Nouvelles d'Arménie
ACCUEIL   ACTUALITE   FORUMS   REDACTEURS   AIDE   VOS ARTICLES    |    Recherche  
 
Opposition


OPPOSITION
Vers de nouvelles manifestations contre la réforme des retraites ?

Les dirigeants d’un groupe de pression fortement opposés à une réforme controversée du système de retraite en Arménie se sont engagés hier à organiser des manifestations contre la décision du nouveau gouvernement de parfaire son introduction progressive le mois prochain.

Le nouveau système soutenu par l’Occident, que l’ancien gouvernement arménien a commencé à mettre en place en janvier 2014, devrait couvrir 280 000 travailleurs arméniens nés après 1973. Pour toucher la plus grande partie de leurs retraites futures, ils devront verser au moins 5% leurs salaires bruts à des fonds de pension privés jusqu’à leur retraite.

Des milliers de salariés principalement employés par des entreprises privées ont manifesté contre la nouvelle taxe sur les retraites à Erevan début 2014. Les manifestations organisées par le groupe Dem Em (Je suis Contre) ont forcé l’administration du président Serge Sarkissian à le rendre facultatif pour les employés du secteur privé jusqu’en juillet 2018.

Le gouvernement du Premier ministre Nikol Pashinian a officiellement décidé de ne pas prolonger ce délai lors d’une réunion qui s’est tenue lundi soir. Il a également approuvé un projet de loi qui réduirait temporairement le taux de l’impôt sur les pensions à 2,5%.

La décision du gouvernement a été dénoncée par les organisateurs des manifestations de 2014.

“Le nouveau système sous sa forme actuelle ne jouit toujours pas de la confiance de l’écrasante majorité du public“, a déclaré Davit Manukian de Dem Em.

“Aucun changement significatif n’a été fait“, a déclaré un autre membre du groupe de pression, Levon Harutiunian, en minimisant la réduction de l’impôt.

Il a ajouté que le nouveau gouvernement doit au moins retarder encore plus la nouvelle taxe obligatoire pour tous les travailleurs âgés de 44 ans et moins. Ou bien, a-t-il prévenu, Dem Em lancera de nouvelles manifestations contre la réforme.

Les défenseurs de la réforme affirment que l’ancien mécanisme de prestations de retraite n’est pas viable en raison de la population vieillissante et en diminution en Arménie. Selon les représentants du gouvernement, plus de 200 000 personnes sont déjà couvertes par le nouveau système.

Khosrov Harutiunian, un haut représentant du Parti républicain d’Arménie (HHK), a salué la position du nouveau gouvernement sur cette question, la qualifiant de “très prudente“. Il a noté que les opposants de Yelk et d’autres groupes critiquaient la réforme en 2014.

“Ils clamaient à l’époque que nous ne disons pas la vérité [sur les pensions]“, a rappelé Harutiunian. “Maintenant, ils ont réalisé que nous ne mentions pas.“

La réforme a également été combattue en 2014 par le parti BHK de l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian, qui détient cinq portefeuilles dans le cabinet de Pachinian. Un parlementaire de haut rang de la BHK, Gevorg Petrosian, a déclaré hier qu’il continuait à avoir de sérieuses réserves quant à la transition vers le système dit du “pay-as-you-can“.

Pourtant, Petrosian a fait écho à l’argument de Pachinian selon lequel les travailleurs concernés ne devraient plus s’inquiéter du sort de leurs cotisations de retraite supplémentaires parce que le nouveau gouvernement est beaucoup plus populaire que le précédent.

“Donc, si les gens font confiance au gouvernement, laissez-leur céder une partie de leurs revenus“, a-t-il souligné. “La question est de savoir si ce gouvernement durera 40 ans et préservera la confiance populaire.“

Le Parlement devrait débattre du projet de loi sur les pensions plus tard ce mois-ci.

posté le 13 juin 2018 par Claire/armenews


ARMENIE
Le parti républicain perd sa majorité au Parlement

Le parti républicain de l’ancien président Serge Sarkissian (HHK) a techniquement perdu sa majorité au Parlement hier, lorsqu’un autre député a fait défection de sa faction parlementaire.

