Nouvelles d'Arménie
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Irak


ESPACE AERIEN IRAK/ARMENIE
Malgré l’interdiction de Bagdad, les vols entre Erevan et Erbil continuent

Les vols hebdomadaires qui quittent l’Arménie pour aller vers la région du Kurdistan irakien ont continué vendredi malgré la décision des autorités irakiennes de fermer l’espace aérien de la région aux compagnies aériennes étrangères en représailles du vote en faveur de l’indépendance.

Un avion appartenant à une compagnie aérienne arménienne privée a volé d’Erevan vers la capitale du Kurdistan, Erbil, juste quelques heures avant l’entrée en vigueur de l’interdiction imposée par Bagdad.

L’interdiction fait suite au refus du gouvernement régional du Kurdistan de confier le contrôle des aéroports d’Erbil et d’une autre ville régionale, Sulaimaniya, aux autorités. L’Autorité de l’aviation civile irakienne a envoyé un avis aux compagnies aériennes étrangères en leur annonçant que les vols internationaux seront suspendus vendredi à 15 00 GMT et seuls les vols intérieurs seront autorisés.

Les vols Erevan-Erbil exploités par une compagnie irakienne ont eu lieu samedi.

Le directeur adjoint d’Armenia, Gevorg Khachatrian, a déclaré que sa compagnie aérienne n’avait pas encore l’intention de suspendre le service. “Nous n’avons reçu aucune notification, et à partir de maintenant, il n’y a pas de changement dans notre horaire de vol“, a t-il assuré.

La Direction générale de l’aviation civile de l’Arménie n’a pas précisé si elle ordonnerait à l’entreprise de suspendre les vols. “Si l’espace aérien est fermé, nous déciderons évidemment de continuer ou non les vols“, a dit évasivement un porte-parole de l’agence gouvernementale.

L’Iran voisin et la Turquie ont déjà déclaré qu’ils respecteront l’interdiction de Bagdad concernant les vols à destination et en provenance du Kurdistan. Reuters a rapporté qu’à partir de vendredi matin, deux transporteurs européens, Lufthansa et Austrian Airlines, avaient décidé de garder au moins un vol déjà prévu, après la date fixée par Bagdad.

Les Kurdes irakiens ont largement voté pour l’indépendance de leur région autonome lundi dernier lors d’un référendum fortement condamné par le gouvernement central irakien ainsi que par l’Iran et la Turquie.

L’Arménie a réagi avec précaution à ce référendum. Le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a exprimé son espoir mercredi que le Kurdistan et Bagdad “éviteront les tensions et trouveront des moyens de résoudre les problèmes“.

Erevan a maintenu jusqu’à présent des relations cordiales avec les deux côtés. Elle a formellement décidé d’ouvrir un consulat arménien général à Erbil en mars peu de temps après que Nalbandian a tenu de nouvelles discussions avec Massoud Barzani, le président irakien kurde, en Allemagne.

Le commerce de l’Arménie avec la région kurde et d’autres parties de l’Irak a considérablement augmenté ces dernières années. Les exportations arméniennes vers le Moyen-Orient représentent la majeure partie du commerce bilatéral, qui s’établissait à 138 millions de dollars l’année dernière.

posté le 2 octobre 2017 par Claire/armenews


AUTODETERMINATION
Les Arméniens du Karabagh saluent le vote sur l’indépendance kurde

Hier, le Haut-Karabakh a accueilli favorablement la tenue d’un référendum controversé sur l’indépendance dans la région irakienne du Kurdistan.

En revanche, le gouvernement arménien a réagi avec précaution au vote de lundi condamné par le gouvernement irakien ainsi que par la Turquie et l’Iran. Un porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères a déclaré seulement qu’Erevan « surveillait les développements ».

Les résultats du référendum n’ont pas encore été annoncés. Cependant, la victoire écrasante du “oui“ est largement attendue.

“Nous nous félicitons de la conduite du référendum sur l’indépendance dans le Kurdistan irakien, un acte résultant du droit des peuples à l’autodétermination (...), soutenu par la Charte des Nations Unies et d’autres documents internationaux fondamentaux“, peut-on lire dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Karabagh.

