d’aujourd’hui, on découvre les visages, les ombres et les mouvements d’une société tiraillée entre un héritage traumatique et une modernité parfois subie, rarement choisie. Cette tension entre un présent brutal et un avenir incertain, où se côtoient dans un même univers les imposantes limousines noires et les vieilles Lada du passé soviétique. Deux mondes qui s’ignorent dans un même pays contraint à l’unité.

L’Arménie d’aujourd’hui nous dit l’attente et l’espérance. Celle qui l’autoriserait enfin à décider de son propre chemin, sans subir les intérêts de ses puissants voisins ou de ses oligarques contemporains. Un pays qui parviendrait à sortir de l’enfermement pour choisir enfin le destin de ses habitants.

Car entre ces murs de gris, ces mémoires douloureuses et ces regards anxieux, les photos de Maurice Cuquel nous révèlent les scènes de vie et la poésie du quotidien à Erevan. Ni fatalisme ni résignation dans le présent de ce peuple déjà millénaire. Derrière les lignes et les cassures des paysages urbains de la grande métropole se laissent entrevoir les espaces de mouvement et de lumière résonnants avec l’espérance et la profonde détermination des arméniens d’aujourd’hui.

Comme cette dame aux bras levés face à l’immensité du mont Ararat, ces images nous plongent dès le début dans l’intime complainte et les tensions violentes traversant une société en pleine mutation. En quête de la résilience de ceux qui n’oublient pas mais qui avancent, le quotidien de l’Arménie semble porté par l’écho des mots du poète Paul Valéry : « Le vent se lève, il faut tenter de vivre. »

Guillaume De Chazournes

Jusqu’au 28 avril
CNMA de Décines - 32, rue du 24 avril 1915 - 69150 Décines

posté le 3 avril 2017 par Claire/armenews


VIDEO
Retour sur le salon Comparaisons, avec notamment Asilva et Sarkis
posté le 13 mars 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Culture  Exposition  Paris 


PARIS
Exposition d’Armén Rotch à la Galerie Sobering

Patricia Kishishian, directrice de la Sobering Galerie, expose un artiste né en Arménie en 1955 : Armén Rotch. La commissaire d’exposition est Gilda Guégamian.

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Armén Rotch, Sans titre, 2005, sachets de thé, bois, verre, 27,5 x 14x 4,5 cm Depuis les années 2000, Armén Rotch réalise des œuvres avec des sachets de thé recyclés appelés « Quelque chose de vivant » dans son atelier parisien. Le sachet usagé, ce rebus ordinaire du quotidien avec son apparente fragilité et la symbolique spirituelle inhérente au thé en ont fait le médium privilégié, le matériau le mieux apte à exprimer les questionnements et la nécessité de revenir à l’essentiel de l’artiste. L’économie de moyens et la rigueur de la forme s’accordent dans ses grandes toiles bistres, composées avec le temps et non contre lui, structurées à partir du souffle des buveurs-donateurs de sachets, en toiles construites telles des murs d’antiques citées d’Orient.

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Armén Rotch, Structure perceptive, 2007, sachets de thé, 120 x 100 cm

Du 23 mars au 6 mai
Vernissage le 23 mars de 18h à 21h
Sobering Galerie - 87 rue de Turenne - 75003 Paris
Plus d’infos : http://www.armenrotch.com/

posté le 2 mars 2017 par Claire/armenews


PARIS
Varujan Boghosian à la Galerie Gabrielle Maubrie

Homage to Dali, 2016.

C’est une échappée belle que propose la galerie Gabrielle Maubrie, avec cette superbe découverte d’un artiste américain de 90 ans, quasiment inconnu en France. Varujan Boghosian produit essentiellement des collages, à la poésie hors d’âge. Héritiers des hybridations de Max Ernst et des boîtes à merveilles de Joseph Cornell, ils font se rencontrer papillons et lettrages, gravures anciennes et faces de lune. Mais c’est surtout son travail à partir de photographies anciennes qui bouleverse : en les effaçant en partie au papier ponce, il n’en laisse surgir qu’une bouche, une oreille, un fantôme. Comme en écho à la disparition des corps et de la mémoire qui travaille depuis ses débuts l’œuvre de ce descendant de victimes du génocide arménien.

S’appuyant sur les traditions du surréalisme et les assemblages et collages de Dada, Boghosian joue à contempler les limites entre le rêve et la réalité. Les images et les objets qu’il emploie portent souvent la marque du temps et ses créations juxtaposent fréquemment des groupes d’objets sans rapport entre eux.

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Silence, 2011.

Le travail de Boghosian a commencé à être inclus dans les expositions thématiques au Moma, au Whitney, à l’Art Institute de Chicago dès 1954. Il a été membre actif de l’Académie américaine des Arts et des Lettres depuis plus de 30 ans.

