Nouvelles d'Arménie
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Paris


FRANCOPHONIE
Réunion à Paris consacrée au 17e Sommet de la Francophonie qui se déroulera en octobre à Erévan en Arménie

Le 5 juillet au siège de l’organisation internationale de la Francophonie à Paris s’est tenue une réunion consacrée à la préparation du 17e sommet de la Francophonie qui se déroulera le 11 et 12 octobre prochain à Erévan en Arménie. A la vingtaine de représentants des médias présents à cette réunion à Paris ont répondu aux journalistes l’Ambassadeur, représentant du président arménien à la Francophonie Christian Ter-Stepanian, Dikran Balayan le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères et Arsen Kharatyan conseiller du Premier ministre arménien. Les questions étaient liées principalement à la préparation des travaux liés à l’organisation du 17e sommet de la Francophonie à Erévan et de la situation politique en Arménie. Les représentants du bureau de la Francophonie ont salué le très bon niveau d’organisation de l’Arménie pour accueillir ce 17e sommet. Arsen Kharatyan et Dikran Balayan ont accordé des interviews à TV5 Monde, à France24 et Radio France Internationale.

Krikor Amirzayan

posté le 7 juillet 2018 par Krikor Amirzayan/armenews


Cinéma
Le film « Les Visiteurs » produit par Alain Terzian sur les Champs Élysées en plein air

Le dimanche 1er juillet 1700 spectateurs, tirés au sort par la Mairie de Paris, auront le plaisir et le privilège d’assister à la projection du film culte « Les Visiteurs », produit par Alain Terzian en 1993.

C’est dans le cadre de la “piétonnisation mensuelle“ de la plus belle avenue du monde que cette projection a été organisée en plein air.

Le film de Jean-Marie Poiré, avec Christian Clavier et Jean Reno, est arrivé en tête lors d’un vote organisé sur le site de la Mairie, devant « La Folie des Grandeurs » de Gérard Oury et « La Gloire de mon Père » d’Yves Robert.

« Les Visiteurs » ont cumulé plus de 14 millions de spectateurs, se plaçant ainsi à la cinquième place des films ayant engrangé le plus d’entrées derrière « Bienvenue chez les Ch’tis », « Intouchables », « La Grande Vadrouille » et « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ».

posté le 25 juin 2018 par Jean Eckian/armenews
THEMES ABORDES : Cinéma  Image 450  Paris 


PARIS
Rencontre avec Claude Mutafian à l’occasion de la sortie de son dernier livre

A l’occasion de la sortie de son ouvrage La Saga des Arméniens de l’Ararat aux Carpates, rencontre avec Claude Mutafian.

Parmi les nombreuses diasporas arméniennes, celle d’Europe carpatique est particulièrement méconnue. Pour diverses raisons, un processus d’assimilation était en cours chez ces Arméniens de Roumanie, d’Ukraine occidentale et de Pologne, mais depuis la chute des régimes communistes on assiste à une vague de « revendication d’arménité ». Parallèlement, un intérêt croissant pour les études arménologiques se fait sentir dans les milieux académiques et artistiques de ces pays. Il est donc temps de se pencher sur cette page d’Histoire : quand et pourquoi des communautés arméniennes se sont-elles installées dans cette région, quels itinéraires ont-elles suivis, quels rapports ont-elles eus avec les autres groupes ethniques, qu’ont-elles apporté aux cultures locales ?

On a cherché à concilier deux exigences : la rigueur scientifique et une présentation attrayante. Pour la première, les affirmations sont systématiquement accompagnées, en note, de la référence des sources et éventuellement de compléments bibliographiques.

Quant à la seconde, elle repose sur une iconographie abondante et de qualité. Ainsi, plutôt que de donner dans le texte les sources premières - inscriptions, pages manuscrites ou imprimées - on a, autant que possible, reproduit les originaux, parfois des merveilles de calligraphie, avec en légende leur traduction et les commentaires adéquats. Quant aux monuments, il est intéressant de comparer des photographies actuelles avec des vues ou des gravures anciennes. Des tableaux, des portraits, des miniatures, des objets d’art, des cartes historiques ou encore des monnaies ajoutent une touche d’authenticité et permettent de donner en légende des compléments utiles.

