Nouvelles d'Arménie
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Sécurité


SELON LE MINISTRE DE LA DEFENSE
La présence militaire russe est très importante pour la sécurité de l’Arménie

La présence militaire russe en Arménie reste un élément “très important“ de la stratégie de sécurité nationale du pays, a déclaré le ministre de la Défense, Vigen Sargsian, dans une interview publiée hier.

Sargsian a également déclaré que l’Arménie est prête à approfondir sa coopération militaire plus large avec la Russie.

“La Russie est notre alliée stratégique“, a t-il développé. “C’est ainsi que nous considérons la coopération en cours avec la Russie en termes de formation du personnel militaire, dans le domaine militaro-technique et dans le dialogue politico-militaire. Nous pensons que c’est un complexe inséparable. Nous sommes ouverts et prêts à intensifier davantage ce dialogue. “

Dans le cadre de cette alliance, jusqu’à 5000 soldats russes ont été stationnés en Arménie depuis la dissolution soviétique. Sargsian a parlé de la base militaire russe basée à Gumri comme d’“un facteur important de dissuasion.“

“Nous considérons sa présence en Arménie comme une composante très importante du système de sécurité de notre pays“, a t-il ajouté.

La base russe a également des centaines de chars, véhicules blindés et systèmes d’artillerie, ainsi qu’une vingtaine de chasseurs MiG-29. Moscou l’a renforcée avec des hélicoptères et d’autres matériels militaires depuis un accord russo-arménien en 2010 et a étendu ses droits de base en Arménie à 2044.

Sargsian n’a pas nié les rapports selon lesquels l’armée russe a également déployé ses nouveaux systèmes de radar de Nebo-M à la base de Gumri récemment.

Les dirigeants arméniens disent depuis longtemps que l’Arménie accueille des troupes russes sur son territoire principalement en raison de la menace de la Turquie, plus que de l’Azerbaïdjan. Du point de vue d’Erevan, la présence militaire russe interdit l’intervention militaire directe de la Turquie sur le côté azerbaïdjanais dans le conflit du Haut-Karabagh.

Certaines des troupes russes en Arménie et une unité armée arménienne forment une force militaire russo-arménienne mise en place en 2000. Le ministre de la Défense Sargsian et son homologue russe, Sergey Shoygu, ont signé un accord en novembre dernier sur le renforcement du « groupe de troupes unies ».

L’alliance militaire avec la Russie a également permis à l’Arménie de recevoir des armes russes à des prix réduits, voire même gratuitement. Sargsian a souligné le fait qu’Erevan utilise un prêt de 200 millions de dollars accordé par Moscou en 2015 pour acheter diverses armes russes aux « prix intérieurs » de la Russie. Certains de ces matériels militaires ont déjà été livrés à l’Arménie avant l’échéance.

“Nous continuerons le dialogue avec la partie russe sur la possibilité d’acquérir des armes sur le marché russe“, a prévenu Sargsian.

Le prêt de 200 millions de dollars ne couvre pas les missiles Iskander russes à la pointe de la technologie qui ont été fournis à l’armée arménienne et qui ont été dévoilés lors d’un défilé militaire à Erevan en septembre. Sargsian a refusé de divulguer les termes financiers de cette acquisition.

Le ministre de 41 ans a insisté sur le fait que les systèmes de missiles appartiennent à l’Arménie et sont exploités par des officiers de l’armée arménienne. Il les a décrits comme une « arme de dissuasion », dans une référence claire au différend du Karabagh.

Le président Serge Sarkissian a également déclaré en novembre que les missiles Iskander sont un « antidote » contre les tentatives possibles de l’Azerbaïdjan pour parvenir à une solution militaire au conflit.

Avec une portée de tir d’au moins 300 kilomètres, Iskander est connu pour sa précision et sa capacité à surmonter les boucliers modernes de défense antimissile.

posté le 23 février 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



DIPLOMATIE
Le ministre de la Défense iranien appelle à la paix au Haut-Karabagh

Le ministre iranien de la Défense Hossein Dehqan a réaffirmé la volonté de l’Iran d’approfondir ses relations avec l’Arménie et a mis en garde contre les tentatives de résoudre les conflits régionaux par la force alors qu’il rencontrait son homologue arménien Vigen Sargsian à Téhéran hier.

