Nouvelles d'Arménie
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Génocide


VALENCE (DRÔME)
Le génocide, la loi anti-négationnistes et le Karabagh au cœur des débats et conférence des Amis du Centre du Patrimoine Arménien de Valence

Samedi 21 janvier à la Maison des Sociétés de Valence, les Amis du Centre du Patrimoine Arménien de Valence (Drôme), invitaient le public à deux tables rondes sur les thèmes de la Loi anti-négationniste “Egalité et Citoyenneté“ de décembre dernier sur le génocide des Arméniens, ainsi qu’une conférence sur « Quel avenir pour le Karabagh après la guerre d’avril 2016 ? ». Noubar Kéchichian, au nom des Amis du Centre du Patrimoine Arménien a remercié les intervenants et le public. Le juge Patrick Mandroyan spécialiste du droit dans un long exposé a minutieusement relaté le cadre juridique de la loi de Pénalisation du négationnisme des génocides, la loi de reconnaissance du génocide arménien de janvier 2001 ainsi que la position des pays européens sur le sujet. Yériché Gorizian chercheur à l’université Lyon 2 a également très brillamment analysé la portée de la loi de décembre 2016 sur la pénalisation du négationnisme. Yériché Gorizian a toutefois marqué ses réserves sur la portée réelle de cette loi sur la pénalisation du négationnisme du génocide arménien. Enfin Nikos Lygeros, conseiller stratégique a apporté des précisions sur l’invention du terme génocide par Raphaël Lemkine et la portée juridique de cette nouvelle qualification. « Le terme génocide, Raphaël Lemkine l’a inventé en 1948 en se référant au génocide des Arméniens, aussi lorsqu’on prononce le mot génocide, c’est avant tout en lien avec le génocide dont fut victime le peuple arménien » dit Nikos Lygeros.

Yériché Gorizian est intervenu pour rappeler qu’au-delà de la reconnaissance du génocide, les Arméniens ont également d’autres revendications auprès de la Turquie.

Dans la deuxième partie, avec le thème lié au Karabagh, Annie Romy Koulaksézian intervint pour rappeler la charte d’amitié signée entre la ville de Valence et Stepanakert la capitale du Haut-Karabagh. Elle insista sur l’importance de tels liens entre la France et le Karabagh pour la reconnaissance de ce pays. Nikos Lygeros a ensuite présenté la position politique et stratégique du Haut-Karbagah, son statut de pays non reconnu par la communauté internationale et les difficultés liées à cette reconnaissance.

Enfin à 15 heures dans la salle Haroun Tazieff de la Maison des Sociétés, Nikos Lygeros a donné une conférence sur le thème « le patrimoine en tant que mémoire du futur » en prenant exemple sur l’histoire, la culture et le patrimoine arménien.

Krikor Amirzayan

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posté le 22 janvier 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Génocide  Image 450  Negationnisme  Valence 


Canada
La dernière survivante du génocide arménien au Canada s’est éteinte à 108 ans

OTTAWA - Nous avons appris le 20 janvier que la dernière survivante du génocide arménien au Canada, madame Knar Bohdjelian-Yemenedjian,est décédée paisiblement la nuit dernière à Montréal à l’âge de 108 ans. Le CNAC pleure le décès de Knar Bohdjelian-Yemenedjian et exprime ses plus sincères et profondes condoléances à la famille de la défunte.

Madame Bohdjelian-Yemenedjian a vu le jour à Kayseri (anciennement connue sous le nom de Césarée de Cappadoce) en 1909. En 1915, après la campagne génocidaire du gouvernement turc ottoman contre la population arménienne de l’empire, sa famille s’est trouvé au milieu des marches de la mort qui ont culminé par l’annihilation systématique de 1,5 millions d’Arméniens. Comme plusieurs, elle a été forcée à se convertir à l’Islam afin de survivre. Suite aux déportations, elle s’installe en Égypte, reprend son identité arménienne et fonde une famille qui viendra s’installer à Montréal en 1971.

Les survivants du génocide arménien, exemples de ténacité et de courage, se sont trouvés confrontés à une communauté internationale restée inerte, tandis que la Turquie continue jusqu’à aujourd’hui à nier son passé et falsifier intentionnellement l’histoire en toute impunité. En dépit du fait qu’ils se sont vus refuser la possibilité de tourner la page, ils sont restés optimistes pour l’avenir.