Mathématicien et historien, Claude Mutafian est professeur agrégé de mathématique. Il a enseigné cette discipline à l’Université Paris XIII et dans diverses universités étrangères. Après la publication de plusieurs livres d’algèbre, il se consacre depuis 1980 à l’histoire, et plus spécialement aux relations de l’Arménie avec ses divers voisins au fil du temps. Docteur en histoire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de ce pays, dont, publiés aux Belles Lettres, L’Arménie du Levant (2012) et La Saga des Arméniens de l’Ararat aux Carpates (2018).

Rencontre avec Claude Mutafian le mercredi 20 juin à 19h à la Librairie Guillaume Budé - 95 bd Raspail, Paris 6e. Entrée gratuite.
Réservation conseillée au 01 44 39 84 21 ou librairie@lesbelleslettres.com.
Retrouvez tous les détails sur www.librairieguillaumebude.com

posté le 13 juin 2018 par Claire/armenews


PARIS
Nouvelles d’Arménie Magazine a fêté ses 25 ans !

Nouvelles d’Arménie Magazine a 25 ans ! Et toute la rédaction a célébré cet anniversaire symbolique le jeudi 7 juin lors d’une soirée mémorable au restaurant l’Etable Saint-Germain dans le 6e arrondissement de Paris, en compagnie de ses collaborateurs, de ses amis, de ses soutiens, de ses annonceurs et de quelques uns de ses fidèles abonnés.

Ara Toranian, fondateur et rédacteur en chef du magazine, a remercié les 150 personnes présentes, et notamment Alain Mikli qui les accueillait dans son nouveau restaurant. “Pourquoi nous avons fait ce journal ?, a-t-il déclaré. Dans un soucis d’indépendance. Et aujourd’hui nous sommes dans une seconde Révolution qui, je crois, redonne encore plus de légitimité à nos fondamentaux“. Ajoutant que ces événements récents permettaient “un second souffle à l’Arménie, à la diaspora, et aux Nouvelles d’Arménie“. Concluant sur une citation de Victor Hugo : “La souveraineté est l’âme du pays. Elle se manifeste sous deux formes : d’une main, elle écrit, c’est la liberté de la presse ; de l’autre, elle vote, c’est le suffrage universel“. Faire les NAM, c’est donc aider à son échelle à la souveraineté de l’Arménie.

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Puis la nouvelle ambassadrice d’Arménie en France, Hasmik Tolmajian, a pris la parole pour souligner le rôle particulier que joue les Nouvelles d’Arménie depuis un quart de siècle. “C’est aussi pour accompagner, pour soutenir, encourager les premiers pas - ces derniers jours on aurait dit les premières marches - de la République arménienne. Nouvelles d’Arménie magazine a fait cela avec détermination, et beaucoup de professionnalisme“. Avant de partager une anecdote personnelle : “J’ai été une fidèle lectrice, lorsque j’étais étudiante en Arménie. Et c’est avec beaucoup de chaleur que je me souviens encore quel plaisir j’avais de toucher le numéro quand j’arrivais à me le procurer, de le feuilleter, et de découvrir des choses qui ne pourraient pas être publiées en Arménie“. Avant de finir son discours par ces mots plein d’espoir : “Merci pour cette vision, pour cette audace, pour l’espoir que vous transmettez. Et je vous souhaite, et je nous souhaite à tous, que vous ayez beaucoup de nouvelles encourageantes à partager avec nous“.

