Nouvelles d'Arménie
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Grèce


GRÈCE
Suspension temporaire d’asile pour un officier turc recherché par Ankara

Athènes, 8 jan 2018 (AFP) - La justice grecque a suspendu lundi “temporairement“ l’asile obtenu en Grèce par un officier turc, accusé par Ankara d’avoir participé au coup d’Etat manqué en 2016, une décision “accueillie avec satisfaction“ par le gouvernement turc.

A la suite d’un recours du gouvernement grec contre l’octroi d’asile la semaine dernière à l’un des huit officiers turcs qui avaient trouvé refuge en Grèce le lendemain du putsch manqué en Turquie du 15 juillet 2016, la cour d’appel du tribunal administratif d’Athènes, qui se prononçait en référé, “a suspendu temporairement l’asile pour des raisons d’intérêt public“, selon une source judiciaire.

L’affaire sera jugée sur le fond lors de l’audience prévue le 15 février. Le gouvernement turc n’a pas attendu pour se féliciter de cette décision. “C’est bien entendu une décision importante, nous l’accueillons avec satisfaction“, a indiqué le porte-parole du gouvernement turc Bekir Bozdag lors d’une conférence de presse à Ankara.

Il a profité de l’occasion pour réitérer que “l’extradition en Turquie de ces huit putschistes aurait un impact positif sur les relations entre les deux pays“, selon lui.

La suspension de l’asile pour l’officier turc, co-pilote de l’hélicoptère qui avait atterri sur un aéroport grec le lendemain du putsch manqué, avec sept autres officiers, a été demandée par l’Etat grec vendredi dernier. Selon le gouvernement grec, ces huit officiers “ont mis en danger les relations diplomatiques entre les deux pays“, selon cette source judiciaire.

Toutefois, le gouvernement grec a à plusieurs reprises exclu d’extrader ces militaires vers la Turquie, après une décision de la cour suprême grecque en janvier dernier, qui avait refusé leur extradition au motif qu’“indépendamment de leur culpabilité (présumée) leurs droits étaient en danger en Turquie“. Le président de la cour avait même mis en avant le risque de “torture“.

Lors de sa visite officielle à Athènes début décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait réitéré la demande d’extradition mais le premier ministre grec Alexis Tsipras s’est retranché derrière la décision de la cour suprême, soulignant que la justice avait déjà statué sur cette affaire.

Malgré leurs relations délicates, concernant surtout des différends territoriaux en mer Egée, Athènes et Ankara coopèrent en matière économique et commerciale. Depuis le pacte UE-Turquie de mars 2016, les deux pays coopèrent également étroitement pour limiter le flux migratoire vers l’Europe.

Ankara ne cesse de demander l’extradition de Turcs réfugiés notamment dans des pays européens depuis le coup d’Etat manqué contre M. Erdogan.

posté le 8 janvier 2018 par Ara/armenews


GRÈCE
Un militaire turc, accusé par Ankara d’avoir participé au coup d’Etat manqué, obtient l’asile

Un des huit militaires turcs ayant trouvé refuge en Grèce en juillet 2016 après le coup d’Etat manqué en Turquie a obtenu l’asile en Grèce, a-t-on appris samedi de source judiciaire, une décision décriée par Ankara et qui embarrasse Athènes.

Dans un communiqué publié samedi soir, le bureau du Premier ministre annonce que “le gouvernement grec a déposé samedi une demande d’annulation de la décision d’asile prise la veille par l’instance d’asile“.

Le militaire était le copilote de l’hélicoptère ayant transporté le groupe le 16 juillet 2016 et qui avait atterri à Alexandroupoli, ville grecque à la frontière avec la Turquie. Il a obtenu l’asile vendredi soir par l’instance indépendante d’asile.

Toujours selon une source judiciaire, l’instance a jugé que d’après les comptes rendus des groupes de défense des droits de l’homme et du Conseil de l’Europe, la Turquie viole régulièrement les droits de l’Homme depuis le coup d’Etat manqué et que le militaire turc serait en danger s’il était extradé.