“Il n’est pas acceptable de recourir à la force pour résoudre des problèmes régionaux et la République islamique d’Iran n’épargnera aucun effort pour résoudre ces problèmes“, a-t-il déclaré à Sargsian d’après la chaîne Iranian Press TV.

L’utilisation de la force pour la résolution des conflits a déjà “prouvé son inefficacité“, a ajouté Dehqan, selon l’agence de presse Mehr.

D’après le ministère de la Défense arménien, Sargsian et Dehqan ont discuté du conflit du Haut-Karabagh et ont convenu de la nécessité de son « règlement uniquement négocié ».

En visite en Arménie fin décembre, le président iranien Hassan Rouhani a également souligné qu’il n’y avait « aucune voie militaire » pour mettre fin au conflit arméno-azerbaïdjanais. Le président Serge Sarkissian a salué la position équilibrée de Téhéran sur la question après leurs entretiens.

Dehqan a téléphoné à ses homologues arménien et azerbaïdjanais en avril dernier, au lendemain de l’attaque de l’Azerbaïdjan le long de la “ligne de contact“ du Karabagh. Il les a exhorté à mettre un terme immédiatement aux hostilités.

Une partie de la ligne de front du Karabagh adjacente à l’Iran était l’un des deux épicentres des combats intenses de quatre jours entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises qui ont été stoppés grâce à une médiation russe.

Sargsian est arrivé à Téhéran lundi soir pour une visite officielle mettant en évidence ce qui semblent être un rapprochement entre les armées iranienne et arménienne.

Dehqan a déclaré que les liens arméno-iraniens se sont approfondis « dans tous les domaines » ces dernières années. Le général iranien a parlé de « liens culturels et historiques » entre les deux pays voisins, a rapporté Mehr.

Le ministère de la Défense arménien a déclaré que Sargsian et Dehqan “ont exprimé la volonté d’élargir et de développer les relations bilatérales“. Le ministre arménien aurait déclaré que les deux parties devraient “élaborer un mécanisme pour des réunions périodiques et des consultations“ à cette fin.

Sargsian a fait référence à l’industrie de défense comme un secteur potentiel de la coopération arméno-iranienne quand il a visité l’université Malek Ashtar de Téhéran engagée dans la recherche militaire plus tard dans la journée.

Il a ensuite visité le siège iranien d’Electronics Industries, une société d’État qui fabrique des équipements électroniques, y compris pour l’armée iranienne.

posté le 1er février 2017 par Claire/armenews


DIPLOMATIE
Les médiateurs inquiets des tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

Les médiateurs américains, russes et français ont déploré la récente “tentative d’incursion sur la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan“, mais ils n’ont pas voulu blâmer l’un des deux pays en particulier.

“Les violations du cessez-le-feu sont inacceptables et sont contraires aux engagements pris par les deux pays, qui ont la pleine responsabilité de ne pas utiliser la force“, ont expliqué les trois coprésidents lundi dans une déclaration conjointe sur l’incident du 29 décembre qui a fait trois morts du côté arménien et au moins un mort du côté azerbaïdjanais.

“Les coprésidents exhortent les dirigeants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan à respecter strictement les accords conclus lors des sommets de Vienne et de Saint-Pétersbourg en 2016, y compris l’obligation de finaliser dans les plus brefs délais un mécanisme d’enquête de l’OSCE“, peut-on lire dans cette déclaration commune.

Le communiqué ajoute : “Nous appelons les parties à cesser les accusations mutuelles et à prendre toutes les mesures nécessaires pour stabiliser la situation sur le terrain“.

Les médiateurs ont également exhorté l’Arménie à rapatrier “sans délai“ le corps du militaire azerbaïdjanais qui serait resté étendu sur le territoire arménien après l’escarmouche.