Il ajoute : “Nous espérons que la situation découlant du référendum sera réglée pacifiquement, en fonction du besoin de stabilité et de sécurité de la région“.

La population arménienne du Karabagh a également voté pour la sécession de l’Azerbaïdjan lors d’un référendum tenu en 1991. Le vote, suivi d’une guerre sanglante, n’a été officiellement reconnu par aucun pays. Pourtant, les États-Unis, la Russie et la France semblent avoir reconnu le droit à l’autodétermination des Arméniens du Karabagh dans leurs propositions de paix faites conjointement au cours de la dernière décennie.

Le référendum au Kurdistan a également été salué hier par Knyaz Hasanov, chef de la petite communauté kurde d’Arménie. Hasanov, qui a été élu au Parlement arménien en avril, a précisé en même temps qu’il n’interviendrait pas auprès des autorités d’Erevan pour qu’elles reconnaissent le résultat du vote.

“Chaque État a ses propres intérêts, et c’est le cas de l’Arménie“, a-t-il commenté. “L’Arménie a un bon rapport avec l’Iran, qui s’oppose à l’indépendance du Kurdistan“.

“Je ne vais pas aborder la question de la reconnaissance du Kurdistan“, a continué Hasanov. “Il appartient aux autorités arméniennes de décider, et non à moi“.

Erevan entretient également des relations cordiales avec le gouvernement central irakien et l’administration régionale kurde dans le nord de l’Irak. Il a formellement décidé en mars d’ouvrir un consulat arménien à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. En février, le ministre des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, s’est entretenu avec Massoud Barzani, dirigeant kurde irakien, en marge d’une conférence internationale sur la sécurité en Allemagne.

Le commerce de l’Arménie avec la région kurde et d’autres parties de l’Irak a considérablement augmenté ces dernières années. Les exportations arméniennes vers le Moyen-Orient représentent la majeure partie du commerce bilatéral, qui s’établissait à 138 millions de dollars l’année dernière.

Par ailleurs, le ministre irakien de l’Agriculture, Falah Hassan Zeidan Al-Lahibi, s’est rendu en Arménie cette semaine pour explorer les moyens d’approfondir les liens commerciaux entre les deux pays. Il aurait déclaré hier au Premier ministre Karen Karapetian que Bagdad voudrait augmenter les importations en provenance d’Arménie. Il aurait notamment parlé des produits agricoles et de l’électricité.

posté le 28 septembre 2017 par Claire/armenews

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TURQUIE/KURDISTAN
Frontières et pétrole : Erdogan veut sanctionner les kurdes d’Irak

Istanbul, 25 sept 2017 (AFP) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan, furieux contre le référendum d’indépendance au Kurdistan irakien, a annoncé lundi une prochaine fermeture de la frontière terrestre avec cette région d’Irak et menacé d’en stopper les exportations pétrolières via la Turquie.

“Cette semaine, des mesures seront prises. Les entrées et sorties (à la frontière) seront fermées“, a déclaré M. Erdogan lors d’un colloque à Istanbul. “Voyons par quels canaux et où le (Kurdistan irakien) vendra son pétrole.

Les vannes sont chez nous. Une fois que nous fermons les vannes, ce travail est terminé“, a-t-il ajouté en guise de menace d’un arrêt des exportations pétrolières, une mesure susceptible d’asphyxier l’économie du Kurdistan irakien.

Quelque 550.000 des 600.000 barils/jour produits par le Kurdistan irakien sont exportés via un oléoduc débouchant dans le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée, dans le sud de la Turquie.

“Nous prenons toutes les mesures nécessaires aux niveaux politique, économique et sécuritaire. Il n’y a aura pas de compromis“, a encore dit M.  Erdogan.

Les Kurdes d’Irak ont commencé à voter lundi matin pour leur indépendance lors d’un référendum vivement décrié par la communauté internationale.

La Turquie, notamment, a exprimé à de nombreuses reprises son opposition catégorique à ce scrutin, craignant que la création d’un Etat kurde en Irak ne renforce les velléités séparatistes de sa propre minorité kurde dans le sud-est du pays, théâtre d’une rébellion sanglante depuis 1984.