Par ailleurs, les juges ont souligné qu’il n’y a aucune preuve que le copilote de l’hélicoptère a participé à la tentative de coup d’Etat, et qu’il ne savait même pas quelle était la destination finale de l’appareil quand il est parti de Turquie. La décision pour les sept autres militaires doit être rendue dans les semaines à venir.

La Turquie a fustigé une décision “politiquement motivée“ qui “révèle une fois encore que la Grèce est un pays qui abrite des putschistes et les accueille à bras ouverts“, selon un communiqué publié samedi soir par le ministère turc des Affaires étrangères.

“La Grèce n’a pas montré le soutien et la coopération que nous attendons d’un allié en matière de lutte contre le terrorisme“, ajoute le communiqué, mettant en garde contre l’impact de cette décision sur les relations bilatérales entre les deux pays et leur coopération sur les dossiers régionaux. En janvier, la Cour suprême grecque avait déjà refusé d’extrader vers la Turquie les huit militaires, malgré les pressions récurrentes d’Ankara.

Lors de sa visite officielle à Athènes début décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait réitéré cette demande et avait assuré que le premier ministre grec Alexis Tsipras lui avait promis l’extradition des huit militaires au lendemain du coup d’Etat raté.

Athènes, (AFP) -

posté le 31 décembre 2017 par Ara/armenews


ARMENIE/TURQUIE
Erevan réaffirme son intention d’annuler formellement les accords arméno-turcs

Le ministre des Affaires étrangères Edouard Nalbandian a réaffirmé hier l’intention du gouvernement arménien d’annuler formellement les accords négociés par les Etats-Unis pour normaliser les relations de l’Arménie avec la Turquie, invoquant les “conditions préalables sans fondement“ d’Ankara.

Les deux protocoles signés à Zurich en octobre 2009 engagent la Turquie et l’Arménie à établir des relations diplomatiques et à ouvrir leur frontière. Peu de temps après la cérémonie de signature, Ankara a précisé que le Parlement turc ne ratifierait l’accord que s’il y avait des progrès décisifs vers une résolution du conflit du Haut-Karabagh acceptable pour l’Azerbaïdjan.

Le gouvernement arménien a rejeté cette condition préalable, arguant que les protocoles ne font aucune référence au conflit. Les États-Unis, l’Union européenne et la Russie ont également demandé à plusieurs reprises leur mise en œuvre inconditionnelle par les deux parties.

Le président Serge Sarkissian a de nouveau dénoncé la position de la Turquie lorsqu’il s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. “Vu l’absence de tout progrès vers leur mise en œuvre, l’Arménie déclarera les deux protocoles nuls et non avenus“, a-t-il prévenu. “Nous entrerons au printemps 2018 sans, comme notre expérience l’a démontré, des protocoles futiles.“

Nalbandian a fait écho à cette déclaration lors d’une visite en Grèce. “Ces documents n’ont toujours pas été ratifiés depuis que la Turquie a proposé des conditions préalables sans fondement allant à l’encontre de la lettre et de l’esprit des protocoles“, a-t-il affirmé.

“Ces documents ne peuvent pas être pris en otage pour toujours, et c’est pourquoi le président de l’Arménie a annoncé en septembre que l’Arménie déclarerait les protocoles nuls“, a expliqué M. Nalbandian dans un discours prononcé au ministère grec des Affaires étrangères.

Ankara n’a toujours pas réagi officiellement à la déclaration de Sarkissian en septembre. Les gouvernements turcs successifs ont maintenu cette frontière avec l’Arménie complètement fermée depuis 1993 pour montrer leur soutien à l’Azerbaïdjan.

Sarkissian a déjà menacé en février 2010 d’abandonner les protocoles s’ils n’étaient pas ratifiés par les Turcs “dans les plus brefs délais“. Mais il a évité de le faire, disant deux mois plus tard qu’il ne voulait pas contrarier les Etats-Unis et les autres puissances mondiales.