Malgré la position négationniste de la Turquie actuelle, Knar Bohdjelian-Yemenedjian et les nombreux survivants qui ont choisi le Canada comme nouveau foyer, ont vécu dans un pays où la douleur qui leur avait été infligée à eux et à d’autres innocents Arméniens a été courageusement reconnue officiellement comme crime de génocide par le Sénat (2002), la Chambre des communes (2004) et le gouvernement canadiens (2006).

De plus, madame Bohdjelian-Yemenedjian a vécu assez longtemps pour voir la Chambre des communes du Canada, à l’occasion du 100e anniversaire du génocide arménien, passer à l’unanimité la Motion-587 désignant le mois d’avril comme mois de la prévention, de la condamnation et de la commémoration du génocide.

« Nous croyons qu’en tant que Canadiens nous pouvons renforcer et combattre l’injustice partout, il faut consolider cet engagement à maintenir la vérité et à empêcher de futures violations des droits de l’homme tels des génocides, » a déclaré Shahen Mirakian, président du Comité National Arménien du Canada.

« Alors que nous témoignons le décès d’une génération entière qui n’a pu vivre la reconnaissance par l’état turc du crime perpétré contre tout un peuple, nous sommes plus résolus que jamais dans notre combat contre le déni et l’impunité, et nous réaffirmons notre engagement dans cette quête de justice » a conclu Mirakian.

Puisque des pays tels que le Canada se dressent face à l’injustice et prennent une position de principe sur des questions de droits de l’homme, nous sommes assurés que l’héritage de Knar Bohdjelian-Yemenedjian et des autres seront protégés et que l’histoire ne sera jamais oubliée.

Le CNAC pleure le décès de Knar Bohdjelian-Yemenedjian et exprime ses plus sincères et profondes condoléances à la famille de la défunte.

Il y a deux ans, madame Bohdjelian-Yemenedjian a raconté son calvaire au journal Métro (voir lien plus bas)

posté le 21 janvier 2017 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Canada  Génocide  Image 450  Nécrologie 


VALENCE (DRÔME) SAMEDI 28 JANVIER
Les Coprésidents du CCAF Ara Toranian et Mourad Papazian en conférence-débat à Valence le 28 janvier

Dans le cadre du 16e anniversaire de la reconnaissance du génocide arménien par la France, le C24 Comité du 24 Avril Drôme-Ardèche invite le public à une conférence-débat samedi 28 janvier à 20 heures, à la Salle-amphitéâtre Haroun Tazieff de la Maison des Sociétés (4 rue Saint Jean) à Valence (près de l’Eglise St-Jean) sur le thème de la « Pénalisation du Génocide ». Pour cet évènement, le C24 a invité les deux coprésidents du CCAF (Conseil de Coordination des organisations et Associations Arméniennes de France), Ara Toranian et Mourad Papazian. L’actualité de la reconnaissance du génocide arménienne et la loi de pénalisation de la négation du génocide qui vient d’être voté par le Sénat seront au cœur du débat.

Le C24 est membre du CCAF Centre et la venue à Valence des deux coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian à quelques jours du grand dîner annuel du CCAF en présence du Président de la République et de très nombreux ministres et personnalités est une réélle volonté du CCAF de porter l’information et le débat en province. Et Valence a toute sa place dans cette vision de diffusion. L’organisation unitaire (C24) qui regroupe une vingtaine d’associations arméniennes de la région invite ses membres et le public à assister à ce rendez-vous du samedi 28 janvier.

- Conférence-Débat « Pénalisation du Génocide » avec Ara Toranian et Mourad Papazian (coprésidents du CCAF). Samedi 28 janvier à 20 heures, salle Haroun Tazieff, Maison des Sociétés (4, rue Saint Jean à Valence). Entrée Libre.