Peu auparavant, le Premier ministre turc Binali Yildirim avait affirmé que le gouvernement turc examinait les différentes sanctions possibles en réponse au référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, tout en écartant une éventuelle action militaire.

Alors que le Parlement turc a renouvelé samedi pour un an le mandat qui permet à l’armée d’intervenir en Irak et en Syrie, le Premier ministre a assuré qu’Ankara ne “part pas en guerre“, mais pourrait mener “des opérations ciblées contre les éléments terroristes“ susceptibles de constituer une menace sécuritaire pour la Turquie.

M. Erdogan a lui affirmé que l’armée turque se tenait prête à la frontière et a mis en garde l’Irak contre une opération similaire à celle menée entre août 2016 et mars 2017 dans le nord de la Syrie, pour repousser le groupe Etat islamique (EI) et les milices kurdes YPG qu’Ankara considère comme terroristes.

Le gouvernement du Kurdistan irakien “doit faire un pas en arrière. (...) Nous n’autoriserons pas non plus la formation d’un Etat terroriste en Syrie“, a-t-il poursuivi.

“Nous pouvons venir un soir, tout à coup“, a ajouté le président turc. “Nous l’avons fait avec l’opération Bouclier de l’Euphrate. (...) Toutes les options sont sur la table“.

Le référendum se déroule également dans la région autonome de Kirkouk, que se disputent Erbil et Bagdad, et où cohabitent Kurdes, Arabes et Turkmènes.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a affirmé que la Turquie lancerait une opération militaire “immédiatement“ si la minorité turkmène venait à être visée en Irak.

posté le 25 septembre 2017 par Ara/armenews


SYRIE
Des familles chrétiennes, dont deux arméniennes, sauvées de l’enfer de Raqqa

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), associant des combattants kurdes et arabes engagés massivement dans la reconquête de la ville de Raqqa, capitale autoproclamée de Daech en Syrie, ont annoncé qu’elles avaient réussi à extirper sept familles chrétiennes, dont deux arméniennes, des griffes de l’organisation djihadiste. Ces forces rebelles auraient repris le contrôle de 45 % de cette ville du nord-est de la Syrie qu’elles assiègent depuis des mois, avec l’appui aérien de la coalition internationale qui pilonnent les positions de Daech. “Nos forces ont sauvé deux familles arméniennes aujourd’hui” indique notamment Mustafa Bali, directeur du bureau d’information des FDS en commentant pour l’agence de presse ARA, l’opération militaire qui a permis de sauver de nombreuses familles utilisées comme bouclier humain par l’Etat islamique, ou Daech.

Sos Karabidian, une femme chrétienne qui figure au nombre des personnes sauvées par les combattants des FDS a déclaré pour sa part : “Ils [Daech] nous forçaient à porter le voile mais nous permettait de montrer nos visages, à seules fins de nous différencier des musulmanes. Mais nous devions quand même cacher nos visages, pour éviter les insultes”. “Nous étions tenus de verser un tribute et nous étions sans cesse humiliés et insulté, quel est donc ce pays où l’on fait payer un impôt juste parce que vous êtes différents”, témoigne de son côté Karadij Karadjian, un autre civil chrétien sauvé mardi 8 août par les combattants des FDS qu’il a remerciés par ces mots : “Ce jour est pour nous une renaissance !” Un petit nombre de chrétiens subsiste à Raqqa, mais la majorité de la communauté a quitté la ville quand les djihadistes de Daech s’en sont emparée et s’est réfugiée dans la province voisine de Hasakah, contrôlée par les Kurdes. La Turquie voisine ne soutient pas l’offensive arabo-kurde contre Rakka, et y est même hostile, en raison des liens entre les combattants kurdes syriens et les rebelles kurdes du PKK en guerre contre le pouvoir turc.

posté le 11 août 2017 par Gari/armenews


Irak
Elise Boghossian : Mossoul est libérée !
Mossoul est libéré depuis midi, ce dimanche 9 juillet 2017, nous informe Elise Boghossian, acuponctrice en poste en Irak avec son ONG EliseCar. Le reportage qui devait être diffusé hier au journal de 20h de TF1, qui lui était consacré (Les lionceaux du califat), a été reporté à ce soir en raison de l’actualité immédiate.
posté le 9 juillet 2017 par Jean Eckian/armenews


Conférence
Justice pour les Chrétiens d’Orient !

