Nouvelles d'Arménie
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Littérature


PARIS
Rencontre avec Claude Mutafian à l’occasion de la sortie de son dernier livre

A l’occasion de la sortie de son ouvrage La Saga des Arméniens de l’Ararat aux Carpates, rencontre avec Claude Mutafian.

Parmi les nombreuses diasporas arméniennes, celle d’Europe carpatique est particulièrement méconnue. Pour diverses raisons, un processus d’assimilation était en cours chez ces Arméniens de Roumanie, d’Ukraine occidentale et de Pologne, mais depuis la chute des régimes communistes on assiste à une vague de « revendication d’arménité ». Parallèlement, un intérêt croissant pour les études arménologiques se fait sentir dans les milieux académiques et artistiques de ces pays. Il est donc temps de se pencher sur cette page d’Histoire : quand et pourquoi des communautés arméniennes se sont-elles installées dans cette région, quels itinéraires ont-elles suivis, quels rapports ont-elles eus avec les autres groupes ethniques, qu’ont-elles apporté aux cultures locales ?

On a cherché à concilier deux exigences : la rigueur scientifique et une présentation attrayante. Pour la première, les affirmations sont systématiquement accompagnées, en note, de la référence des sources et éventuellement de compléments bibliographiques.

Quant à la seconde, elle repose sur une iconographie abondante et de qualité. Ainsi, plutôt que de donner dans le texte les sources premières - inscriptions, pages manuscrites ou imprimées - on a, autant que possible, reproduit les originaux, parfois des merveilles de calligraphie, avec en légende leur traduction et les commentaires adéquats. Quant aux monuments, il est intéressant de comparer des photographies actuelles avec des vues ou des gravures anciennes. Des tableaux, des portraits, des miniatures, des objets d’art, des cartes historiques ou encore des monnaies ajoutent une touche d’authenticité et permettent de donner en légende des compléments utiles.

Mathématicien et historien, Claude Mutafian est professeur agrégé de mathématique. Il a enseigné cette discipline à l’Université Paris XIII et dans diverses universités étrangères. Après la publication de plusieurs livres d’algèbre, il se consacre depuis 1980 à l’histoire, et plus spécialement aux relations de l’Arménie avec ses divers voisins au fil du temps. Docteur en histoire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de ce pays, dont, publiés aux Belles Lettres, L’Arménie du Levant (2012) et La Saga des Arméniens de l’Ararat aux Carpates (2018).

Rencontre avec Claude Mutafian le mercredi 20 juin à 19h à la Librairie Guillaume Budé - 95 bd Raspail, Paris 6e. Entrée gratuite.
Réservation conseillée au 01 44 39 84 21 ou librairie@lesbelleslettres.com.
Retrouvez tous les détails sur www.librairieguillaumebude.com

posté le 13 juin 2018 par Claire/armenews


LITTERATURE
L’ouvrage de la chanteuse lyrique Mariam Sarkissian

Moscovite d’origine, parisienne depuis 1996, élève et disciple de la célèbre chambriste et rossinienne Zara Dolukhanova, diplômée de l’école normale de musique de Paris, la mezzo-soprano Mariam Sarkissian s’est spécialisée dans le belcanto et la musique de chambre.

Ces dernières années, elle a développé une démarche particulière de recherche et découverte d’un répertoire de musique de chambre vocale rare, nouveau ou injustement oublié. Elle enregistre plusieurs premières mondiales auprès des labels internationaux, participe à la renaissance de la tradition des salons, se produit en concert en Europe, aux Etats-Unis et en Israël.

Sa nouvelle démarche chambriste est saluée par la presse spécialisée. Elle est nommée “maître incontestable de la romance“ par le Gramophone Magazine, et reçoit l’Orphée d’Or de l’Académie du disque lyrique, la plus haute récompense française pour un enregistrement de musique vocale. Son autre vecteur est celui de l’enseignement, dans lequel elle se base sur les écoles de la tradition belcantiste - Lamperti, Everardi, Garcia - et crée le concept de Triangle de l’équilibre.

Un événement a involontairement emmené la chanteuse lyrique Mariam Sarkissian à puiser à la source : reprendre l’expérience empirique des grands professeurs de chant des siècles passés pour se reconstruire, en créant ensuite une méthode de synthèse d’enseignement de la technique vocale de l’équilibre, destinée à former l’outil d’expression des chanteurs et orateurs. Dans Je pense donc je pense ou la louange du belcanto cognitif, elle propose un aperçu de son travail avec les chanteurs lyriques solistes et choristes, amateurs et professionnels, débutants et confirmés, en carrière et en rééducation.