Krikor Amirzayan (coprésident du C24)

posté le 18 janvier 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : CCAF  Génocide  Negationnisme  Valence 


TURQUIE-SCANDALE
Le ministre turc portait une veste avec le drapeau britannique lors de la commémoration de la défaite de Sarikamich en 1915

Un mini-scandale en Turquie : le ministre turc des Transports et des communications Ahmet Arslan portait une veste avec le drapeau britannique sur l’épaule lors de la cérémonie marquant la bataille de Sarikamich en 1915. Le journal turc « Cumhuriyet » rapporte, photos à l’appui que le ministre turc portait la veste frappée du drapeau britannique lors de cette manifestation officielle à la mémoire des victimes turques de la bataille de Sarkiamich dans la province de Kars, rassemblement auquel participaient des officiers militaires et des hauts fonctionnaires. La critique est forte car la Grande Bretagne était considérée comme un pays ennemi lors des faits.

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Rappelons que le 20 décembre 1914 les troupes turques commandées par Enver Pacha, l’un des responsables du génocide des Arméniens, avaient affronté l’armée russe vers Sarikamich près de la frontière avec l’Arménie russe. Durant les affrontements qui durèrent plusieurs semaines, la Turquie enregistrait l’une de ses plus sévères défaites militaires -en partie due au froid intense et des troupes turques mal équipées- qui fit près de 90 000 victimes au sein des troupes turques.

Une défaite humiliante pour la Turquie qui fut l’un des prétextes qui a conduit le gouvernement Jeune-Turc à préparer et organiser le génocide des Arméniens.

Krikor Amirzayan

posté le 10 janvier 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


GENOCIDE DES ARMENIENS
Knar Yemenidjian (107 ans) est la dernière survivante du génocide des Arméniens habitant au Canada

Ella va avoir 108 ans cette année. Knar Yemenidjian qui habite Montréal (Canada) est la dernière survivante du génocide des Arméniens en vie au Canada nous rapporte « Radio Canada ». Knar Yemenidjian est née en 1909 à Césarée (aujourd’hui Kayseri en Turquie). A 6 ans elle fut témoin du génocide. Elle se souvient bien de son passé, de sa famille qui fut pour sa majorité sauvée du génocide. En 2015 lors du centenaire du génocide de 1915, elle raconta tout ce qu’elle vit et qu’elle se souvient entre avril 1915 et juillet 1916. Mais actuellement sa vision et sa mémoire se dégradent. Son fils Hovsep, se souvient dans le détail de tout ce que sa mère lui a raconté. « Le père de ma mère était militaire. C’est leur employé de maison, un Turc qui les sauva en les cachant dans une ferme. Ils y furent cachés plusieurs mois, souvent sans rien manger (...) plus tard ils retournèrent près de leur maison incendiée. Et ils y vécurent encore 10 ans sous d’autres noms et furent obligés de se présenter en tant que musulmans. Puis ils émigrèrent en Egypte où ils reprirent leur nom d’origine » raconte Hovsep. En 1956 après la crise du canal de Suez, les Arméniens comme d’autres peuples non-Arabes furent la cible des Egyptiens et ils émigrèrent au Canada où vit encore Knar Yemenidjian.

Krikor Amirzayan

posté le 7 janvier 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


GENOCIDE DES ARMENIENS
Décision du CC sur la loi Boyer : J.Lang approuve persiste et signe

Dans le recueil de caricatures « Le dessin de presse dans tous ses Etats » (Gallimard/Cartooning for Peace) sorti en septembre 2016 et réunissant avec Plantu 147 dessinateurs de presse du monde entier engagés dans l’association « Cartooning for Peace », un chapitre réservé à la « Liberté et loi, liberté et droit » l’ex-ministre de la Culture et professeur de Droit, Jack Lang signe un article sur le sujet.