Voici quelques photos de l’événement :

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posté le 11 juin 2018 par Claire/armenews

Texte : Claire Barbuti Photos : Claire Barbuti et Jean Eckian



PARIS
Projection du film Kiko born through silence en présence d’H. Gasparyan
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A l’occasion de la dernière scène ouverte de la saison 2017/2018 du Performing Arts Department de l’UGAB France, projection du documentaire de Hasmik Gasparyan Kiko Born through Silence et du film d’animation Kiko de Naira Muradyan le 13 juin 2018 à 20h00 au Centre Culturel Alex Manoogian de l’UGAB Paris (118 rue de Courcelles, 75017 Paris). Entrée libre, réservations à : pad-france@ugabfrance.org

Hasmik Gasparyan est née à Erevan. Elle a 10 ans d’expérience dans la réalisation à la télévision arménienne. Son parcours dans les médias est riche, couvrant à la fois la pratique et la théorie, de la production de films à l’analyse critique du cinéma. Elle obtient une licence dans la réalisation de longs métrages à l’université pédagogique d’Etat d’Erevan et une maîtrise du film documentaire à l’université Goldsmiths de Londres (Royaume-Uni).

Hasmik Gasparyan est impliquée dans le domaine de la création sonore au cinéma en tant que doctorante en 3e année à l’Université d’York au Royaume-Uni. Ses documentaires et ses projets médias ont été présentés lors de différents festivals internationaux en Arménie, en France, au Japon, en Turquie et au Royaume-Uni.

Plus d’infos :
Lien du site : http://ugabfrance.org/events/scene-ouverte-avec-hasmik-gasparyan/
Lien Facebook : https://www.facebook.com/events/216690615774015/

posté le 6 juin 2018 par Claire/armenews
THEMES ABORDES : Paris 


TENNIS
Après avoir sorti L. Pouille, Karen Khachanov perd face à A. Zverev

Hier, la tête de série numéro 2 de Roland Garros a battu Karen Khachanov en 3h29 minutes et cinq sets (4-6, 7-6, 2-6, 6-3, 6-3). Une bataille âpre entre les deux joueurs.

Le Russo-Arménien n’ira pas plus loin que les 8e de finale, comme l’année dernière. Contre le Français Lucas Pouille, Karen Khachanov avait surclassé le match (6-3, 7-5, 6-3 en 2h24). A 22 ans, il allait ainsi disputer son deuxième huitième de finale en Grand Chelem, et le deuxième de suite... à Roland-Garros ! L’an dernier, il avait été stoppé net par Andy Murray. Fort de cette expérience, le Moscovite pouvait espérer poser davantage de problèmes à Alexander Zverev, pas impérial depuis le début de la quinzaine...

Et des problèmes, il en a sévèrement posé à son adversaire, mais il n’a pas réussi à être présent dans les moments clés. Si ses puissances gifles en coup droit étaient diablement efficaces, il a sombré quand la pression était trop forte : dans le tie-break du deuxième set, où il n’a pu tenir sa mise en jeu (7-4) ; au début et à la fin du quatrième, quand il a manqué ses quatre balles de break ; au début du cinquième, quand le 3e joueur mondial, surchauffé par le public du Suzanne Lenglen, a d’entrée pris son service pour ne plus jamais regarder dans le rétro. Karen Khachanov, qui jouait son deuxième huitième de finale consécutif à Roland (en autant de participations), a pourtant fait jeu égal avec le jeune prodige dans quasiment tous les secteurs du jeu - le service, le retour, les points gagnants. Mais il n’aura pas saisi les opportunités qui se sont présentées à lui (5 balles de break converties sur 17) pour prendre l’ascendant... Rendez-vous l’année prochaine pour, pourquoi pas, enfin atteindre les quarts de finale.

posté le 4 juin 2018 par Claire/armenews


PARIS
Les portraits envoûtants de l’Egyptien Chant Avedissian à la Philharmonie

Jusqu’au 19 août, les voix et musiques du monde arabe retentissent entre les murs de la Philharmonie de Paris, à la manière d’un voyage visuel et sonore dans le temps : des chants préislamiques à Oum Kalthoum en passant par la récente trap maghrébine, l’exposition passe en revue 
les courants musicaux qui ont bercé les Arabes, du Maghreb à la Syrie.