Des responsables arméniens assurent que le fait qu’il ait été abattu à un poste frontalier arménien dans la province de Tavouch au nord prouve bien que c’est l’Arménie qui a été attaquée par les forces azerbaïdjanaises. Le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a fait valoir cela lorsqu’il a réagi à la déclaration des coprésidents hier.

“Nous sommes d’accord avec eux sur le fait que les violations du cessez-le-feu sont inacceptables“, a commenté Nalbandian. “Nous convenons que les accords conclus à Vienne et à Saint-Pétersbourg, y compris sur l’introduction le plus tôt possible d’un mécanisme d’enquête sur les incidents armés, doivent être mis en œuvre sans condition“.

“Un tel mécanisme permettrait aux parties de cesser, comme les coprésidents l’ont dit, les accusations mutuelles“, ajoute-t-il. “Cependant, quand un saboteur azerbaïdjanais est neutralisé à l’intérieur des positions arméniennes, il est clair pour tout le monde, même sans ce mécanisme, que c’est lui qui a lancé l’attaque.“

Nalbandian a insisté sur le fait que la partie azerbaïdjanaise continue à s’opposer à cette mesure ainsi qu’aux autres garanties contre les violations de la trêve dans la zone de conflit du Haut-Karabagh.

Le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan a nié avoir lancé une incursion dans la région montagneuse. Il a prétendu qu’une “escouade de reconnaissance“ arménienne a été embusquée par ses forces lorsqu’elle aurait essayé de traverser pour l’Azerbaïdjan.

posté le 11 janvier 2017 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



HAUT-KARABAGH
Des tirs de mortier le long de la ligne de contact

L’armée arménienne du Haut-Karabagh a accusé vendredi les forces azerbaïdjanaises d’avoir utilisé des mortiers pour intensifier les violations du cessez-le-feu le long de la « ligne de contact » autour du Karabagh.

“A partir de 12h15, l’ennemi a tiré des mortiers de 60 et 82 millimètres sur les positions de l’armée de défense du Karabah, au nord-est de la ligne de front“, a révélé l’armée dans un communiqué publié dans l’après-midi. Il a affirmé que la partie azerbaïdjanaise a également eu recours à des « actions provocatrices ».

“Afin de supprimer l’activité offensive de l’ennemi, les troupes de première ligne de l’Armée de défense prennent des mesures de représailles“, a précisé la déclaration.

Le ministère de la Défense azerbaïdjanais n’a pas répondu immédiatement à ces affirmations. Il avait déclaré plus tôt dans la journée que les forces arméniennes avaient utilisé des mortiers pour bombarder ses troupes stationnées le long de la frontière et de la « ligne de contact » du Karabagh.

Aucune des deux camps n’a rapporté de blessés.

Le feu de mortier azerbaïdjanais a été signalé près de Talish, un village ravagé par la guerre dans le nord du Karabagh. Le maire du village, Vilen Petrosian, a également déclaré que les positions arméniennes du Karabagh sont en cours de bombardement.

“Des coups de feu continuent en ce moment, mais ils n’atteignent pas notre village“, a précisé Petrosian. “Ils tirent principalement sur les positions de l’armée près de Talish.“

La région montagneuse a été l’une des épicentres des combats exceptionnellement intenses dans et autour du Karabagh qui ont éclaté début d’avril. L’armée azerbaïdjanaise a massivement bombardé Talish et a détruit en partie ou en totalité de nombreuses maisons.

Les quelques centaines de résidents de Talish ont dû fuir leur maison. La grande majorité d’entre eux sont encore trop effrayés pour revenir.

Au cours des dernières semaines, la direction du Karabagh a accusé Bakou de violer de plus en plus le régime de cessez-le-feu. Pourtant, une équipe de médiateurs américains, russes et français a déclaré que “la situation sur le terrain reste relativement calme“ après avoir visité la zone de conflit à la fin du mois dernier. Ils ont également souligné que « le respect du cessez-le-feu constitue un fondement pour les négociations en cours » entre les parties belligérantes.