Evoquant les limites du droit d’expression, Jack Lang qui fut un temps passé l’un des meilleurs défenseurs de la Cause arménienne écrit « D’abord, les limites générales, construites en France par les législations, les décrets et la jurisprudence. Deux exemples de limite générale : l’interdiction de l’apologie du racisme et la protection des droits d’autrui- la vie privée, l’honneur, la diffamation. » Jack Lang continue « Ensuite, dans notre système de droit tel qu’il a été construit au fil des années, on rencontre des régimes particuliers. Par exemple les lois mémorielles, très controversées. Certaines sont admises, reconnues et consacrées durablement, en particulier celles concernant la Shoah. D’autres ont donné lieu à des affrontements, comme celles relevant du génocide arménien. Tout en reconnaissant la libre parole sur la réalité du génocide, le texte tendait à criminaliser les recherches sur les conditions de ce génocide. Le Conseil constitutionnel a finalement censuré cette criminalisation des travaux et des débats des historiens sur le génocide arménien ». Jack Lang qui participait en 2008 aux rencontres « Liberté pour l’histoire » de Pierre Nora sait pourtant bien qu’en laissant le champ libre aux travaux d’historiens révisionnistes, le génocide arménien pourrait être dénaturé. Ce qui ne sera jamais le cas de la Shoah protégé -fort justement d’ailleurs- par la loi Gayssot. Ce traitement des faits de l’Histoire par la République peut en conséquence s’interpréter en « deux poids, deux mesures ». Ce qui ne gênera aucunement Jack Lang semble-t-il...

Krikor Amirzayan (Գրիգոր Ամիրզայեան)

posté le 6 janvier 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


LU SUR LIBERATION.FR
Asli Erdogan, là où le combat blesse

Lu sur Libé.fr

Un recueil de chroniques de la romancière turque, publié au lendemain de sa sortie de prison, dépeint la lutte quotidienne d’une femme face à toute forme d’oppression.

(...)

Les vingt-sept textes d’Asli Erdogan rassemblés ici sont parus au cours des dix dernières années dans le journal Özgün Güden, quotidien soutenant les revendications kurdes et dont la justice turque a ordonné la fermeture et l’arrestation des collaborateurs pour « appartenance à une organisation terroriste ». Le titre choisi, Le silence même n’est plus à toi, est celui de l’une des chroniques où l’auteure reprend un vers du poète grec Georges Séféris (1900-1971), prix Nobel de littérature en 1963.

(...)

Les horreurs dont elle est témoin l’amènent à comparer les villes kurdes attaquées à Auschwitz. La référence aux nazis revient, parfois excessive en rapport avec la Turquie, sous sa plume. Il est vrai qu’en cette même année 2015, son engagement lui vaut d’être invitée en résidence d’écrivain à Cracovie où elle découvre les anciens camps de la mort. Elle se souvient d’un autre génocide, celui des Arméniens qui a eu lieu en Turquie un siècle auparavant et reste un sujet de déni national et de tension internationale avec les pays européens. « Dans ce pays, nous sommes coupables (nous avons éradiqué un peuple) [...]. En niant nos agissements, nous avons commis un crime plus grand encore. »

Lire l’intégralité de l’article : http://next.liberation.fr/livres/2017/01/04/asli-erdogan-la-ou-le-combat-blesse_1539106

posté le 5 janvier 2017 par Claire/armenews

Photo : Photo Kenzo Tribouilard - IP3



États Unis
Steve Edelman : il est temps de reconnaître le Génocide des Arméniens

USA Armenian Life n°1551

Au cours de chaque processus de vote, il se passe quelque chose d’insolite qui retient mon attention. Cette année, lors d’une opération de vote par avance extrêmement mouvementée, un homme m’apporta son bulletin. Ayant parcouru le formulaire, je lui demandais de me dire son nom, le regard fixé sur une chaîne de caractères que j’aurais été bien incapable de prononcer. Il semblait être passablement énervé.