Entre tant d’autres merveilles, on découvre dans la salle “L’égypte mère du monde” de nombreux portraits de chanteuses, actrices, danseuses et musiciens, réalisés par l’artiste égyptien d’origine arménienne, Chant Avedissian. Particulièrement préoccupé par l’avenir du monde arabe et la disparition possible de sa culture au moment de la guerre du Golfe en 1991, Chant Avedissian entame alors cette série de portraits associés à des scènes de la vie quotidienne où affleure l’idéal socialiste prôné par Nasser. Réalisée au pochoir d’après des photographies anciennes, cette œuvre offre une vision kaléidoscopique de l’Egypte des années 1950 : à la fois populaire, glamour, révolutionnaire, patrimoniale et politique, marquée avant tout par le pouvoir de l’image.

“Al Musiqa. Voix et musiques du monde arabe“
Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean Jaurès, Paris-19e - 01 44 84 44 84
Jusqu’au 19 août

posté le 3 juin 2018 par Claire/armenews


NAM
Débat à l’Assemblée nationale : les 100 ans des Républiques du Sud Caucase

A l’initiative des Nouvelles d’Arménie Magazine et à l’invitation du député Jacques Marilossian, président du groupe d’amitié France-Arménie, s’est tenue le 28 mai dernier une conférence à l’Assemblée nationale. Le thème : le centième anniversaire de la naissance des Républiques du Caucase du Sud, et leur héritage sur les sociétés actuelles. Durant cet après-midi de réflexion ont pris la parole Charles Urjewicz, professeur émérite à l’Inalco, Jean Radjanyi, professeur de géographie de la Russie à l’Inalco, et Gaïdz Minassian, journaliste au Monde et professeur à Science Po, en salle Colbert, devant près de 80 personnes attentives, qui ont pu poser leurs questions aux trois spécialistes. A noter que deux intervenants n’ont pas pu être présents, Claire Mouradian étant dans la délégation officielle du ministre Jean-Yves Le Drian au même moment en Arménie ; alors que Bernard Kouchner n’a finalement pas pu venir à cause des grèves Air France.

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Il y a cent ans, en mai 1918 et alors que la Première Guerre mondiale perdurait en Europe et au Proche-Orient et quelques mois après la révolution bolchevique d’octobre 1917, on assistait dans le Caucase du sud, à la création de 3 Républiques indépendantes nées sur les décombres d’une éphémère République fédérative transcaucasienne réunissant les trois principales composantes nationales. Le 26 mai, la Géorgie, alliée de l’Allemagne, quitte la fédération en premier et proclame son indépendance ; le 27 mai, l’Azerbaïdjan, allié de l’Empire ottoman, emboîte le pas aux Géorgiens. Et enfin, le 28 pour l’Arménie, alliée des forces de l’Entente, qui finalement n’a plus vraiment le choix. Trois dates qui vont marquer les esprits des trois nations avant de connaître, dès 1920, un destin commun au sein de l’Union soviétique, avant de recouvrir leur souveraineté en 1991 lors de la chute de l’Union et la fin de la guerre froide. Des points communs d’un siècle à l’autre, bien entendu, mais il existe, également beaucoup de différences entre ces deux périodes et ces trois Etats qui célèbrent cette année le 27e anniversaire de leur indépendance.

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C’est ce qu’a tout d’abord montré Charles Urjewicz, spécialiste de la Géorgie. La réalité de la guerre de 1918 a frappé en plein visage cet Etat, qui proclame son indépendance le premier, aidé par l’Allemagne. Avec l’idée de créer un Etat national, mais surtout un Etat démocratique : “l’utopie de construire un ensemble démocratique, sinon fraternel, en tout cas bienveillant“. Malgré ses erreurs, un Etat viable aurait pu être mis en place, mais trop de difficultés se sont dressées face à lui : mis de côté par les Alliés, il doit en plus faire face à des problèmes territoriaux en Abkhazie ou en Ossétie du Sud. Si ces problèmes sont toujours d’actualité aujourd’hui, Charles Urjewicz a tenu à finir sur une note optimiste, mettant en avant les changements démocratiques importants de ces dernières années de la Géorgie, qui se rapproche de l’UE.