Exposition jusqu’au 4 mars de Varujan Boghosian, Master bricoleur.
Galerie Gabrielle Maubrie, 24, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, Paris 4e.
Tél. : 01-42-78-03-97.

posté le 1er mars 2017 par Claire/armenews


Exposition Harmonie d’Arménie, par Laurent Morel

Goshavank, par Laurent Morel.

A l’occasion de la Semaine de la photo de Remiremont, le photographe amateur Laurent Morel propose, dans quatre médiathèques des Vosges, l’exposition Harmonie d’Arménie. Elle a été vernie le 27 janvier.

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Une trentaine de photos en grand format sur toile permette de voir des paysages et scènes de vie arméniens. Laurent Morel travaille dans des ambassades pour des missions de 3 ans. Ainsi, de Bangui à Erevan, de San Francisco à Stockholm, il aime poser ses valises et son objectif au gré de ses affectations.

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En 2005, en affectation à Erevan, Laurent Morel se prend de passion pour ce pays. Au volant de son 4x4, il parcourt alors plus de 50 000 km hors des routes carrossées, dans des terres parfois encore très sauvages. Le Mont Ararat, les paysages époustouflants de beauté et d’harmonie, des scènes de la vie quotidienne en milieu rural, des églises du XIVe siècle construites par l’architecte Momik... La substantifique moëlle de l’Arménie est désormais fixée sur les pellicules du photographe.

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Jusqu’au 25 février dans les Médiathèques de la porte des Vosges Méridionales, à Remiremont, Dommartin, Saint-Étienne et Saint-Nabord
Renseignements : 03 29 22 50 01 / mediatheque@ccpvm.fr

posté le 1er février 2017 par Claire/armenews


PARIS
Asilva au Grand Palais

Colère, peinture /toile , 120 cm x 120 cm.

Dans le cadre d’Art Capital, le salon Comparaisons 2017 présente 28 groupes d’artistes qui correspondent à autant de sensibilités ou de tendances de l’art contemporain. Chef du groupe « De l’apparence à l’imaginaire », Asilva exposera un unique tableau comme 14 autres artistes qui constituent cet ensemble.

«  Fédérer autour de soi des peintres de forte expression, des créateurs de féconde imagination, savoir s’entourer, c’est ce que l’âme de ce groupe, Asilva, aussi accueillante à l’art des autres qu’elle est puissante pour affirmer le sien, fait chaque année au salon Comparaisons » , a écrit Jean-Claude Menou, inspecteur général du Patrimoine.

Les traits communs de ceux qui exposent ici ? « Nous cherchons, au-delà de l’apparence, le sens caché de la beauté. De notre imaginaire, nous enrichissons le réel prosaïque », lui répond Asilva.

« Ces sensibilités, ces artistes, viennent affronter votre regard ; rendez-leur, par l’acuité de votre saisie, par l’exigence de votre quête, ce qu’ils ont délivré sur leurs toiles. L’échange en sera magnifié ! », affirme Jean-Claude Menou.

Art Capital, Salon « Comparaisons »
Grand Palais, avenue W. Churchill, Paris 8e
Du 15 au 19 février de 11h à 20 h, jeudi et samedi de 11h à 22h

posté le 31 janvier 2017 par Claire/armenews


PEINTURE
Exposition d’Isabelle Manoukian à la mairie du Ve arrondissement de Paris

La peintre Isabelle Manoukian expose à la mairie du Ve arrondissement de Paris sa série “Les parquets du Louvre“.

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La résurrection de Lazare, 2014, acrylique et feuille d’or sur toile.

L’artiste explique : “ Dans cette série, mon travail consiste, entre autre, à perturber les espaces et le temps, en revisitant les thématiques religieuses. Les personnages, à quelques exceptions, sont tous situés dans un espace non identifiable, il n’existe aucun élément nous indiquant si l’on est dans un espace fermé ou ouvert, le seul indice étant ces bandes de couleur, lignes diagonales, qui simulent une illusion de parquet, jouant par moment le rôle de sol ou bien de mur.

En fusionnant avec le fond-parquet, librement inspiré des parquets du Louvre, les personnages (sous les traits de mes proches pour la plupart), rejouent l’histoire de l’art, et les titres invitent le regardeur à interpréter la toile autrement que ce qu’elle représente. C’est dans ce sens que le décalage est omniprésent dans mon travail.

Je peins essentiellement d’après des photos de la vie quotidienne, instants précaires d’un bonheur qui n’a absolument rien à voir avec les sujets religieux choisis, si ce n’est l’association que j’en fais.

Le décalage s’installe entre le « titre » choisi et « l’image » présentée.

