Nouvelles d'Arménie
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Karabagh


REVUE DE PRESSE
Hovhannès Guévorkian la voix francophone du Haut-Karabakh

Depuis 1994, les Russes empêchent Arméniens et Azerbaïdjanais de s’entretuer dans cette région séparatiste. Mais les tirs n’ont pas cessé. Le Haut-Karabakh ne survivrait pas, dit-on, sans le soutien militaire et économique d’Erevan qui assure la totalité des dépenses militaires et près de la moitié du budget de fonctionnement. Mais qui sont les habitants du Haut-Karabakh et quelles perspectives ont-ils ? Quelle place occupe la Francophonie ? Hovhannès Guévorkian, représentant du territoire en France répond.

posté le 29 juin 2017 par Stéphane/armenews
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ARTSAKH-LA REPONSE DE L’ARMEE ARMENIENNE
L’Armée arménienne a mis hors d’usage plusieurs positions azéries d’où partaient des tirs en direction de l’Artsakh (Haut-Karabagh)

Le 16 et 17 juin 4 soldats Arméniens tous âgés de 20 ans étaient tués par des tirs azéris en Artsakh (Haut-Karabagh). L’Azerbaïdjan n’avait pas hésité à utiliser une nouvelle fois des canons ou des chars contre des positions arméniennes. Le ministère arménien de la Défense avait alors promis « une réponse démesurée » à cette attaque azérie. Dans la nuit du 21 au 22 juin, l’Armée arménienne interceptait un commando azéri qui tentait de s’infiltrer dans les positions arméniennes tuant au minimum 4 Azéris. Mais la réponse arménienne aux attaques azéries allait continuer les jours suivants. L’Armée arménienne a bombardé nombre de positions azéries près de la frontière avec l’Artsakh d’où l’ennemi tirait en direction des soldats Arméniens.

De nombreux sites arméniens ont diffusé les images du ministère arménien de la Défense, montrant clairement et sur plusieurs angles les bombardements arméniens sur ces positions azéries, mettant hors d’usage, canons, véhicules, matériel militaires et tuant quelques soldats azéris qui avaient bombardé des positions arméniennes.

Bakou ne devrait pas ignorer que l’Armée arménienne peut perdre quelques hommes mais elle a la supériorité et l’invincibilité par sa parfaite maîtrise du terrain et la détermination de ses soldats. Face à des soldats azéris peu motivés par cette guerre contre l’Artsakh indépendant depuis un quart de siècle et territoire arménien depuis la nuit des temps.

D’ailleurs les Arméniens peuvent revendiquer d’autres territoires arméniens de l’Azerbaïdjan actuel. Parmi ces derniers, Gandja (ex-Kirovabad) la deuxième ville de l’Azerbaïdjan, appelée Kandzak faisait partie de l’Arménie historique...

Krikor Amirzayan (Գրիգոր Ամիրզայեան)

posté le 27 juin 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
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AZERBAÏDJAN
Un nouveau lot d’armes russes pour l’Azerbaïdjan

Les livraisons d’armements russes à l’Azerbaïdjan, après avoir observé une pause, ont repris de plus belle, réactivant la méfiance de l’Arménie, qui a régulièrement dénoncé les contrats juteux de ventes d’armes liant Moscou à Bakou. La Russie a ainsi fourni à l’armée de Bakou un nouveau lot de missiles anti-tanks, conformément il est vrai aux accords conclus entre Moscou et l’Azerbaïdjan, qui avaient fait l’objet, en 2016, de critiques toujours plus vives de l’Arménie, qui estime qu’une telle coopération est contraire et nuisibles aux liens de partenariat politique, économique, militaire et stratégique, qui l’unissent à la Russie, au sein de différentes alliances, comme l’Union économique eurasienne ou encore l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire comprenant 6 ex-Républiques soviétiques dirigée par la Russie, dont l’Arménie assume la présidence depuis le début de l’année.

Le ministère azerbaïdjanais de la défense a diffusé ce weekend la vidéo d’une dizaine de missiles à système de guidage autopropulseur de type Khrizantema-S débarqués des flancs d’un cargo russe sur les quais du port de Bakou sur la Mer Caspienne. Le système de type Khrizantema-S est à même de détecter et de détruire des tanks, des véhicules blindés, des positions fortifications au sol et même des appareils volant à basse altitude, avec des missiles guidés. Ce système équipe les Forces armées de Russie depuis 2005. L’Azerbaïdjan aurait déjà reçu 10 systèmes de ce type en 2015, et aurait passé commande à la Russie pour en être équipé en 2014.

Les hautes autorités militaires d’Arménie se sont abstenu de tout commentaire lundi 26 juin concernant cette dernière livraison d’armements russes, qui plus est sophistiqués, à l’adversaire azéri. Le ministre arménien de la défense Vigen Sargsian s’est contenté d’annoncer qu’il donnerait une conférence de presse cette semaine. “C’est aux autorités politiques qui sont en charge de cette question qu’il revient de réagir et elles le feront”, a déclaré pour sa part le colonel général Movses Hakobian, chef d’état major des armées arméniennes, qui s’exprimait sur les ondes du service arménien de RFE/RL (Azatutyun.am).