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Je pense donc je chante, ou la louange du belcanto cognitif, par Mariam Sarkissian - Editions Kirk Publishing
Présentation de l’ouvrage le vendredi 22 juin de 18h30 à 21h à l’Espace Christiane Peugeot, 62 avenue de la Grande Armée - Paris

posté le 8 juin 2018 par Claire/armenews


LITTERATURE
La Pierre à l’édifice posée par Laurent Tariotte

Avec ce roman historique, l’auteur a voulu combler sa frustration de peu connaître le génocide des Arméniens.

Pour Laurent Tariotte, tout est parti d’une discussion avec son ami d’enfance, Vahé Kéchichian. On est fin 2014, ce dernier lui parle alors des commémorations du centenaire du génocide à venir. Pour l’auteur français, c’est le choc : «  En découvrant ce qu’il s’est passé, j’ai ressenti alors une grande frustration de ne pas vraiment être au courant de ce pan de l’Histoire. » Peu de livres sur le sujet ? Il décide alors de se lancer, avec la volonté « de créer L’Odyssée du peuple arménien ».

Dans La Pierre de Hayg, ce n’est pas les aventures d’Ulysse que l’on suit, mais celles d’Anouchavan, un jeune soldat arménien combattant dans l’armée ottomane en mars 1915... échappant miraculeusement à l’exécution de sa section grâce à une pierre aux pouvoirs étranges, le voilà livré à lui-même en pleine Anatolie, déterminé à suivre ses instincts et retrouver ses proches. Un personnage attachant, en premier lieu pour son créateur : « C’est un résistant. Ce qui me plaît chez lui, c’est sa faculté à survivre pour sa personne et à sa capacité de donner sa vie pour les autres. J’aime aussi sa façon de ne jamais penser qu’il n’y a plus de solutions. Il ne le pense jamais. Il affronte. Il combat. Il va jusqu’au bout », explique Laurent Tariotte, qui planche d’ores et déjà sur la suite du livre. « Il ne s’agira pas là d’un roman sur le peuple arménien à 100 % comme le premier, mais nous retrouverons l’histoire de la pierre et nous verrons aussi que tout ce qu’à fait ou subi Anouchavan aura des conséquences sur l’avenir...  », prévient Laurent Tariotte. En attendant le tome 2 qui devrait sortir à la fin de l’année, La Pierre de Hayg, près de 500 pages qui se lisent très bien, est commandable sur internet.

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La Pierre de Hayg, Laurent Tariotte, commandable sur Bookelis.com, 23 €.

posté le 5 mai 2018 par Claire/armenews

Claire Barbuti



PARIS
Débat avec Bernard-Henri Lévy : « Erdogan finira dans la poubelle de l’histoire »

A l’occasion de la sortie de son ouvrage L’Empire et les 5 rois, Bernard-Henri Lévy assurait avoir envie de le présenter à trois communautés en priorité : les Juifs, les Kurdes et les Arméniens. Ce fut chose faite le 25 avril dernier à l’invitation des Nouvelles d’Arménie Magazine, et ce dans les locaux de l’UGAB Paris. Pendant près de 2h, le philosophe et écrivain a expliqué sa lecture des barbaries contemporaines, en particulier celles liées à l’Empire ottoman et à la Turquie, mettant en avant son rejet du fascislamisme turc face à une centaine de personnes très attentive, qui ont pu posé des questions à l’issue de cette conférence et faire dédicacer leur ouvrage.

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Avant son entrée dans la salle de l’UGAB, BHL alpagué par Cyrille Eldin, journaliste de Canal +.

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Ara Toranian avec Erol Ozkoray

Pourquoi venir présenter cet ouvrage aux Arméniens, lui a demandé Ara Toranian, rédacteur en chef des Nouvelles d’Arménie Magazine, pour démarrer cette discussion. “La médaille que j’ai reçue de vos mains il y a 3 ans au dîner du CCAF, je l’ai reçue avec une vraie émotion, sans paroles en l’air“, s’est souvenu Bernard-Henri Lévy. La rencontre du 25 avril était ainsi l’occasion d’exprimer sa reconnaissance vis-à-vis du peuple arménien, mais aussi de mettre en lumière l’un des fils principaux de l’ouvrage : la question de la Turquie et de la résurgence de la tentation ottomane aujourd’hui. S’il avoue avoir fait partie au début de ceux qui ont cru à l’arrivée d’Erdogan, il pense clairement aujourd’hui “que le panturquisme est à la base de son régime“. S’il a eu l’idée de l’ouvrage L’Empire et les 5 rois lors d’un voyage au Kurdistan, l’écrivain en appelle à la solidarité entre “les peuples en trop“, les “incomptés par les nations“.