L’homme me demanda d’une voix rude et dans un langage particulier si je savais où se trouvait l’Arménie. Je le lui dis et il me corrigea. “Ce ne sera pas long“, dit-il, tandis que je le laissais poursuivre. Cela prit moins d’une minute parce qu’il dit qu’il ne votait que pour la présidentielle. J’ignore quel a été son choix mais il se pourrait que je devine pour qui il a voté. Tandis que nous nous éloignions lentement, il me demanda si je savais ce qui était arrivé aux Arméniens il y a à peu près cent ans, et il se trouvait que je le sais. Telle était la raison de sa colère et de sa décision de voter comme il l’a fait. Je suis prêt à parier que 1% des Américains, tout au plus, savent ce qui s’est passé en Arménie, quelles en ont été les répercussions sur l’histoire, et ce qui se passe encore aujourd’hui dans le monde de la politique étrangère. Cela n’apparait jamais dans les textes historiques et n’est presque jamais mentionné dans ce qu’on qualifie de “presse libre“ les 24 avril de chaque année. Un million et demi à peu près de Chrétiens Arméniens ont été essentiellement massacrés par des Turcs dans des actions autorisées, encouragées et auxquelles participèrent le gouvernement ottomans et le gouvernement au lendemain de la guerre entre 1915 et 1923. Jusqu’à ce jour, la Turquie ne reconnaît pas le Génocide des Arméniens. La politique étrangère en a empêché les États-Unis et, je regrette de le dire, Israël, de reconnaître le Génocide des Arméniens. Vingt pays ont publiquement reconnu le Génocide. Quelles ont été et sont encore les implications de la minimisation de cet horrible événement ? À quel point la crainte de mesures de politique étrangère passant avant au-dessus du massacre d’autant de personnes est-elle erronée ? La Turquie fait partie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. C’est le seul pays musulman de cette organisation. La Turquie accueille les bases américaines sur ses terres et faisait front au cours de la guerre froide à l’ancienne URSS (aujourd’hui la Russie). La Turquie est récemment passée au premier rang mondial des pays exportateurs de blé. Je pense qu’elle pourrait faire pression sur qui importe du blé si elle était forcée de reconnaître le Génocide des Arméniens.

Le Congrès a à plusieurs reprises essayé d’aller vers la reconnaissance du Génocide des Arméniens. Le Génocide des Arméniens a sans doute sa meilleure chance d’être reconnu sous l’administration Trump. Une telle reconnaissance serait conforme avec le dialogue engagé par le président élu Trump avec le préésident de la Chine Libre (Taïwan).

Il existe quelques parallèles intéressants entre certains événements du Génocide des Arméniens précédent l’Holocauste, plus grand, de la Deuxième Guerre Mondiale. Les Allemands et les Turcs ottomans étaient alliés au cours de la Première Guerre Mondiale. Les Turcs ottomans conçurent l’idée d’affecter des troupes à la chasse et au massacre des Arméniens (qui sont Chrétiens). Les Allemands ont observé et développé le même genre de troupes pour faire la chasse et massacrer les rescapés Juifs qui étaient parvenus à éviter les camps de concentration, (souvenons-nous des einsatzgruppen). Beaucoup parmi les Turcs ottomans qui avaient pris part au Génocide trouvèrent refuge en Allemagne, qui refusa de les extrader. Quelques uns des massacres qui eurent lieu consistaient à grouper les vieux, les femmes et les enfants avant de la pousser dans des grottes dont ils ne pouvaient plus sortir. Le feu était ensuite allumé pour les asphyxier dans ces grottes. Il y avait des allemands qui regardaient. À votre avis, qu’est-ce que les Allemands ont appris ?

Franz Werfel publia en 1933 le célèbre livre “Les quarante jours du Mussa Dagh“, sur les 5 000 Arméniens à peu près qui se défendirent contre l’armée turque ottomane. Quel est le dirigeant allemand qui interdit le livre après son accession au pouvoir ? Quelque temps plus tard, on entreprit le tournage d’un film inspiré de ce livre passionnant et célèbre. Qui s’y opposa ? C’est le gouvernement ottoman. Est-ce une coïncidence que Musa Dagh signifie la Montagne de Moïse ? Je pense que le président élu Trump a le courage pour pousser à la reconnaissance du Génocide des Arméniens. Ce serait une excellente chose pour le grand nombre de Chrétiens qui ont été massacrés. Faites ce cadeau de Noël. Il est temps que les États-Unis reconnaissent le Génocide des Arméniens.

Steven R. Edelman est l’un des membres de l’Observer’s Community Advisory Board, qui rencontre régulièrement le comité d’édition pour discuter de questions locales et contribue à la publication de chroniques. Il est psychologue et vit à Fayetteville.

Publié le 21 décembre 2016

Traduction Gilbert Béguian pour Armenews

posté le 28 décembre 2016 par Jean Eckian/armenews


ONU
L’Envoyée d’Obama aux Nations Unies parle du Génocide des Arméniens

Washington (AP) - L’administration Obama a-t-elle tranquillement reconnu comme constitutifs d’un Génocide les massacres d’Arméniens de la Première Guerre Mondiale ?