Cette dernière escalade alléguée par la partie arménienne est intervenue à la veille d’exercices militaires à grande échelle planifiés par l’Azerbaïdjan. Les exercices impliqueront des dizaines de milliers de soldats et des centaines de chars, systèmes d’artillerie, hélicoptères et avions de combat.

posté le 14 novembre 2016 par Claire/armenews

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HAUT-KARABAGH
Les ministres des Affaires étrangères arménien et azéri s’accusent mutuellement

Les ministres des Affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan ont échangé de nouvelles accusations d’obstruction au processus de paix du Haut-Karabagh, et ce avant leur éventuelle rencontre en Allemagne au début du mois prochain.

Les médiateurs américain, russe et français qui co-dirigent le Groupe de Minsk de l’OSCE ont déclaré la semaine dernière qu’ils vont s’entretenir avec les deux hommes en marge de la conférence ministérielle annuelle de l’OSCE qui se tiendra à Hambourg les 8 et 9 décembre. Selon les responsables azerbaïdjanais, les ministres des Affaires étrangères Edouard Nalbandian et Elmar Mammadyarov doivent tenir une réunion en face à face.

“Le format de la réunion sur le Haut-Karabagh qui pourrait avoir lieu à Hambourg n’a pas encore été déterminé“, a précisé quant à lui Nalbandian hier.

“Nous allons attendre et voir les développements et les propositions des coprésidents sur la tenue d’une telle réunion. Ce qui est certain, c’est qu’il y aura des réunions séparées avec les trois coprésidents du groupe Minsk“, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni.

Nalbandian a affirmé que l’Azerbaïdjan entrave les progrès dans les pourparlers de paix en faisant des « déclarations maximalistes » sur le Karabagh et en refusant de se souscrire aux mesures de confiance qui ont pourtant été acceptées par les présidents arménien et azerbaïdjanais lors de leurs deux dernières réunions tenues en mai et juin.

Nalbandian a également souligné la tenue d’exercices militaires à grande échelle lancés par l’Azerbaïdjan cette semaine. Il les a dépeints comme une preuve supplémentaire que Bakou souhaite « une nouvelle escalade de la situation » sur les lignes de front du Karabagh.

Mammadyarov a prétendu le contraire après avoir rencontré Gentiloni à Bakou lundi. “Les Arméniens eux-mêmes disent qu’ils ne sont pas préparés à changer le statu quo du Karabagh“, a-t-il déclaré.

“J’aurais aimé faire une déclaration optimiste, mais la partie arménienne continue de faire traîner la résolution du conflit“, a ajouté le ministre azerbaïdjanais.

Les présidents Serge Sarkissian et Ilham Aliev ont accepté de permettre à l’OSCE de déployer davantage d’observateurs dans la zone de conflit et d’enquêter sur des incidents armés lors de leur réunion de mai tenue à Vienne. La réunion présidée par le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov, avait eu lieu plus d’un mois après le déclenchement des combats les plus lourds autour du Karabagh depuis 1994.

posté le 9 novembre 2016 par Claire/armenews

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PRIMAIRE A DROITE
Les réponses de Nicolas Sarkozy à Nouvelles d’Arménie Magazine

Nouvelles d’Arménie Magazine : Depuis 2012, le génocide des Arméniens est commémoré tous les 24 avril par la République, avec la participation du président de la République et/ou par un ministre. Si vous êtes élu, comptez-vous poursuivre cette tradition  ? Pouvez-vous vous engager à ce que le 24 avril soit officiellement considéré comme une journée nationale de commémoration du génocide arménien et soit inscrit à ce titre dans le calendrier républicain  ? 