Après avoir discuté avec le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias, Nalbandian a également décrit les relations gréco-arméniennes comme une “véritable fraternité“. “Nous avons tous deux souffert de génocides et de crimes contre l’humanité, nous avons défendu nos droits dans les moments difficiles », a-t-il dit.

Lors d’une rencontre avec Sarkissian à Athènes l’année dernière, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait également rappelé que les Arméniens et les Grecs avaient été victimes du génocide perpétré par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre mondiale. Pour sa part, le président grec Prokopis Pavlopoulos a déclaré à son homologue arménien que “au début du XXe siècle, les deux peuples ont subi des moments tragiques pour la même raison“.

La Turquie a condamné ces déclarations. “La solidarité entre la Grèce et l’Arménie repose sur une hostilité et une calomnie conjointes dirigées contre l’identité turque“, s’est plaint un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères en mars 2016.

Les relations tendues de la Grèce avec la Turquie, un membre de l’OTAN, ont de nouveau été mises en évidence lors de la visite officielle du président turc Recep Tayyip Erdogan à Athènes la semaine dernière.

posté le 14 décembre 2017 par Claire/armenews

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GRÈCE/TURQUIE
Athènes « préoccupée » par des propos d’Erdogan à la veille de sa visite

Athènes s’est dite “préoccupée“ mercredi soir par des propos du président turc Recep Tayyip Erdogan suggérant une révision du Traité de Lausanne sur les frontières de la Turquie, à la veille de la première visite en Grèce d’un chef d’Etat turc depuis 65 ans.

“L’interview d’aujourd’hui avec M. Erdogan soulève de sérieuses préoccupations et questions“, écrit en toute fin de soirée dans un communiqué le porte-parole du gouvernement grec Dimitris Tzanakopoulos.

“Le gouvernement grec et le Premier ministre (Alexis Tsipras, ndlr) souhaitent que la visite soit l’occasion de construire des ponts, pas d’élever des murs. Le respect du Traité de Lausanne est la pierre angulaire exclusive et non négociable sur laquelle peut se construire la coopération sincère des deux pays“, ajoute-t-il.

Selon M. Tzanakopoulos enfin, des allusions à une révision du Traité “ne contribuent pas au climat que nous essayons de créer dans nos relations et dans la région“.

Dans l’interview accordée à la chaîne grecque Skai, enregistrée en Turquie et diffusé un peu plus tôt dans la soirée, M. Erdogan a critiqué une nouvelle fois la mesure des eaux territoriales et de l’espace aérien en mer Egée, et plus largement le Traité de Lausanne de 1923 qui définit les frontières de la Turquie, des sujets particulièrement sensibles pour ses hôtes.

Athènes, 6 déc 2017 (AFP) -

posté le 7 décembre 2017 par Ara/armenews

Photo : Kremlin.ru



DIPLOMATIE
Arrêt des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE : une « erreur stratégique » selon la Grèce

Thessalonique (Grèce), 10 sept 2017 (AFP) - Une suspension des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne serait une “erreur stratégique“ de la part de l’UE, a averti le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dimanche, alors que la guerre des mots fait rage entre Ankara et Berlin.

Lors d’un débat télévisé en vue des législatives allemandes du 24 septembre, la chancelière Angela Merkel et son rival Martin Schulz avaient tous deux soutenu un arrêt des négociations avec la Turquie.

“La fin de ces discussions serait une erreur stratégique qui ne pourrait s’avérer bénéfique que pour (le président turc) Erdogan“, a réagi le Premier ministre de Grèce dimanche, précisant que son voisin turc était une puissance régionale importante.

Il a néanmoins appelé Ankara à respecter le droit international et à cesser les provocations.