La 4e conférence de la commission ouverte Paris-Arménie du Barreau de Paris organisée par Vincent Nioré et Sévag Torossian, s’est déroulée le 14 juin 2017 à la Maison du Barreau.

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« Quelle justice pénale pour les Chrétiens d’Orient ? » C’est autour de ce thème que sont intervenus d’éminents avocats et spécialistes en présence du Vice-Bâtonnier, Dominique Attias.

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Patrick Karam, Vice-Président du Conseil Régional d’Ile-de-France et Président de la CHREDO (Coordination des Chrétiens d’Orient en Danger) a présenté un état des lieux concret de la situation des minorités persécutées en Orient, les enjeux géopolitiques et les procédures en cours incriminant Daech auprès des instances internationales telles que la Cour Pénale Internationale.

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EliseBoghossian, acupunctrice, Présidente de l’ONG EliseCare, a livré un témoignage poignant. Elle a partagé son expérience du terrain notamment dans les zones de guerre en Irak et en Syrie en évoquant les traumatismes irréparables des enfants et des femmes Chrétiennes et Yezidis victimes des pires sévices.

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Le Professeur agrégé Didier Rebut s’est interrogé sur la compétence juridictionnelle de la Cour pénale internationale, ainsi que des juridictions nationales, pour juger de crimes commis sur les territoires concernés. . Il a souligné la difficulté de l’apport de preuves dans le cadre de l’ouverture d’une enquête.

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David Lévy, Avocat au Barreau de Paris, s’est livré à un examen technique des incriminations qui pourraient être visées, la Cour pénale internationale ayant pour vocation de juger les crimes les plus graves, à savoir les crimes contre l’humanité, génocide et crimes de guerre. Il s’est aussi interrogé sur la nature juridique des victimes, à savoir si les « Chrétiens d’Orient » pouvaient être considérés comme un groupe visé par les textes.

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La destruction des biens culturels a été développée par Anne-Sophie Nardon, Avocat au Barreau de Paris, experte en droit de l’art. Elle a souligné le consensus qui entoure les questions relatives à la destruction du patrimoine culturel et religieux pouvant être une approche inédite de la quête de justice.

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Enfin Sévag Torossian, Avocat au Barreau de Paris, a conclu les travaux autour d’une question épineuse : vers le procès de Daech ? La Cour pénale internationale parait aujourd’hui incompétente pour juger de crimes commis sur les territoires de Syrie et d’Irak, sauf saisine par le Conseil de sécurité de l’ONU, bloqué par le véto de la Chine et de la Russie. Mais en réalité, un « procès pragmatique » a déjà commencé sous une autre forme que les « procès symboliques » du vingtième siècle, à savoir les racines financières, le gel des avoirs et le listing de toutes les personnes et entités liées à Daech, en application de la résolution 2253 de 2015.

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La soirée a été animée par Vincent Nioré, Avocat au Barreau de Paris, ancien Membre du Conseil de l’Ordre, qui a salué la qualité des interventions et conclu, après avoir donné la parole au public, en émettant le vœu que le gouvernement français se saisisse de cette question de la défense des minorités chrétiennes en Orient.

Reportage photo : Jean-Manouk Yérémian

posté le 18 juin 2017 par Jean Eckian/armenews



TURQUIE/IRAK
Erdogan fustige le projet de référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien

Ankara, 13 juin 2017 (AFP) - Le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien est une “erreur“ et une “menace“ pour l’intégrité territoriale de l’Irak, a déclaré mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

“Faire un pas vers l’indépendance du nord de l’Irak est une erreur et une menace pour l’intégrité territoriale de l’Irak“, a déclaré M. Erdogan, lors d’un discours retransmis à la télévision.

La présidence du Kurdistan irakien a annoncé la semaine dernière la tenue le 25 septembre d’un référendum sur son indépendance, malgré l’opposition de Bagdad. Mais la Turquie, elle-même en proie sur son territoire à un conflit avec des séparatistes kurdes qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, est fermement opposée à toute constitution d’un Etat kurde à sa frontière, malgré de bonnes relations entretenues avec le dirigeant kurde irakien Massoud Barzani.