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Jean Radvanyi a ensuite pris la parole pour parler de l’Azerbaïdjan et de cette “République démocratique“ mis en place le 28 mai et dissoute moins de 2 ans après. Si le Conseil national d’Azerbaïdjan voulait aussi une démocratie, très vite les tensions apparaissent et a lieu un pogrom anti-musulman. Cette République n’aura pas le temps de se créer une Constitution. Selon le spécialiste Jean Radvanyi, deux réflexions sont importantes lorsque l’on réfléchit à l’Azerbaïdjan. Tout d’abord, il faut s’interroger sur le rôle du pétrole : certes, depuis la fin du 19e siècle, c’est un facteur de puissance, mais c’est également une source d’inégalité de croissance, de corruption... De plus, la question territoriale reste majeure : “au cours des 2 derniers siècles, la plupart des décisions ont été soumis à des pressions extérieures“, a rappelé Jean Radvanyi.

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Puis Gaïdz Minassian a parlé de l’Arménie, mettant en exergue 4 mots importants lorsqu’il s’agit de comparer les deux époques. Tout d’abord, le mot “guerre“ : le contexte de Première Guerre mondiale avec son jeu d’alliance, les guerres régionales mais aussi le climat de guerre que l’on retrouve aujourd’hui (il faut rappeler que les blocus turc et azerbaïdjanais sont un acte de guerre). Le second mot, c’est le “génocide“, et la question des réfugiés que cela induit. Le troisième, c’est “Empire“ : le Caucase du Sud est entre trois Empires (russe, ottoman, perse). Gaïdz Minassian a expliqué : “Ils sont en pleine chute, et les trois peuples du Caucase du Sud vont jouir d’un héritage inégale : Bakou est une capitale industrielle, Tbilissi aussi, mais l’Arménie n’a pas de centre industriel à l’époque (les premières réunions de la République ont même lieu à Tbilissi)“ ; ce qui a changé aujourd’hui puisque Erevan en est un. Enfin, le dernier mot est “dirigeant“ : ceux des trois Républiques se connaissent et s’apprécient, ils ont été formés dans les mêmes écoles, sont issus d’un mouvement de libération. Leur idée commune : le progrès, la socialisation. D’où une divergence par rapport à l’époque contemporaine : cette éthique, ce respect de la valeur humaine, c’est quelque chose qu’on a du mal à percevoir dans la caste politique à partir de 1991. De 1991 à 2018, on était dans une conception instrumentaliste du pouvoir, d’où l’absence de confiance entre la population et le régime. Mais avec Nikol Pachinian et la mise en avant de son slogan “Nous sommes les maîtres de notre pays“ est célébrée l’idée que les choses se décident dans le pays, avec le peuple, en toute autonomie.

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Après ces trois exposés très vivants, des débats ont pu être lancés. Le premier a concerné la Révolution de velours arménienne : peut-elle être un exemple pour ses voisins, un moteur de changements dans l’ensemble du Caucase ?Les Géorgiens vous diront qu’ils l’ont déjà fait, eux !“, a commenté Charles Urjewicz, parlant de 2003 et l’arrivée de Mikheil Saakachvili. “Avant cette Révolution, la Géorgie était celui qui s’en sortait le mieux, avec un système démocratique qui fonctionnait aussi bien qu’il pouvait“, a continué le spécialiste, concluant sur le fait que, si l’Arménie ne sert pas d’exemple, elle pourrait en tout cas être un partenaire vertueux. Un avis partagé par Gaïdz Minassian : “Je ne pense pas à un modèle, mais en tout cas une dynamique. Pour l’Azerbaïdjan en tout cas, quand on parle à certains Azerbaïdjanais de France, il y a un espoir...“. Pourtant pour Jean Radjanyi, cela pourrait entraîner un renforcement des législations pour empêcher que tel ou tel segment de l’opposition se développe là-bas.