Nicolas Sarkozy : Bien évidemment, je continuerai à commémorer le génocide des Arméniens, car ce n’est pas une commémoration parmi d’autres ; c’est celle du premier génocide du XXe siècle. Entre 1915 et 1917, ce sont près de 1,5 million vies qui ont été emportées par la barbarie. Jamais nous ne devons oublier ce crime contre l’Humanité ; jamais nous ne devons oublier ces victimes innocentes, ces hommes, ces femmes, ces enfants, arrachés à la vie par la folie des hommes. Car comme le disait Primo Lévi, les oublier serait les assassiner une seconde fois. Voilà pourquoi le 24 avril est et restera une date particulière pour moi, comme pour tant de personnes dans le monde.

Maintenant faut-il faire inscrire cette commémoration dans le calendrier républicain ? Je suis pour ma part attaché à l’idée que les commémorations du calendrier républicain se rattachent strictement à l’histoire de la France. Cela ne diminue en rien, pour moi, la force et la solennité de cette commémoration.

Quel est votre regard sur la communauté arménienne de France, constituée par les rescapés du génocide de 1915  ? Face au négationnisme de l’État turc, comprenez-vous son combat pour la reconnaissance internationale du génocide et estimez-vous qu’il est juste pour la France de le soutenir  ? 

N. S. : J’ai beaucoup d’admiration pour les Français d’origine arménienne, dont je me suis toujours senti proche. Vous l’avez rappelé, c’est dans la tragédie du génocide et au lendemain des massacres, que des dizaines de milliers d’Arméniens sont venus chercher refuge dans notre pays. La France les a accueillis, elle leur a offert une seconde patrie. Elle a eu raison. Eux ont tout donné à ce pays qui leur tendait la main. Devenus des fils et des filles de France, ils ont reconstruit leurs vies ici, avec courage, avec dignité, avec abnégation. Sans jamais rien renier de leurs racines, ils ont donné à notre pays le meilleur d’eux-mêmes.

Mais je sais aussi que dans le cœur de chaque Français d’origine arménienne, comme dans le cœur de chaque Arménien du monde, la mémoire de la douleur indicible du génocide ne s’est jamais éteinte. Cette douleur est aussi une force. C’est un ciment. C’est un lien indestructible entre tous les hommes et les femmes d’origine ou de culture arménienne dans le monde.

Cette douleur nous oblige. Nous devons à la mémoire des victimes et à leurs descendants de ne jamais laisser oublier, ou pire, contester ce crime contre l’Humanité. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’étais président de la République, j’avais voulu une loi qui permette de pénaliser la négation du génocide arménien. C’est l’honneur du Parlement français d’avoir, dès 2001, décidé d’appeler ce crime du seul nom qui convienne : un génocide. Mais il fallait aller plus loin. Car le négationnisme n’est pas une opinion, c’est une insulte à la mémoire des victimes, et c’est une menace à l’ordre public. Notre projet avait été adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat mais avait malheureusement été censuré par le Conseil constitutionnel, quelques semaines seulement avant l’élection présidentielle. J’avais alors immédiatement demandé au gouvernement de travailler à un nouveau texte, tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel.

Je me réjouis qu’un nouveau texte ait enfin pu être adopté en juillet dernier par l’Assemblée nationale, à l’unanimité, même si je pense qu’on aurait pu attendre moins de quatre ans pour arriver à ce résultat. Et je souhaite qu’il soit maintenant adopté dans les mêmes termes par le Sénat.

Mais au-delà de la législation française, c’est le rôle de la France et sa responsabilité d’être aux côtés des Arméniens pour faire reconnaître le génocide partout dans le monde. Je dis à la Turquie : un grand pays, une grande Nation, doit avoir le courage de regarder son passé en face et de reconnaître ses fautes. Car c’est en reconnaissant les fautes du passé qu’on permet le pardon de ses contemporains.

Êtes-vous pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne  ?

N. S. : Non et sur ce point je n’ai jamais varié, même lorsque j’étais en désaccord avec les plus hauts dirigeants de ma famille politique. La Turquie est un grand pays, un grand peuple, une grande civilisation ; mais la Turquie n’est pas en Europe. Elle est en Asie mineure.