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie ne cessent de se dégrader, en particulier depuis le putsch avorté de juillet 2016 en Turquie, imputé par Ankara au prédicateur musulman Fetullah Gülen, qui nie toute implication. L’Allemagne dénonce les purges effectuées par le pouvoir turc et la détention de citoyens allemands, ayant pour certains aussi la nationalité turque, pour “raisons politiques“, dont Deniz Yücel, correspondant germano-turc du journal Die Welt en Turquie.

Ankara accuse Berlin de laxisme face au réseau de Fetullah Gülen et à la guérilla kurde du PKK, les deux ennemis jurés du gouvernement islamo-conservateur.

La proposition de Mme Merkel d’arrêter ces négociations d’adhésion avec la Turquie avait été accueillie par un “non“ poli de la plupart de ses 27 partenaires de l’UE.

Ces discussions, lancées en 2005, sont aujourd’hui au point mort. Mais une majorité de pays européens ne souhaitent pas pour l’heure franchir le pas d’une suspension formelle, craignant de provoquer une rupture définitive avec un partenaire clé sur le dossier migratoire et dans la lutte antiterroriste.

posté le 10 septembre 2017 par Ara/armenews


SEISME
Fort séisme en mer Egée ressenti en Grèce et en Turquie

Un puissant séisme de magnitude 6,3 à une profondeur de 5,7 km s’est produit cet après-midi au large des côtes turques et grecques. Un séisme qui a provoqué des dégâts notamment sur l’île de Lesbos. D’autres dégâts sont également à craindre au regard de la puissance du séisme. Car plusieurs bâtiments furent endommagés dans d’autres localités comme à Plomari selon la télévision grecque Tv ERT. La secousse a également été ressentie à Izmir en Turquie créant un mouvement de panique auprès de la population. Le séisme a même été ressenti à Istanbul. Mais il semble qu’en Turquie aucune victime ni dégât matériel n’est à signaler. La réplique du tremblement de terre d’une magnitude de 4,9 a été enregistrée. Depuis le début de l’année plusieurs séismes se sont produits en mer Egée ressentis sur la côte égéenne turque. En 1999 un séisme de magnitude à 7 sur l’échelle de Richter avait frappé Istanbul en faisant près de 20 000 morts. Istanbul où un très fort séisme est attendu...

Krikor Amirzayan

posté le 12 juin 2017 par Krikor Amirzayan/armenews


REVUE DE PRESSE - LIBE
Texte de Simon Abkarian : A Lesbos, les migrants au cœur du labyrinthe de chair et de sang

Je suis en Grèce à Lesbos. Je me tiens face à la mer. De l’autre côté, la Turquie, fière, arrogante, sûre d’elle-même, se dresse sur les ruines d’un printemps déchu. Derrière elle, par-delà les plaines et les montagnes, les ossements des Arméniens, des Grecs, des Alévis, des Assyro-Chaldéens et des Kurdes continuent de blanchir sous le ciel d’Anatolie. Ils attendent en vain que s’en vienne la justice des hommes. Mon père me disait que « les Turcs n’existent que par le glaive et pour le glaive. Quand ils auront tué tous les Non-Turcs, ils se mangeront eux-mêmes et se battront avec leurs ombres ».

J’ai toujours cru que mon père se trompait, qu’aucun peuple ne porte en lui le gène de la violence. Pourtant, nous y sommes. Ces purges sont les prémices d’un massacre à venir. Et ce sont des hommes et des femmes turcs aussi qui, cette fois, s’entassent dans les cimetières et les prisons. En attendant que la grande cannibale se digère elle-même, la Syrie et l’Irak n’en finissent pas de brûler.