Le député dont il est question, Samvel Aleksanian, n’a pas immédiatement fait de déclaration publique sur son retrait du parti annoncé par le leader parlementaire du HHK, Vahram Baghdasarian.

Cette défection a eu pour conséquence de réduire à 52 le nombre de sièges officiellement contrôlés par le HHK au sein de l’Assemblée nationale, qui compte 105 membres. Le parti avait 58 sièges jusqu’à ce que Sarkissian présente sa démission du poste de Premier ministre le 23 avril au milieu des protestations de masse contre son maintien au pouvoir. Les défections des rangs du parti républicain ont commencé peu de temps après que le chef de la protestation, Nikol Pashinian, a été élu Premier ministre le mois dernier.

Aleksanian, 49 ans, est l’un des hommes les plus riches d’Arménie, qui contrôle depuis longtemps les importations lucratives de sucre, d’huile de cuisson et d’autres produits alimentaires de base. Il a entretenu des liens étroits avec les anciens dirigeants du pays, notamment Sarkissian. Le magnat était député HHK au Parlement depuis 2003.

Aleksanian a quitté la faction HHK une semaine après qu’une chaîne de supermarchés appartenant à sa famille a été accusée par le Service de Sécurité nationale (SSN) d’évasion fiscale à grande échelle.

Une déclaration du SSN indique que les supermarchés Yerevan City ont illégalement vendu des produits agricoles et de nombreux autres articles à travers 461 petites entreprises principalement enregistrées au nom de ses employés et des membres de leurs familles. Certains de ces travailleurs n’étaient même pas au courant de cela, a-t-il précisé.

En vertu de la loi arménienne, les petites entreprises dont le chiffre d’affaires annuel atteint 115 millions de drams (237 000 dollars) sont exemptées des taxes sur les bénéfices et de la valeur ajoutée (TVA) payées par les grandes entreprises. Ils sont seulement tenus de payer une « taxe sur le chiffre d’affaires » équivalant à 2% de leurs revenus. Le taux de TVA est fixé à 20%.

Aleksanian n’a toujours pas commenté les allégations d’évasion fiscale. Mais les dirigeants de Yerevan City et une douzaine d’autres chaînes de supermarchés, également accusés par le SNS de fraude fiscale, ont publié une déclaration commune la semaine dernière disant qu’ils ont été exemptés par la précédente direction du Comité des impôts de payer la TVA, afin de maintenir les prix des aliments bas.

posté le 7 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



JUSTICE
Un membre des Sasna Tzrer libéré sous caution, dans l’attente du verdict de son procès

Dans un geste demandé par les alliés politiques du Premier ministre Nikol Pachinian, un tribunal d’Erevan a ordonné hier la libération immédiate d’un membre du groupe d’opposition armé qui a pris d’assaut une base de la police arménienne en 2016.

La cour a libéré Areg Kyureghian dans l’attente de l’issue de l’un des trois procès en cours suite à l’attaque meurtrière sur la base située dans le district d’Erebuni à Erevan.

Le tribunal a cité une garantie écrite signée par deux membres du Parlement arménien. Ils ont promis que Kyureghian ne fuirait pas les poursuites et verserait une caution d’un million de drams (un peu plus de 2 000 dollars). Les deux députés sont affiliés à l’alliance de Pachinian, Yelk.

Kyureghian a été libéré dans la salle d’audience au lendemain de la libération provisoire de son frère Hayk. Ce dernier a été arrêté en 2014 et condamné à neuf ans de prison pour avoir tiré des coups de feu pour protester contre le procès de 14 militants de l’opposition radicale qui avaient organisé une manifestation antigouvernementale violente à Erevan.

Hayk Kyureghian devra seulement passer ses nuits à la prison de Vartashen s’il trouve un travail d’ici un mois.

S’adressant aux journalistes, Areg Kyureghian a attribué sa libération à une “nouvelle situation“ résultant des récentes manifestations de masse qui ont fait tomber le précédent gouvernement arménien. Il a décrit ses camarades emprisonnés comme des prisonniers politiques et a déclaré qu’ils devaient aussi être libérés.