Elle a déclenché en août dernier une opération militaire dans le nord de la Syrie pour en chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), mais également pour empêcher aux Kurdes syriens de faire la jonction entre les cantons qu’ils contrôlent dans cette région en proie à une guerre civile.

“Nous avons toujours défendu l’intégrité de l’Irak et nous continuerons à la défendre“, a poursuivi M. Erdogan, ajoutant qu’un tel référendum “n’est dans l’intérêt de personne“.

posté le 13 juin 2017 par Ara/armenews


FIGARO MAGAZINE
Grand reportage d’Antoine Agoudjian à Mossoul

Le Figaro Magazine publie ce weekend sur 10 pages un beau reportage d’Antoine Agoudjian sur la situation à Mossoul. Des photos impressionnantes, et un article où il est beaucoup question du travail du photographe sur le génocide arménien.

Plus d’informations sur le lien plus bas.

posté le 4 juin 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : France  Image 450  Irak 


IRAK
Les Arméniens de Zakho dans le Kurdistan d’Irak marquent l’anniversaire du genocide

Les Arméniens résidant dans la ville kurde de Zakho, près de la frontière avec la Turquie se sont massivement mobilisés pour commémorer le 102e anniversaire du Génocide des Arméniens. Eux-mêmes sont issus des familles de déplacés et de déportés dispersés aux confins de l’Empire ottoman par les autorités turques de l’époque et qui ont trouvé refuge dans ces régions montagneuses peuplées majoritairement de Kurdes et confinant avec le Kurdistan autonome d’Irak. La localité de Zakho compterait actuellement quelque 200 familles arméniennes, qui se sentent en sécurité dans cette ville située à 200 km environ au nord-ouest d’Erbil, la capitale du Kurdistan autonome, qui a accueilli d’ailleurs ces dernières années un grand nombre de chrétiens, dont des Arméniens, mais aussi des membres d’autres minorités religieuses, comme les Yézidis, qui ont dû fuir les persécutions et massacres perpétrés dans d’autres régions d’Irak par les djihadistes de l’Etat islamique. “Nous ne sommes qu’une poignée au Kurdistan. Mais grace à Dieu, nous jouissons de la plupart de nos droits”, a déclaré Ishkhan Milko, un membre arménien du conseil provincial de Duhok.

Les Arméniens disposent d’un siège dans ce Conseil régional et d’un siège dans le Parlement du Kurdistan autonome. S’ils sont peu nombreux, les Arméniens n’en entretiennent pas moins le souvenir douloureux d’une Histoire marquée par le génocide du 24 avril 1915. “Les Arméniens ont émigré de [ces régions], Bitlis, Erzurum, Van, Mush, et d’autres localités du Kurdistan du Nord [en Turquise]”, a déclaré pour sa part le Dr. Hogir Mohammed, un chercheur kurde sur le génocide arménien en évoquant le sort réservé aux habitants des villes turques situées à l’Est et au sud-est de la Turquie, une région désignée plus volontiers d’ailleus le nom de Kurdistan que d’Arménie par les Kurdes. “Ils ont empreinté des routes différentes, certaines passant à travers le désert syrien, et certains d’entre eux ont choisi de s’installer dès lors en Syrie, d’autres allant jusqu’en Jordanie et en Egypte. Certains autres sont venus s’atablir dans le Kurdistan irakien dont la ville de Zakho constituait la porte d’entrée “, a poursuivi le chercheur kurde qui rappelle que Zakho compte une école arménienne, qui a été fondée en 1969. “Nombre de musulmans fréquentaient l’école de l’Eglise. Nous étudiions aux côtés des Arméniens et ensuite, ils sont venus ici” explique Fahmi Ahmad, le directeur de l’école arménienne en évoquant avec quelque nostalgie cette époque où les “ Arméniens et les musulmans étudiaient côte à côte, les Arméniens s’initiant à l’Islam, les musulmans au christianisme”.

posté le 2 mai 2017 par Gari/armenews