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Valérie Toranian, directrice de la Revue des deux mondes, a quant à elle interrogé Bernard-Henri Lévy sur les relations entre Trump et Macron, et la place de la Turquie dans celles-ci.

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La thèse de mon livre, a avancé le philosophe, c’est qu’il y a aujourd’hui cinq maîtres-chanteurs dans le monde, dont les deux plus pervers sont Erdogan et Poutine. Or, ils sont dans une alliance pas contre-nature, mais contre-historique“. Regrettant que peu de monde ne s’en soucie : “L’Europe se couche face à cela, c’est ce que j’écris dans ce livre, c’est pour ça que je suis révolté.

Avant de nous faire une confession : “Si je devais mourir demain, il y a une chose dont j’aurai honte, pour moi : c’est de ne pas avoir su convaincre de la nécessité d’intervention en Syrie“. Comparant les situations entre la Libye et la Syrie, “d’un endroit où l’on est intervenu et un où on n’est pas intervenu“.

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Ara Toranian l’a alors interrogé sur Bachar Al Assad, perçu par les minorités chrétiennes comme un protecteur face aux Islamistes. Il s’en sert comme bouclier stratégique et bouclier humain a estimé Bernard-Henri Lévy. Quelle attitude adoptée face à ça ? “Une tutelle internationale pendant un temps donné ?, Ca rappellera de mauvais souvenirs, mais si c’est le prix à payer...“ a-t-il tenté, ajoutant que leur sort constituait une priorité absolue.

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Journaliste au Monde, Gaïdz Minassian a ensuite pris la parole, se faisant dans un premier temps l’avocat du diable : “Ces cinq rois dont vous parlez - en Chine, en Turquie, en Iran, en Russie, dans le monde arabe - n’ont-ils pas des raisons d’en vouloir à l’Occident ?“. Ce à quoi Bernard-Henri Lévy a rétorqué : “Si j’étais Turc, je me sentirai plus humilié par Erdogan que par les Occidentaux !“. Mais l’auteur assure ne pas être désenchanté, ne pas avoir perdu courage - pour preuve la parution de ce livre qui se clôt par un message plein d’espoir, “mais avec quelques larmes de mélancolie, dédiées aux Kurdes“ - déclarant sous les applaudissements : “Erdogan, je pense qu’il finira dans la poubelle de l’histoire“.

Selon lui, c’est à l’Europe de reprendre le flambeau, puisque les Etats-Unis sont un peu en retrait, ces derniers affirmant en parole que l’Iran est son pire ennemi, mais en lui laissant un tel cadeau en Syrie, notamment à Afrin. Le problème : “Comment reprendre le flambeau s’il n’y a pas de solidarité entre les pays européens ? Oui, il y a une guerre de civilisation au sein de l’Europe, et c’est cette bataille qu’il nous faut aujourd’hui mener“.

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Enfin, interrogé par une personne présente sur le rôle des Kurdes lors du génocide arménien, Bernard-Henri Lévy s’est dit content de finir sur cette question : “C’est vrai que les Kurdes ont été les sicaires du génocide des Arméniens, a-t-il concédé. Mais les Kurdes - en tout cas d’Irak - l’ont avoué, se sont repentis, ne sont pas dans le négationnisme“. C’est pour cette raison que la chaîne de solidarité des ébranlés doit aujourd’hui se mettre en place. Il en a d’ailleurs appelé à la reconnaissance par Israël du génocide des Arméniens, en appelant à la “solidarité profonde des peuples en trop“.

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Un public attentif. Au premier rang notamment, Mourad Papazian et Nadia Gortzounian.

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Une conférence passionnante, qui s’est terminée par une séance de dédicaces.

posté le 5 mai 2018 par Claire/armenews

Texte et photo : Claire Barbuti



LITTERATURE
Négar Djavadi lauréate du prix de la Porte Dorée pour Désorientale

Le prix littéraire de la Porte Dorée 2017 a été attribué ce jeudi 8 juin à Négar Djavadi pour son premier roman Désorientale (Liana Levi).

Le prix récompense chaque année une oeuvre de fiction écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires. Il est doté de 4 000 euros. Empreint de style cinématographique, ce premier roman foisonnant a séduit les lecteurs du comité de lecture et les membres du jury.

La saga familiale, l’évocation des exils multiples (notamment arménien), les allers-retours entre passé et présent ainsi que l’ÉVÉNEMENT constituent la force de ce roman, très dense et généreux.