Kyureghian fait partie de la trentaine de membres et partisans d’un groupe d’opposition, le Parlement fondateur, qui a saisi l’enceinte de la police d’Erebouni en juillet 2016. Ils ont exigé que le président Serge Sarkissian libère leur leader, Zhirayr Sefilian, et démissionne.

Les hommes armés, qui ont pris en otage des policiers et du personnel médical, ont déposé les armes après deux semaines de confrontation avec les forces de sécurité qui ont fait trois morts parmi les policiers.

Pachinian a publiquement listé Sefilian - mais pas les Sasna Tzrer emprisonnés - parmi les personnes qu’il pense être emprisonnées pour des raisons politiques. Peu de temps après avoir été élu Premier ministre le 8 mai, il a déclaré que l’affaire Erebuni était “un peu différente“ à cause des trois victimes. Il a ajouté que cela devrait être résolu à la suite de “discussions“ publiques qui doivent impliquer les proches des policiers tués.

Plus tard en mai, Sefilian et Varuzhan Avetisian, qui dirigeaient le groupe armé Sasna Tzrer, ont dénoncé le refus de Pachinian de faire pression sur les tribunaux et les forces de l’ordre pour qu’ils libèrent tous les opposants radicaux. Dans une lettre ouverte, ils ont averti que leur maintien en détention pourrait avoir de « graves conséquences » pour l’Arménie. Le Premier ministre a rejeté “les menaces de violence“.

Les membres de Sasna Tzrer ont publié une déclaration très différente mardi. Ils ont exprimé leur ferme soutien au gouvernement de Pachinian et ont assuré qu’ils renonçaient aux méthodes violentes de lutte politique.

posté le 7 juin 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



ARMENIE
Nikol Pachinian à l’épreuve de l’opposition radicale

Le premier ministre Nikol Pachinian a rejeté mercredi 23 mai les declarations des leaders d’un groupe de l’opposition radicale emprisonnés par le pouvoir precedent, en les qualifiant de “menaces de violence”.

Il a rappelé qu’il ne chercherait pas à exercer quelque pression sur la Cour en vue d’obtenir la libération de Jirayr Sefilian, Varujan Avetisian et d’autres membres emprisonnés du mouvement Parlement fondateur qui ont attaqué et occupé un poste de police à Erevan en juillet 2016. MM. Sefilian et Avetisian, qui dirigent le Parlement fondateur, ont critiqué l’hésitation de N. Pachinian à exercer des pressions en ce sens sur la justice, deux jours avant.

Dans une lettre ouverte au premier ministre élu le 8 mai à la faveur d’une Révolution de velours, ils avaient déclaré que leur maintien en détention ainsi que l’existence d’autres « prisonniers politiques » pourraient avoir de “graves conséquences” pour l’Arménie. “Comme vous le savez, le processus de liberation des prisonniers politiques a commencé et il se poursuit”, a répondu N.Pachinian en commentant la lettre. “Mais je veux être clair sur un point : on ne peut pas parler au peuple en proférant des menaces de violence et se soumettre à ces menaces de violence”, a ajouté le premier ministre, en précisant devant les journalistes : “J’espère que vous comprendrez tous que s’il y a eu un changement de la situation politique, ce changement de situation politique s’opère dans le comportement de chacun”.

N.Pachinian a aussi récusé les accusations de MM. Sefilian et Avetissian selon lesquelles il semblait se “laver les mains” du sort des militants de l’opposition radicale emprisonnés par l’ancien pouvoir en place. “Nous devons verifier ce qu’on entend par ‘se laver les mains’”, a poursuivi N. Pachinian. “S’il s’agit de mes declarations selon lesquelles je n‘entendais pas donner des ordres aux juges, alors je reste sur mes positions parce que donner des instructions à des juges pour quelque motif que ce soit, cela reviendrait à engager un processus de re‘SergeSarkisianisation’, a poursuivi le premier ministre, en expliquant qu’un seul ordre donné à un juge ruinerait le crédit d’une justice qui se veut indépendante désormais.

posté le 25 mai 2018 par Gari/armenews


ARMENIE
Le nouveau ministre de la Justice demande le calme au Sasna Tzrer

Le ministre de la Justice Artak Zeynalian a appelé vendredi les partisans du groupe armé d’opposition qui a saisi un poste de police à Erevan en 2016 à éviter de déstabiliser la situation en Arménie à la suite de ce qu’il a nommé “une révolution démocratique“.