Et je ne suis pas celui qui ira expliquer aux écoliers européens que les frontières de l’Union sont désormais avec la Syrie, l’Irak et l’Iran. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’étais président, je me suis toujours opposé à l’ouverture de chapitres de négociation conduisant nécessairement à l’adhésion. Et ce fut une grande erreur des Européens que d’accepter récemment, dans le cadre des négociations sur la dramatique question des migrants syriens, que de céder au chantage turc en acceptant d’ouvrir la discussion sur le chapitre portant sur la politique monétaire, qui est au cœur de la construction européenne.

Pour moi, la Turquie est un pont, un pont entre l’Orient et l’Occident, et elle doit le rester. Si l’on coupe un pont de l’une de ses rives, il perd son identité. Nous devons avoir un partenariat fort avec ce grand pays, sur tous les sujets, car nous avons besoin de la Turquie pour faire face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés, à commencer par la lutte contre le terrorisme, le conflit syrien ou la gestion de la crise migratoire.

Je propose même que l’Union européenne construise avec ses deux grands voisins que sont la Turquie et la Russie un nouvel espace économique et de sécurité commune, fondée sur trois piliers : un dialogue politique au plus haut niveau, un partenariat économique et une coopération en matière de sécurité, en particulier pour lutter contre notre ennemi commun : le terrorisme djihadiste.

Mais je le répète : jamais je n’accepterai que la Turquie entre dans l’Union européenne.

Pensez-vous que la France doive continuer à entretenir une relation privilégiée avec l’Arménie  ? 

N. S. : C’est une évidence. L’Arménie et la France sont plus que des pays amis, ce sont des nations sœurs. Les relations entre nos deux pays sont anciennes bien sûr ; je n’ai pas oublié que le dernier roi d’Arménie repose dans la basilique de Saint-Denis au côté des rois de France. Mais c’est véritablement dans la tragédie du génocide qu’a vraiment pris naissance le lien unique qui nous unit aujourd’hui, grâce aux milliers d’Arméniens qui se sont réfugiés en France et s’y sont installés. Et c’est grâce à leurs descendants, à la communauté des Arméniens de France, que ce lien unique a pu perdurer et se renforcer jusqu’à nos jours.

Cette amitié entre la France et l’Arménie est une chance pour nos deux peuples. Nous devons la préserver. C’est ce que j’ai toujours veillé à faire lorsque j’étais président. Ma visite d’Etat à Erevan restera comme l’une des plus fortes et des plus émouvantes de mon quinquennat. Jamais je n’oublierai ce que j’ai ressenti au mémorial des victimes du génocide. Ni l’accueil qui m’a été réservé Place de France. Je serai toujours un ardent défenseur de l’amitié franco-arménienne.

Êtes-vous favorable à la reconnaissance du Haut Karabakh par la France ?

N. S. : Dans ce conflit que l’on dit “gelé“, mais dont les événements des derniers mois ont encore prouvé qu’il pouvait à tout moment dégénérer en un nouvel affrontement meurtrier, le rôle de la France, ce n’est pas de choisir un camp ; mais c’est d’aider les parties à trouver le chemin d’une solution pacifique et négociée ; une solution qui respectera les trois principes dits “de Madrid“ : le non-recours à la force, le respect de l’intégrité territoriale des Etats et le droit à l’autodétermination des peuples. C’est ce que nous nous efforçons de faire au sein du Groupe de Minsk, que nous co-présidons avec les Américains et les Russes. Ce n’est pas un sujet facile mais nous n’avons pas le droit de renoncer. Ce qui est en jeu est trop important. Et je veux croire qu’ensemble, nous y parviendrons.

Seriez-vous pour la création à Paris d’un centre arménien de civilisation et de mémoire et seriez-vous prêt à aider à sa réalisation ?

N.S. : Il me semble que c’était un engagement de François Hollande qui - si mes souvenirs sont bons - devait voir le jour en 2015, pour les commémorations du centenaire du génocide. Une promesse qui, à ce jour, n’a pas été tenue. Une de plus. Je suis pour ma part en faveur d’un tel centre et je souhaite que l’Etat favorise sa création.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux 500.000 Français d’origine arménienne ?