Le terme est tabou depuis longtemps, pour tous les officiels des USA, y compris pour le président Barack Obama, qui préfère employer les expressions d’atrocités massives et de tragédie historique. Mais l’ambassadrice d’Obama aux Nations Unies est allée la semaine passée plus loin que son patron en employant pour ces événements le mot génocide.

Dans un discours en l’honneur du travail du rescapé de l’Holocauste et lauréat du prix Nobel Elie Wiesel, l’ambassadrice Samantha Power a déploré les injustices qui continuent jusqu’à aujourd’hui. Parmi elles, elle a cité la “ négation envers les Arméniens du Génocide“ (Genocide denial against the Armenians). Ces cinq mots risquent de provoquer la fureur de la Turquie, qui s’oppose par tous les moyens à toute référence au génocide et dont le rôle stratégique comme partenaire clef des USA et allié de l’Otan dans une partie instable du globe a incité les officiels américains à la plus extrême prudence, s’agissant des massacres d’il y a un siècle. C’est d’autant plus surprenant que Power occupe la deuxième place dans la diplomatie de la nation et que cela semble une critique implicite dirigée contre Obama.

Lorsque ce dernier était candidat à la présidence, il avait promis de reconnaître s’il était élu les massacres comme un génocide. Mais il s’est arrêté net plusieurs fois avant de le faire. Marquant le Jour du souvenir arménien en avril, Obama a appelé premières atrocités du vingtième siècle et tragédie qu’il ne faut pas répéter les massacres. Avant d’entrer au gouvernement, Power était une journaliste lauréate du prix Pulitzer qui avait écrit extensivement sur le comportement de l’Amérique envers le génocide. Les officiels disent qu’elle a beaucoup fait pression dans les coulisses sur Obama pour la reconnaissance formelle du Génocide des Arméniens.

Kurtis Cooper, le porte-parole de Power, a dit que la référence au génocide est apparue dans le contexte d’un hommage à la vie de Wiesel et tendait à “convaincre d’autres pour qu’ils se dressent, plutôt que subir, face à l’injustice des systèmes, aux atrocités commises contre les masses et au génocide tel que celui qu’il a été forcé de subir“. Il a dit qu’elle ne reflétait pas un changement dans la politique de l’administration.

Le porte-parole du département d’état Mark Toner a dit qu’il n’y avait pas de changement dans la politique des USA.

“Le président et d’autres officiels, au plus haut niveau de l’administration, ont à plusieurs reprises regretté et reconnu comme un fait historique le fait qu’un million et demi ont été massacrés ou ont été victimes de marches à la mort dans les derniers jours de l’Empire ottoman, et qu’une reconnaissance pleine, franche et juste des faits étaient dans l’intérêt de tous“, a dit Toner.

Le refus d’Obama de définir les massacres comme ayant constitué un génocide a provoqué la réprobation d’avocats et d’élus qui ont accusé le président de sous-traiter la voix morale de l’Amérique à la Turquie.

Les historiens voient largement dans ces massacres un génocide. Mais la Turquie dit que le nombre de victimes est en général exagéré. En ne les qualifiant que de tragédie, les officiels des administrations démocrates et républicaines ont toujours cherché un terme médian moins offensant pour la Turquie, qui aide les États-Unis à combattre l’État islamique en Syrie et en Irak.

Le président Ronald Reagan avait évoqué en 1981 “le génocide des Arméniens“. Mais les présidents depuis ont évité un tel langage.

Le président Carter était tout près de dire “génocide“ en 1978 décrivant “un effort concerté pour éliminer tout le peuple arménien“ évoquant “probablement l’une des plus grandes tragédies qu’un groupe ait subi“. Il avait observé qu’aucune justice n’avait été organisée comme lors des procès des officiels nazis à Nuremberg, au lendemain de l’Holocauste

Comme directrice de campagne adjointe il y a huit ans, Power avait diffusé une vidéo demandant aux Arméniens -Américains de voter pour Obama, disant qu’elle ferait le suivi de sa promesse de parler ouvertement de ce qui s’était passé.

Traduction Gilbert Béguian pour Armenews

posté le 28 décembre 2016 par Jean Eckian/armenews