Ces derniers jours, plusieurs dizaines de personnes ont bloqué une grande rue et un palais de justice dans la capitale arménienne pour demander la libération immédiate d’une trentaine d’hommes armés qui ont été jugés coupables suite à leur affrontement tragique avec la police.

Ils ont débloqué la rue jeudi après une première demande du Premier ministre Nikol Pashinian. Ce dernier a affirmé que ces manifestations et d’autres manifestations perturbatrices tenues à travers le pays sont « incompréhensibles » après le succès de sa « révolution de velours ».

Zeynalian, qui a été nommé ministre de la Justice la semaine dernière, a fait écho aux déclarations de Pashinian ainsi que celles de l’ancien président Levon Ter-Petrosian, expliquant qu’“une atmosphère d’anarchie pourrait ruiner le pays“.

“Chacun doit être conscient de ses actions et s’assurer qu’elles ne nuisent pas à l’intérêt commun“, a t-il commenté lors d’une conférence de presse. “Cette révolution est une révolution unique pour le monde et chacun d’entre nous en est responsable. “

Lors du déblocage de l’avenue Arshakuniats à Erevan, les manifestants radicaux ont encerclé un tribunal voisin où des audiences ont lieu concernant le procès en cours de dix principaux membres du groupe armé. Ils ont ainsi empêché les forces de sécurité de ramener les accusés dans leurs cellules carcérales.

Les représentants des manifestants ont rencontré Pashinian jeudi soir.

Pashinian, qui a été élu Premier ministre par le Parlement le 8 mai, a mis en avant que l’une de ses priorités était d’assurer la libération de tous les “prisonniers politiques“ à travers des mécanismes uniquement juridiques. Mais il a déclaré que le cas des hommes armés qui avaient saisi un poste de police dans le district d’Erebuni à Erevan est “un peu différent“ car il a fait trois victimes du côté des forces de l’ordre. Il a précisé que cela devait être résolu à la suite de “discussions“ publiques qui doivent impliquer des proches des trois policiers tués.

Le leader de ces opposants, Varuzhan Avetisian, a condamné les remarques de Pashinian comme étant de la “bouffonnerie“ et du “faux humanisme“ dans la salle d’audience mercredi. Il a de nouveau fermement défendu la prise d’otages de 2016, affirmant que les pertes sont inévitables lors de telles “rébellions“.

posté le 21 mai 2018 par Claire/armenews


ARMENIE
Des membres du HHK s’opposent à l’idée d’élections anticipées

De hauts responsables du Parti républicain (HHK) de l’ancien président Serge Sarkissian, qui détiennent la majorité des sièges au Parlement, se sont prononcés hier contre les nouvelles élections parlementaires souhaitées par le Premier ministre Nikol Pashinian et ses alliés politiques.

Pashinian a appelé à de telles élections immédiatement après que des dizaines de milliers de ses partisans manifestant dans les rues d’Erevan ont forcé Sarkissian à démissionner le 23 avril. Il a déclaré mardi qu’il s’attendait à ce qu’elles se tiennent d’ici la fin de l’année.

Cependant, Eduard Sharmazanov, porte-parole du HHK et vice-président du Parlement, a déclaré que tout discours sur des élections instantanées est prématuré. “Les élections législatives anticipées sont appelées en cas de crise politique, lorsque le gouvernement est confronté à des obstacles insurmontables à la mise en œuvre de ses programmes“, a commenté M. Sharmazanov.

“Nous avons dit à plusieurs reprises que nous n’allions pas entraver artificiellement le travail du gouvernement de Pachinian“, a-t-il rappelé. Il a également fait valoir que Pashinian lui-même n’est pas pressé qu’aient lieu ces élections dans les prochains mois.