Ce que vous regardez avant de connaître le titre n’est qu’une figure sur un fond, et pourtant une fois le titre associé, le profane devient sacré. Il y a donc un avant et un après. Un avant, lorsque nous étions vierge de toute connaissance devant l’image, et un après lorsque malgré nous, une connaissance (ici un titre) nous est imposée et nous oblige à réinterpréter l’image autrement. Ce décalage nous renvoie à la condition humaine de la Genèse ; une fois la connaissance dévoilée nous sommes définitivement chassés du Paradis.“

Née en 1969, après avoir obtenu un diplôme en BTS Impression Textile à l’Ecole d’Arts Appliqués Olivier de Serres, Isabelle Manoukian poursuit sa démarche picturale tout en suivant les Ateliers Beaux-arts de Montparnasse et de Glacière. En 2002, elle obtient un DEA en Arts plastiques à Paris 8. C’est en 2004, qu’elle découvre la miniature persane, qu’elle étudie pendant 5 ans auprès d’Abbâs Moayeri. Cette approche des couleurs alliant la précision de la ligne va par la suite fortement influencer sa démarche personnelle.

Du 24 janvier au 4 février
Salle René Capitant - Mairie du Ve arrondissement de Paris - 21 place du Panthéon
Du lundi au vendredi, de 11h à 18h, jeudi jusqu’à 19h30 et le samedi de 11h à 13h - Entrée libre

posté le 19 janvier 2017 par Claire/armenews


Exposition de Ludvig Sahakyan à Lyon

Ludvig Sahakyan propose pour sa première exposition personnelle à la Fondation Bullukian un riche corpus d’œuvres nouvelles, du dessin à la broderie, de la sculpture à la performance. “Ce qui est au cœur de ma recherche, c’est le point de rencontre entre la matière et le souvenir du monde arménien, qui du lointain passé souffle à présent et à travers le geste du sous-venir, et donne à voir une forme“, explique l’artiste né en 1988, lauréat du Prix de Paris 2016 - Ecole nationale supérieure des Beaux arts de Lyon.

“Հով, hov c’est la brise. Mais dire que hov c’est la brise, c’est donner un mot pour un autre mot, dans une autre langue et réduire son sens. C’est que hov est plus que la brise. Ce souffle discret n’est pas encore vent, քամի qami, celui qui siffle à travers toits et fenêtres, parfois dans le calme, parfois en rafale et qui arrache toits et maisons.

Hov c’est la brise discrète, qui chuchote à travers les feuilles d’arbres, accompagne les mouvements d’eaux et caresse les champs montagneux de l’Arménie au printemps.

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Le jardin suspendu.

Hover, c’est plus que les brises, plus que les vents légers. Sur la langue de celui qui connaît ce mot, il devient un souffle, une adresse, une demande mais aussi un abri. C’est qu’en demandant aux montagnes d’envoyer un hov, celui qui appelle espère s’abriter հովին hovin.

S’asseoir, hovin, pourrait-on dire, c’est s’asseoir à l’ombre, mais ce n’est pas vraiment l’ombre, ստվեր stver, dont on parle ici, mais davantage d’un lieu, lieu d’un abri, à l’abri de l’aveuglant soleil du désert, dont les pieds nus de tout un peuple, qui marche au fil des jours, sur la terre brûlante, du sable asséché de toute vie, cherche, espère, demande aux montagnes un refuge. Parfois sans réponse.

Hovin, est le lieu où il y a encore le souffle vivant, souvenir du temps, d’un lieu où l’on peut se réfugier, et au printemps qui nous re-vient, repenser à ce que le monde est : des mondes, un autrui, une rencontre.“ Ludvig Sahakyan.

Fondation Bullukian - 26 place Bellecour - 69002 Lyon
Vernissage le 18 janvier à 18h30 en présence de l’artiste
Exposition ouverte du 18 janvier au 25 mars 2017
Entrée libre du mardi au vendredi de 14h à 18h30 et le samedi de 13h à 19h
Visites commentées gratuites tous les samedis à 16h

posté le 16 janvier 2017 par Claire/armenews


ALLEMAGNE
Un film de Y. Gianikian et A. Ricci Lucchi dans une exposition berlinoise

Après leur rétrospective au Centre Pompidou il y a quelques mois, le couple Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi montre leur film Retour à Khodorciur (le film a été sous-titré en anglais pour l’événement) dans l’exposition Uncertain States... Cette exposition berlinoise étudie l’importance de la mémoire et du récit dans les processus de transformation sociale et culturelle.

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Photo de l’exposition Uncertain States par Andreas Suess

Le film Retour à Khodorciur (1986) des réalisateurs Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi illustre comment le récit d’histoires oubliées ou perdues peut représenter l’identité et surtout influencer l’avenir. Dans ce travail, Raphaël Gianikian, le père de l’artiste, propose un récit émouvant de son retour en Turquie orientale.

Jusqu’au 15 janvier 2017 à Akademie der Kunst à Berlin (Allemagne)

posté le 1er décembre 2016 par Claire/armenews
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