N. S. : Je veux leur dire que la France est fière d’avoir accueilli leurs aïeux. Ils ont aimé la France en restant fidèles à leur identité. Sans rien renier de leurs racines, de leur histoire, ils ont été un modèle de l’assimilation républicaine que je défends. Ils ont tout donné à notre pays qui les avait accueillis et protégés. Ils l’ont enrichi de leur travail, de leur talent, de leur génie. Si la France est aujourd’hui la France, c’est aussi grâce à eux. Aujourd’hui, les Français d’origine arménienne sont les héritiers de ce destin singulier et de ces valeurs. Ils sont le lien vivant dans laquelle l’amitié entre la France et l’Arménie puise sa force. 

posté le 8 novembre 2016 par Claire/armenews


HAUT-KARABAGH
Un soldat arménien tué sur la ligne de front

Un soldat arménien a été mortellement blessé dans le Haut-Karabagh hier, dans ce que les autorités militaires arméniennes de l’Artsakh ont décrit comme étant une nouvelle violation du cessez-le-feu par les forces armées azerbaïdjanaises.

Le ministère de la Défense du Karabagh a expliqué que l’attaque de l’Azerbaïdjan a eu lieu à la section nord-est de la ligne de contact fortement militarisée, à environ 5 h, heure locale.

Il a identifié le militaire tué comme étant Gurgen Ayvazian, 20 ans. Il a ajouté qu’une enquête était en cours.

L’armée du Karabagh a accusé les forces armées azerbaïdjanaises pour avoir de nouveau violé le régime de cessez-le-feu hier, en utilisant également des lance-grenades.

L’Azerbaïdjan n’a pas réagi immédiatement aux accusations. Son armée prétend aussi régulièrement que les forces armées arméniennes violent le cessez-le-feu.

Cette dernière escalade de la violence dans la zone du conflit du Karabagh vient au lendemain de la visite du groupe de médiateurs internationaux de l’OSCE, qui cherchait une solution au conflit prolongé en effectuant une tournée régionale (à Bakou, Erevan et Stepanakert).

Dans leur communiqué publié hier dans la matinée, les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk déclaraient que le but de leur voyage avait été “de discuter de la situation après les violences sans précédent survenues en avril dernier, et de clarifier les positions sur le processus de négociation.“ Ils avaient assuré que “la situation sur le terrain était relativement calme“.

posté le 27 octobre 2016 par Claire/armenews


HAUT-KARABAGH
Les médiateurs du Groupe de Minsk appellent à un nouveau sommet arméno-azéri

Les médiateurs internationaux du Groupe de Minsk, qui cherchent une solution au conflit du Haut-Karabagh, ont appelé à un nouveau sommet arméno-azerbaïdjanais, qu’ils jugent “nécessaire“ en vue de l’avancement dans le processus de paix en cours.

Dans un communiqué publié à partir de Paris, après leur visite dans la région entre les 23 et 25 octobre, les coprésidents du Groupe de Minsk (le Russe Igor Popov, l’Américain James Warlick, et le Français Pierre Andrieu) ont annoncé leur intention de rencontrer les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, en marge d’une réunion du Conseil ministériel de l’OSCE en décembre à Hambourg, en Allemagne, pour discuter d’un éventuel sommet entre les présidents arménien Serge Sarkissian et azerbaïdjanais Ilham Aliev, “le plus tôt possible“.

“Un tel dialogue au plus haut niveau est nécessaire pour faire des progrès vers un règlement du conflit“, assure la troïka de médiation, selon le site officiel de l’OSCE.

Les trois médiateurs conjointement avec le représentant personnel du président de l’OSCE en exercice, l’ambassadeur Andrzej Kasprzyk, se sont rendus dans la région “pour discuter de la situation après les violences sans précédent qui ont eu lieu en avril dernier, et clarifier les positions sur le processus de négociation.“

A Bakou, Erevan et Stepanakert, ils ont tenu des réunions avec les présidents et les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, le ministre de la Défense nouvellement nommé en Arménie, et les autorités du Haut-Karabagh.