Gevorg Kostanian, président d’un comité parlementaire clé représentant également le HHK, s’est aussi opposé à une dissolution anticipée de l’Assemblée nationale. “Si la situation politique est telle que les actions du gouvernement et de l’opposition visent uniquement le bien-être du pays, alors je suis profondément convaincu qu’il n’y a pas besoin de nouvelles élections“, a t-il souligné.

L’idée d’élections anticipées est soutenue non seulement par l’alliance de Pashinian Yelk mais aussi par les deux autres factions minoritaires parlementaires : le Bloc Tsaroukian et la Fédération Révolutionnaire Arménienne (Dashnaktsutyun). Les deux groupes ont reçu des postes ministériels dans le nouveau gouvernement dirigé par le leader de la protestation.

Naira Zohrabian, membre éminent du Bloc Tsaroukian, a insisté sur le fait que le Parlement actuel a perdu sa légitimité à la suite de la “révolution de velours“ démocratique. Pashinian a donc raison de soutenir la tenue d’élections cette année, selon elle.

Zohrabian a affirmé que le HHK est réticent à accepter les élections parce qu’il sait qu’il subira une défaite écrasante. “Si les deux outils principaux - ressources administratives et argent - ne sont pas utilisés, alors je pense que seuls ceux qui se considèrent comme membres idéologiques voteront pour les républicains“, a t-elle prétendu. “Nous comprenons donc tous que leur nombre sera très petit.“

Comme l’alliance Yelk de Pashinian et le Dashnaktsutyun, le bloc dirigé par l’homme d’affaires Gagik Tsaroukian estime que le Parlement doit déclencher des élections anticipées après avoir amendé le code électoral arménien. Plusieurs dispositions du code ont largement contribué à la victoire du HHK aux dernières élections d’avril 2017.

Selon la Constitution arménienne, des élections générales anticipées devront être déclenchées si le Premier ministre démissionne et si le Parlement échoue à deux reprises à élire un nouveau Premier ministre ou si le programme politique du gouvernement n’est pas approuvé par la plupart des députés.

posté le 17 mai 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



ARMENIE
Un membre de la FRA a été exclu du parti car il n’a pas voté pour Pachinian

La Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun) a exclut l’un de ses dirigeants de longue date, Aghvan Vartanian, de ses rangs, en raison de son refus de soutenir la candidature de chef de l’opposition, Nikol Pachinian, au poste de Premier ministre.

Le Dashnaktsutyun a exprimé son soutien au mouvement d’opposition de Pachinian après s’être retiré de la coalition gouvernementale à la suite de la démission du Premier ministre Serge Sarkissian le 23 avril. En conséquence, il a décidé que les sept membres du Parlement affiliés au parti doivent voter pour que Pachinian devienne le nouveau Premier ministre du pays lors de la session du 1er mai à l’Assemblée nationale.

Au cours de cette session, Vartanian a annoncé à l’improviste qu’il ne voterait pas pour l’opposant. Tout en reconnaissant la sincérité du projet pro-démocratique de Pachinian, il a déclaré que les protestations pourraient être exploitées par des puissances étrangères et que cela entraînerait alors des « conséquences amères irréversibles » pour le pays.

Le Dashnaktsutyun en Arménie a rapidement accusé Vartanian de violer la stricte discipline interne du parti centenaire et a exigé sa démission du Parlement. Vartanian a présenté sa démission jeudi. Il sera remplacé par un autre membre du Dashnaktsutyun.

La direction du Dashnaktsutyun a annoncé vendredi qu’elle avait discuté de la “question disciplinaire“ et avait décidé d’expulser Vartanian du parti.