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Mya Guenoun, lycéenne et membre du jury s’est exprimée lors des délibérations « Cette histoire nous montre un visage différent de l’exil. Elle nous prouve que malgré les séquelles, malgré la douleur ressentie lorsque l’on ne sait plus exactement d’où l’on vient, rien ne s’arrête, rien n’est oublié et tout continue. Et que personne n’est prédestiné à vivre telle ou telle vie. ».

De son côté, Négar Djavadi a déclaré : « C’est quelque chose d’incroyable dans mon histoire personnelle, ça veut bien dire que cette histoire qui est la mienne - je suis de la première génération venue d’Iran - s’inscrit dans l’histoire de l’immigration en France et qu’on a su, comme d’autres auteurs de la liste, dépasser notre histoire, on a su la raconter (...) pour dédramatiser l’exil, l’immigration et ce qu’on veut nous faire croire de l’immigration comme danger. Il y a une harmonie qui se crée entre l’immigré et l’histoire du pays d’accueil et qui passe par la littérature. Ça montre aussi qu’on vient enrichir un pays, à travers la langue, et ça fait plaisir de se le dire. »

posté le 9 juin 2017 par Claire/armenews


PARIS
Conférence : la présence des Arméniens dans la littérature turque contemporaine

La prochaine conférence du salon aura pour thème “Présence et Image des Arméniens dans la littérature turque contemporaine“. Sera présent Timur Muhidine, éditeur (directeur de la collection “Lettres Turques“ chez Actes Sud), enseignant, chercheur, maître de conférence en langue et littérature turques à l’INALCO pour en parler. Une soirée animée par Gérard Malkassian.

Rendez-vous mercredi 14 juin, à partir de 20h30 à la Maison des Étudiants arméniens, dans la Cité universitaire à Paris (57 boulevard Jourdan - 75014). Entrée libre.

posté le 6 juin 2017 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Littérature  Paris 


PARIS
L’enquête détaillée de Laure Marchand sur le triple assassinat de militantes kurdes

La journaliste Laure Marchand a mené une enquête détaillée et passionnante sur le meurtre des militantes kurdes à Paris, le 9 janvier 2013. Résultat : l’ouvrage Triple assassinat au 147, rue La Fayette qui, écrit comme un polar, restitue à merveille les incohérences de l’affaire.

Dans le 10e arrondissement de Paris, derrière la lourde porte du 147 rue La Fayette, se trouve un crime impuni, protégé par la raison d’Etat. Le 9 janvier 2013, trois femmes kurdes ont été tuées au premier étage de l’immeuble, dans un petit appartement. Elles ont été exécutées de plusieurs balles dans la tête. Sakine Cansiz était une des fondatrices de la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et avait créé la branche des femmes de l’organisation ; Fidan Dogan était en charge du lobbying du mouvement en France et Leyla Saylemez était une jeune militante.

Depuis trois ans, les éléments à charge contre les services secrets turcs, suspectés d’avoir commandité leur exécution, se sont accumulés sur le bureau de la juge d’instruction qui a bouclé son enquête. Mais un seul accusé, Ömer Güney, sera jugé lors du procès en assises qui s’ouvrira à Paris en décembre 2016. Malgré des faits accablants, les autorités politiques françaises ne réclament aucun compte à la Turquie. Alors que le courage des combattantes kurdes du PKK contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie est salué dans le monde entier, la mort de leurs camarades en plein Paris est recouverte d’un linceul de silence. Car les autorités françaises ont choisi de renforcer leur alliance stratégique avec Ankara. Faisant fi de leurs engagements à lutter contre le terrorisme. L’instruction a conclu que Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez avaient été victimes d’un « acte terroriste ». Sur le sol français, cyniquement, les victimes du terrorisme n’ont donc, à l’évidence, pas toute la même valeur.

Pendant plusieurs mois, Laure Marchand a enquêté dans plusieurs pays et eu accès à des sources turques et françaises inédites qui lui ont permis d’établir des liens entre le suspect numéro 1 et le MIT, les services secrets turcs. Dans cet ouvrage, Laure Marchand nous mène de l’appartement parisien aux provinces kurdes de la Turquie, ce pays où elle a vécu et travaillé comme correspondante durant une décennie. Passionnant et nécessaire, ce livre capital fait office de témoignage et laisse augurer que la mort de Güney ne met pas un point final à cette affaire d’Etat.