“Au cours des réunions, les parties ont confirmé que la situation sur le terrain reste relativement calme. Les coprésidents ont souligné que le respect du cessez-le-feu constitue une base essentielle pour les négociations en cours“, peut-on lire dans la déclaration.

“Les coprésidents ont également discuté des propositions de travail en cours pour faire avancer les négociations de fond en vue d’une paix durable. Les présidents ont chacun exprimé leur point de vue sur la façon de faire avancer le processus de règlement. Les présidents ont aussi réaffirmé leur accord pour étendre le Bureau du Représentant personnel du président de l’OSCE en exercice, et les détails opérationnels sont encore en discussion.“

Selon la déclaration, les coprésidents ont également rencontré le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) “pour discuter du travail que l’organisation a entrepris sur l’échange de données sur les personnes disparues, une mesure humanitaire que les coprésidents ont pleinement soutenue lors des réunions avec des responsables à tous les niveaux “.

posté le 27 octobre 2016 par Claire/armenews

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 200



HAUT-KARABAGH
Selon l’Arménie, l’Azerbaïdjan empêche l’avancement des négociations

L’Arménie a accusé l’Azerbaïdjan de ne pas respecter les accords sur les mesures de renforcement de la confiance prises par les deux pays du Caucase du Sud après la guerre des quatre jours au Haut-Karabagh en avril dernier.

Alors qu’il rencontrait les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk en visite à Erevan hier, le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian a affirmé que Bakou “entrave la mise en place des conditions nécessaires pour faire avancer les négociations“ en ne mettant pas en oeuvre les accords conclus par les deux présidents au cours des pourparlers de médiation internationale qui ont eu lieu à Vienne et à Saint-Pétersbourg, respectivement en mai et juin.

Parmi les mesures de prévention contre la reprise des hostilités, les présidents arménien Serge Sarkissian et azerbaïdjanais Ilham Aliev auraient également accepté d’introduire des mécanismes pour enquêter sur les violations de la trêve ainsi que l’expansion du nombre de représentants de l’OSCE sur le terrain.

L’importance de la mise en œuvre des mesures de renforcement de la confiance ont également été mis en évidence lors de réunions séparées des ambassadeurs James Warlick (USA), Igor Popov (Russie) et Pierre Andrieu (France), les trois coprésidents du Groupe de Minsk, et l’ambassadeur Andrzej Kasprzyk, le représentant personnel du président en exercice de l’OSCE, à Erevan, avec le président Serge Sarkissian et le ministre de la Défense nouvellement nommé Vigen Sargsian plus tard hier.

Les médiateurs internationaux ont été à Erevan pour la troisième étape de leur tournée régionale, après s’être arrêtés dans la capitale azerbaïdjanaise (Bakou) et la capitale du Haut-Karabagh (Stepanakert).

A Bakou, le co-président américain Warlick, en particulier, a déclaré que le président Aliev a exprimé sa disponibilité pour une nouvelle rencontre avec son homologue arménien.

La semaine dernière, les forces arméniennes du Karabagh ont rapporté la première tentative d’incursion par des commandos azerbaïdjanais depuis les hostilités de quatre jours en avril, qui avaient constitué l’escalade de la violence la plus meurtrière dans la région depuis plus de deux décennies.

Dans ses rapports quotidiens, les militaire du Karabagh mentionnent aussi régulièrement l’utilisation par les forces armées azerbaïdjanaises de gros calibre mitrailleurs et des fusils à longue portée.

Lors d’une conférence de presse à Erevan plus tôt hier, l’ambassadeur Warlick a déclaré, cependant, que, dans l’ensemble, les médiateurs étaient heureux de la situation le long de la ligne de contact du Haut-Karabagh et à la frontière arméno-azerbaïdjanaise, qui est restée relativement calme depuis les affrontements au printemps dernier.

posté le 26 octobre 2016 par Claire/armenews

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