Ancien rédacteur en chef de journal, Vartanian est l’une des personnalités les plus en vue du Dashnaktsutyun depuis 1990. Cet homme de 59 ans a occupé divers postes de direction dans le parti pan arménien. Il a été ministre du Travail et des Affaires sociales de l’Arménie de 2003 à 2008.

posté le 7 mai 2018 par Claire/armenews


MANIFESTATIONS A EREVAN
Le direct de notre correspondante, Laurence Ritter

Erevan, 2 mai 2018, 12h30 heure locale - Venu à pieds depuis la gare routière, D., employé du supermarché SAS, et qui habite près de l’aéroport, ne fait pas grève... La chaîne de supermarché appartient à un homme du pouvoir, alors, sur la rue Toumanyan, le magasin est ouvert. En revanche, dans tout le centre, nombre de boutiques ont, elles, baissé les grilles en fer de leurs vitrines. Depuis 8 heures ce matin, l’appel à la grève lancé par Nikol Pashinyan à l’issue du vote qui ne lui a pas permis d’être nommé Premier ministre, circule et est de plus en plus suivi. La route de l’aéroport est fermée, on voit sur les réseaux sociaux vidéos et photos montrant les touristes à pieds en train de parcourir les derniers kilomètres qui les séparent de Zvarnots, tandis que des employés de l’aéroport sont eux, pour certains, en grève, sans qu’il soit possible de dire si les vols du jour sont maintenus ou non.

JPEG - 3.2 Mo

Vers 11 heures, David Petrosyan, l’un des leaders étudiants, à la tête d’un cortège parcourant le centre expliquait que la plupart des universités, privées comme publiques, s’impliquaient dans le mouvement de grève et de fait - les étudiants de ce qui n’est qu’un de leurs cortèges étaient déjà très nombreux sur la rue Saroyan, avec notamment les étudiants des filières médicales, en blouse blanche. Sur l’avenue Mashtots, barrée, pendant plus d’une heure, au niveau de l’opéra, les jeunes, au son des speakers d’une voiture, dansaient des kotcharis, et surtout, la Yakhkusta, cette danse du Sassoun, plus guerrière, au cours de laquelle les hommes font mine de se défier et se tapent fortement dans la paume des mains.

JPEG - 2.4 Mo

Les consignes du leader de l’opposition restent cependant très claires - pas de provocation, ne pas répondre à la violence par la violence, rester calmes, pacifiques et déterminés. Apparu hier pendant les longues heures de débat au Parlement en costume, il a repris aujourd’hui la tenue qu’il porte depuis le début du mouvement et, sur sa casquette, on peut lire “doukhov“, devenu l’un des slogans - avec détermination, avec âme, ou encore, avec courage, le terme est difficile à rendre en français...

JPEG - 2.8 Mo

On entendait largement dans les groupes de manifestants monter un autre slogan - démission du Parti Républicain, qui porte la responsabilité du vote d’hier soir, avec l’un des députés dachnak. Pour ce jeune d’une trentaine d’années, qui tient un modeste stand de produits frais dans le centre et vient tous les jours de Dvin, bien à l’extérieur d’Erevan, la question est très difficile : “ Je ne crois pas à la démission du PR, ils seraient obligés de répondre de ce qui s’est passé le 1er mars, mais aussi, de l’attaque du Parlement, et surtout, de leur fortune accumulée depuis toutes ces années... Même si l’on sait que les fonds sont ailleurs, ils ne peuvent que redouter la perte du pouvoir et avoir la aussi à répondre de leur enrichissement“, explique-t-il.

JPEG - 2.6 Mo

On enregistre aussi de forts mouvements à Gumri, les manifestants ont investi tôt ce matin le bâtiment de la mairie et ont appelé le maire à laisser ses employés les rejoindre. Le mot d’ordre de grève générale suit également dans le métro à Erevan, et les principaux points d’accès à la ville sont également bloqués.

JPEG - 3 Mo
posté le 2 mai 2018 par Claire/armenews

Photos de Max Sivaslian / Texte de Laurence Ritter



ARMENIE
Nikol Pachinian n’a pas été élu Premier ministre

Le Parlement arménien n’a pas élu au poste de Premier ministre Nikol Pashinian, lors de son vote hier, en dépit de ses avertissements concernant la poursuite des troubles dans le pays.