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Laure Marchand, Triple assassinat au 147, rue la Fayette, Actes Sud, 19 €.

posté le 2 février 2017 par Claire/armenews


Littérature
Marseille : « Exils arméniens - Du Caucase à Paris 1920-1945 »

Marseille - Mémoire et littérature : l’association pour la recherche et l’archivage de la mémoire arménienne (ARAM) reçoit l’historienne Anouch KUNTH pour la présentation de son dernier ouvrage : « Exils arméniens - Du Caucase à Paris 1920-1945 »

Samedi 4 février 2017 à 17h30

À la MAJC

12/14, rue Saint-Bazile - 13001 Marseille Métro/Tram Réformés, Entrée libre

« On connaît l’histoire des réfugiés rescapés du génocide de 1915, moins la seconde vague migratoire arménienne, celle originaire du Caucase russe, chassée dans les années 1920 par l’installation du régime soviétique. Avec un livre illustré de photographies et remarquablement écrit, l’historienne Anouche Kunth lève le voile sur ces exilés qui eurent, en France, des rapports complexes avec leurs compatriotes chassés d’Anatolie. » LeMonde.fr

(JPEG) Présentation de l’ouvrage : Les convulsions de la révolution bolchevique jettent hors de Russie plus d’un million de réfugiés, qui croient leur fuite temporaire. Elle va s’avérer irréversible, la perte de la patrie se conjuguant bientôt avec celle des droits nationaux. Parmi ces « ?sans-droits ? », quelques centaines de grandes familles arméniennes, issues des marges caucasiennes de l’Empire des Romanov. Banquiers et industriels, artistes, professeurs d’université, hommes politiques ? : tous, vers 1920, s’enfuient avec femmes et enfants, par crainte des violences que le nouveau régime de Moscou inflige à ses « ?ennemis de classe ? ». Hors de Russie, et tout particulièrement en France où convergent des dizaines de milliers d’exilés, leurs trajectoires croisent celles des Arméniens de Turquie, persécutés quant à eux pour des motifs ethno-confessionnels.

L’histoire des exils arméniens s’écrit ici à hauteur d’hommes et de femmes en fuite, de familles soudées face au danger, parfois séparées, plongées dans l’opacité après le renversement de l’ordre ancien. Que faire ?? Où aller ?? Quel projet poursuivre en ces temps de chaos et d’incertitude ?? Comment préserver ses ressources et recréer un ordre pour soi ?? Les parcours de ces anciens sujets d’empires donnent à penser ce que reconstruit l’exil, lieu de mise à l’épreuve individuelle et de réélaboration des destinées collectives.

Anouche KUNTH est historienne, chargée de recherche au CNRS (Migrinter). Ses travaux actuels, consacrés au monde arménien en exil, abordent l’événement génocidaire depuis la dispersion massive et forcée des survivants. Elle est l’auteur, notamment, de Arméniens en France, du chaos à la reconnaissance, Toulouse, L’Attribut, 2010, co-écrit avec Claire Mouradian.

« Exils arméniens - Du Caucase à Paris 1920-1945 » De Anouch KUNTH. Paru aux Editions Belin en octobre 2016. 440 pages / 23 euros

posté le 6 janvier 2017 par Jean Eckian/armenews


LU SUR LIBERATION.FR
Asli Erdogan, là où le combat blesse

Lu sur Libé.fr

Un recueil de chroniques de la romancière turque, publié au lendemain de sa sortie de prison, dépeint la lutte quotidienne d’une femme face à toute forme d’oppression.

(...)

Les vingt-sept textes d’Asli Erdogan rassemblés ici sont parus au cours des dix dernières années dans le journal Özgün Güden, quotidien soutenant les revendications kurdes et dont la justice turque a ordonné la fermeture et l’arrestation des collaborateurs pour « appartenance à une organisation terroriste ». Le titre choisi, Le silence même n’est plus à toi, est celui de l’une des chroniques où l’auteure reprend un vers du poète grec Georges Séféris (1900-1971), prix Nobel de littérature en 1963.

(...)

Les horreurs dont elle est témoin l’amènent à comparer les villes kurdes attaquées à Auschwitz. La référence aux nazis revient, parfois excessive en rapport avec la Turquie, sous sa plume. Il est vrai qu’en cette même année 2015, son engagement lui vaut d’être invitée en résidence d’écrivain à Cracovie où elle découvre les anciens camps de la mort. Elle se souvient d’un autre génocide, celui des Arméniens qui a eu lieu en Turquie un siècle auparavant et reste un sujet de déni national et de tension internationale avec les pays européens. « Dans ce pays, nous sommes coupables (nous avons éradiqué un peuple) [...]. En niant nos agissements, nous avons commis un crime plus grand encore. »

Lire l’intégralité de l’article : http://next.liberation.fr/livres/2017/01/04/asli-erdogan-la-ou-le-combat-blesse_1539106

posté le 5 janvier 2017 par Claire/armenews

Photo : Photo Kenzo Tribouilard - IP3