Lire la suite du texte de Simon Abkarian publié sur Libé : http://www.liberation.fr/planete/2017/03/22/a-lesbos-les-migrants-au-coeur-du-labyrinthe-de-chair-et-de-sang_1557677

posté le 24 mars 2017 par Claire/armenews


DIPLOMATIE
Athènes appelle à un partenariat stratégique entre la Grèce et l’Arménie
Les autorités grecques, le premier ministre A. Tsipras en tête, avaient réagi avec véhémence aux déclarations faites en décembre 2016 par le président turc R.T.Erdogan, qui prônait une “géographie du coeur” en vertu de laquelle certains territoires de l’ancien Empire ottoman, dont il a ouvertement la nostalgie, reviendraient dans le giron de la Turquie. La province grecque de Thrace orientale figurait sur cette “carte du Tendre” néo-ottomane esquissée par le président turc, au grand dam des autorités grecques qui avaient alors appelé la Turquie à respecter les traités internationaux, notamment celui de Lausanne de 1923, auxquels la République turque doit le tracé de ses frontières actuelles. Dans cet esprit, le ministre grec des affaires étrangères, Nikos Kotzias, s’est fait l’avocat en quelque sorte d’une diplomatie du coeur en appelant à un “partenariat stratégique” entre la Grèce et l’Arménie, où il a entamé une visite officielle, à Erevan, le jeudi 9 mars. “Nous avons toujours été des nations soeurs”, a déclaré N. Kotzias lors d’une rencontre avec le premier ministre arménien Karen Karapetian en ajoutant : “Ma visite est guidée par un seul objectif : la volonté de constituer un partenariat stratégique”. “Nos relations amicales sont à un très haut niveau, mais nous souhaitons leur donner un nouvel élan et qualité”, a indiqué pour sa part K. Karapetian, en précisant que l’Arménie et la Grèce devraient renforcer leurs liens politiques chaleureux avec des liens commerciaux plus étroits ». Il est vrai que la Grèce a quelque peu oublié la nature « fraternelle » des liens l’unissant à l’Arménie tout au long de l’Histoire, au profit d’un rapprochement avec la Turquie, dont ses dirigeants socialistes notamment, avaient soutenu l’intégration à l’Europe. Mais les relations pacifiées entre la Turquie et la Grèce ont été rattrapées par les animosités traditionnelles héritées de l’Histoire et attisées par le très autoritaire et nationaliste président Erdogan. L’arrivée au pouvoir à Athènes du mouvement radical Siryza d’A. Tsipras, à la faveur de la tourmente provoquée par la crise financière grecque et la menace d’une sortie de la Grèce de l’UE, a également contribué à raviver les antagonismes entre les deux pays. Alors que la Grèce était aux avant-postes de la vague de migrants déferlant vers l’Europe du Nord depuis la Turquie, qui obtenait de Berlin des accords pour le moins avantageux en vue de les endiguer, A. Tsipras avait esquissé dès 2015 un rapprochement avec la Russie de Poutine. Même si ce dernier s’est réconcilié l’an dernier avec R.T. Erdogan, c’est sans doute dans cette ébauche d’un axe oriental qu’il conviendrait d’inscrire les gestes diplomatiques d’Athènes en direction de Erevan, intervenant qui plus est après un nouvel échec des négociations visant à réunifier Chypre, qui ont relancé les tensions entre la Grèce et la Turquie. Si le ministre grec des affaires étrangères a surtout mis l’accent à Erevan sur la nécessité de renforcer les liens commerciaux, c’est que dans le domaine militaire déjà, les deux pays se sont engagés sur la voie d’une active coopération. Plus de 200 cadets et officiers arméniens ont été formés par les académies militaires grecques au cours des deux dernières décennies. L’armée grecque a aussi fourni une aide militaire et logistique conséquente aux unités de l’armée arménienne participant aux missions internationales de paix de l’Otan. N.Kotzias a d’ailleurs discuté des perspectives de développement de la coopération bilatérale dans le domaine de la défense lors d’une rencontre avec le ministre arménien de la défense Vigen Sargsian. Le ministère arménien de la défense a indiqué dans un communiqué à l’issue de la rencontre que le gouvernement grec était désireux de développer la “mise en œuvre de différents programmes de défense avec l’Arménie”. Le même communiqué précise que les deux ministres ont discuté des moyens en vue de “relever les défis” dans la région et se sont montrés d’accord pour “continuer à unir leurs efforts pour se soutenir mutuellement sur la scène internationale”. A. Tsipras, qui avait rencontré un avant avant le président arménien Serge Sarksian à Athènes, avait alors salué pour sa part aussi les “liens historiques, culturels et spirituels” unissant son pays à l’Arménie et avait appelé à les renforcer. A.Tsipras avait alors souligné les similitudes entre les Grecs et les Arméniens, qui partagent une “histoire de souffrance et de persécutions”, avait-il déclaré lors de sa rencontre avec le président arménien, en rappelant que les deux peuples avaient été victimes d’un génocide perpétré par les Turcs ottomans durant la Première Guerre mondiale. Le président grec Prokopis Pavlopoulos avait de la même manière déclaré devant son homologue arménien qu’“au début du 20e siècle les deux peuples avaient vécu des heures tragiques pour les mêmes raisons”. La Turquie n’avait pas manqué de condamner ces déclarations. “La solidarité entre la Grèce et l’Arménie est fondée sur une hostilité commune dirigée contre l’identité turque”, a déclaré le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères en mars 2016. Le ministère arménien des affaires étrangères avait répondu aux critiques turques en soulignant qu’en “érigeant le déni en pivot de la politique d’Etat, la Turquie ne peut prétendre esquiver sa responsabilité face à sa propre histoire”. La Grèce a officiellement reconnu le génocide perpétré en 1915 contre les Arméniens de la Turquie ottomane en 1999. En 2014, elle a aussi adopté une loi pénalisant le négationnisme de ce génocide comme des autres crimes contre l’humanité. Le Parlement arménien, de son côté, a vote en 2015, année du centenaire du génocide, une résolution condamnant “le génocide des Grecs et des Assyriens perpétré dans l’Empire ottoman en 1915-1923”.
posté le 11 mars 2017 par Gari/armenews