Pashinian a été soutenu par seulement 45 membres de l’Assemblée nationale qui en compte 105, et ce suite à un débat long et houleux sur sa tentative de succéder à Serge Sarkissian en tant que Premier ministre. Il avait besoin d’au moins 53 votes.

Cinquante-six députés représentant le Parti républicain (HHK) de Sarkissian ont voté contre, conformément à une décision annoncée par les dirigeants du HHK peu de temps avant le vote. Les dirigeants de HHK ont déclaré au cours du débat que Pashinian n’est pas apte à gouverner le pays. Ils ont également souligné son manque d’expérience gouvernementale et ont mis en doute sa capacité à servir en tant que commandant en chef des forces armées arméniennes.

Plusieurs députés du HHK ont également souligné les dures critiques passées de Pashinian sur l’adhésion de l’Arménie à l’Union économique eurasienne dirigée par la Russie et à l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Ils ont affirmé que l’Arménie pourrait se retrouver en désaccord avec la Russie s’il était au pouvoir.

Vahram Baghdasarian, chef parlementaire du HHK, a affirmé que le mandat de Pashinian serait lourd de « conséquences destructrices » et de « dangers fatidiques » pour le pays. Il a également déclaré que la démission de Sarkissian le 23 avril était une réponse suffisante aux protestations de rue massives lancées par Pashinian.

“J’espérais entendre un discours conceptuel d’un candidat au poste de Premier ministre, mais j’ai assisté à un discours qui ne faisait que flatter les oreilles des gens et ne reposait pas sur un programme“, a regretté Edouard Sharmazanov, vice-président du Parlement. “M. Pashinian, vous ne m’avez pas convaincu. Je ne vous vois pas en tant que commandant en chef. “

Pashinian a essayé en vain de gagner à sa cause au moins quelques membres de la majorité de HHK quand il a donné deux fois des discours au Parlement et a répondu aux questions d’une quinzaine de députés. En fin de compte, seul un député HHK, Felix Tsolakian, a voté pour lui.

Les députés pro-Pashinian étaient des députés affiliés à l’alliance d’opposition Yelk, au bloc de Gagik Tsarukian et à la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun). Un des sept députés de Dashnaktsutyun, Aghvan Vartanian, a refusé de soutenir le candidat de l’opposition, défiant la décision prise par son parti. Vartanian a déclaré qu’il était prêt à démissionner du Parlement en conséquence.

Pashinian a averti avant le vote que l’incapacité du Parlement à le choisir comme Premier ministre signifierait que le parti au pouvoir s’est “détruit immédiatement et irréversiblement.“ Il a également dit que la pleine victoire de son mouvement populaire est inévitable.

“Une force déclarant une guerre à son propre peuple ne peut pas exister et ce que nous voyons n’est pas le HHK ou sa faction parlementaire mais un fantôme“, a-t-il commenté. Il a fermement condamné les allégations de HHK selon lesquelles son poste de Premier ministre nuirait aux relations russo-arméniennes et augmenterait le risque d’une guerre avec l’Azerbaïdjan.

Le résultat du vote du Parlement signifie que l’Assemblée nationale devra se réunir à nouveau le 8 mai pour un autre débat sur le prochain Premier ministre. Selon la Constitution arménienne, la législature sera automatiquement dissoute et de nouvelles élections seront déclenchées si elle ne choisit pas de nouveau le Premier ministre.

Le vote a eu lieu alors que des dizaines de milliers de partisans pro-Pashinian se sont rassemblés à nouveau sur la place de la République d’Erevan. Le chef de l’opposition s’est adressé à eux plus tard dans la soirée, qualifiant le HHK de « cadavre politique » et déclarant que de nouvelles négociations avec le parti au pouvoir ne pouvaient porter que sur ses « funérailles politiques ».

“Nous devons aller de l’avant pour libérer même les plus endroits les reculés de notre patrie“, a-t-il lancé. “Il n’y a pas de force en Arménie qui puisse résister.“

Pashinian a exhorté ses partisans à bloquer à nouveau les rues et les routes à travers le pays à partir de mercredi matin. Il a également appelé à une grève générale et un boycott des classes universitaires et scolaires.

posté le 2 mai 2018 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200