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Puis le débat s’est tourné vers l’idée de fédéralisme : est-ce que cela peut être encore une source d’inspiration aujourd’hui ? Les trois spécialistes étaient d’accord : si c’est une belle idée sur le papier, cela reste difficile de la pratiquer... “Si on l’entend à l’ensemble des Etats, je n’y crois pas, d’autant plus que c’est connoté négativement depuis l’URSS, a confié Jean Radjanyi. Mais telle ou telle forme de fédéralisme pourrait être une solution...“. Pour Gaïdz Minassian, la clé passerait par l’autonomisation des sociétés civiles.

Il a d’ailleurs lancé un appel à la diaspora arménienne qui a désormais son rôle à jouer depuis l’arrivée de Pachinian : “J’invite la diaspora à aller investir sur place, et non à exporter sa mémoire, son savoir - Ce n’est pas ça qui fait vivre !“. Pour Jean Radjanyi, une grande différence existe entre l’Arménie et la Géorgie d’un côté, et l’Azerbaïdjan de l’autre : dans ce dernier, l’évolution ne se fera pas sur le plan politique, mais peut-être plutôt sur le plan économique.

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Après une tentative de perturbation par une personne azerbaïdjanaise présente dans la salle, Jacques Marilossian a conclu ce débat enrichissant, pédagogique et objectif. “Ce qui me semble le plus marquant, c’est ce rapport à l’autre, a déclaré le député. L’histoire de ces trois Républiques est construite sur une lutte pour une reconnaissance matérielle, des frontières mais aussi symbolique“. Ajoutant : “Mais aussi dans un rapport à l’autre : est-il mon allié ? Mon adversaire ? Qu’attendre de lui ?“. Laissons l’avenir répondre à cette question...

posté le 2 juin 2018 par Claire/armenews

Texte et photo : Claire Barbuti



PARIS
Don Quichotte Flamenco : hommage à Brel, avec Mika Apamian

Comédie musicale en 12 tableaux, un cheval et quelques batailles... Hommage à Jacques Brel dans un spectacle étonnant.

Le spectacle adapte dans les grandes lignes L’homme de la Mancha, numéro lui-même adapté en 1968 par Jacques Brel après l’avoir découvert à Broadway en 1967. Sur scène, une troupe de comédiens ambulants dresse ses tréteaux sur la place d’un village. Après la traditionnelle parade destinée à enflammer l’imagination des spectateurs sur une scène de fortune, la troupe conte avec fougue passion, guitares et chansons (Cie Tchanelas - Flamenco) quelques-unes des folles et cocasses aventures du “chevalier errant à la triste figure, Don Quichotte de la Mancha et son fidèle valet Sancho Pansa“.

Tragédies et comédies, contes et merveilles, épopée picaresque qui, à l’ombre du cheval de Don Quichotte, retrouvent la magie des romans de chevalerie : batailles contre les moulins à vent, chansons à boire, beuveries dans les auberges borgnes, gentes dames et vulgaires catins, soudards avinés et fieffés coquins, princesses inaccessibles...

Sur scène et dans les coulisses, à travers aventures et chansons, les comédiens jouent une fois encore “la comédie de la vie“ sous le regard inflexible et pur de Don Quichotte de la Mancha. À la poursuite éternelle de la gloire et de l’inaccessible Etoile...

Une des révélations de ce spectacle est Mika Apramian, dont le premier album était paru en 2014 sous le titre L’Année Du Taureau. D’origine arménienne, il entend dans son enfance les musiques de ce pays, ainsi que celles de la Grèce, pays dans lequel son père est né. Jean Ferrat, Johnny Clegg, Giorgos Dalaras, et le Top 50 constituent la bande originale de ses premières années.

Spectacle au théâtre du Gymnase à Paris jusqu’au 3 juin 2018

posté le 31 mai 2018 par Claire/armenews