GRECE
Grèce : Thessalonique aura son musée de l’holocauste co-financé par l’Allemagne

Thessalonique, deuxième ville grecque dans le nord, dont la majorité de la communauté juive de plus de 50.000 séfarades avait été exterminée par les nazis, s’apprête à construire son “musée de l’holocauste“ avec l’aide de l’Allemagne, a-t-on appris lundi auprès de la communauté juive.

“Le projet de construction du musée a été adopté par la mairie de la ville et sera co-financé par le gouvernement allemand et la Fondation grecque de l’armateur Niarchos“, a expliqué à l’AFP David Saltiel, président de cette communauté qui ne compte plus que 1.500 membres.

Doté d’un budget initial de 22 millions d’euros, dont dix millions seront offerts par l’Allemagne, le bâtiment de six étages en métal et en verre, est dessiné par deux sociétés, allemande et israélienne, et sa construction doit débuter d’ici à la fin 2017 et s’achever en trois ans.

C’est l’organisme grec de gestion du patrimoine foncier des chemins de fer grecs Gaiose qui a offert le terrain pour la construction du musée, qui fera 5.000 m2. Il sera situé à l’ouest de la ville, près des lieux d’où partaient les trains pour les camps de concentration, selon David Saltiel.

“C’est là où a été écrit le début de la fin de la population juive de Thessalonique“, métropole multiculturelle des Balkans avant la Seconde guerre mondiale, rappelle l’édition dominicale du quotidien grec Kathimerini, qui révèle la maquette du projet.

Le maire de Thessalonique, Yannis Boutaris, qui avait approuvé le projet il y a trois ans, avait alors déploré “le retard injustifiable de la ville pour briser son silence et commencer à commémorer l’un des plus sombres moments de son histoire“, rapporte Kathimerini. Le musée sera l’occasion “d’attirer de nombreux touristes pour connaître l’histoire des 500 ans de vie des séfarades de Thessalonique“, estime David Saltiel.

posté le 20 janvier 2017 par Stéphane/armenews