La Russie a vendu pour quelque 5 milliards d’armements, tanks, pièces d’artillerie lourde et autres équipements militaires à l’Azerbaïdjan dans le cadre des contrats signés en 2009-2011 dans le domaine de la défense entre Moscou et Bakou. Selon le Registre des Nations unies sur les armements conventionnels, la Russie aurait livré 6 systèmes d’artillerie lourde à l’armée azerbaïdjanaise en 2016 dans le cadre de ces accords. Les armes russes équipant l’armée de Bakou ont notamment été utilisées lors de l’offensive meurtrière lancée par les troupes azéries contre les forces arméniennes stationnées sur la « Ligne de contact » du Haut Karabagh en avril 2016 ; leur utilisation manifeste par les forces azéries durant cette « guerre des 4 jours » avait contraint les dirigeants arméniens à durcir leurs critiques à l’encontre de leur allié russe, accusé parfois de trahison.

Les autorités arméniennes, qui avaient déjà dénoncé à plusieurs reprises et en vain la coopération militaire entre la Russie et l’Azerbaïdjan, ainsi que le manque de solidarité de la Russie et de leurs autres partenaires au sein de l’OTSC face aux provocations militaires de Bakou, avaient alors clairement affirmé que ces livraisons d’armes à l’Azerbaïdjan allaient à l’encontre des termes de l’alliance militaire entre la Russie et l’Arménie et ne faisaient qu’encourager Bakou dans ses tentatives de trouver une solution militaire au conflit du Karabagh.

Le premier ministre russe Dmitry Medvedev avait rejeté les critiques arméniennes à l’issue d’une visite officielle à Erevan en avril 2016, après ce brusque regain de tensions auquel la riposte armée arménienne, ainsi que la médiation russe, avaient mis un terme. Le premier ministre russe avait alors souligné que le Russie fournissait des armes tant à l’Arménie qu’à l’Azerbaïdjan et s’employait ainsi à préserver l’“équilibre militaire” dans un conflit dans lequel la Russie joue par ailleurs le rôle de médiateur, en qualité de coprésidente du Groupe de Minsk de l’OSCE. En août 2016, le président russe Vladimir Poutine avait de la même manière, rejeté les accusations selon lesquelles Moscou accroîtrait, par ses ventes d’armes, le risque d’une nouvelle guerre autour du Karabagh.

S’exprimant après des entretiens au Kremlin avec son homologue arménien Serge Sarkissian, V.Poutine avait déclaré que l’Azerbaïdjan, fort de la manne financière que lui assurent ses abondantes réserves énergétiques, aurait pu se procurer ses armements offensifs auprès d’autres pays, sur un marché international des armes où la concurrence est rude. Rappelant l’aide militaire importante que la Russie accorde à son allié arménien, qui en faisait d’ailleurs la démonstration lors du défilé militaire de septembre 2016 à Erevan où l’armée arménienne exhibait notamment les missiles balistiques de type Iskander nouvellement fournis par la Russie, le président russe avait donc laissé entendre que les ventes d’armes russes à Bakou seraient aussi un moyen de garder le contrôle sur l’évolution du conflit et d’empêcher son embrasement.

Il n’empêche que l’annonce de cette nouvelle livraison d’armes russes à l’Azerbaïdjan coïncidait avec un nouveau regain de tensions sur la ligne de front arméno-azérie, où les provocations de l’armée de Bakou devaient coûter la vie à trois autres soldats arméniens.

posté le 27 juin 2017 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Azerbaïdjan  Karabagh  Russie 


FRANCE
Le Cercle d’Amitié France-Artsakh salue les élections législatives françaises

Le Cercle d’Amitié France-Artsakh salue la tenue exemplaire des élections législatives qui se sont déroulées ces deux dernières semaines en France ainsi que la nouvelle Assemblée nationale qui en découle. Il rappelle que la République d’Artsakh, à travers les diverses politiques qu’elle mène, a le plus souvent pris pour modèle la démocratie française et qu’elle s’efforce d’amener ses propres institutions au niveau des plus hauts standards démocratiques européens.

« Nous nous réjouissons de la réélection de plusieurs de nos membres et notamment de Guy Teissier, Vice-président de notre Cercle, de Valérie Boyer, de Françoise Dumas, de Geneviève Lévy, de Damien Abad, de François-Michel Lambert et de François Pupponi. » a déclaré François Rochebloine, le Président du Cercle d’Amitié qui s’est aussi félicité du succès de Luc Carvounas, « également membre, sénateur devenu député lors de ces dernières législatives ».

Le Président du Cercle d’Amitié a par ailleurs salué l’action de ceux de ses membres qui ont été défaits ou qui ne se sont pas représentés lors de ces élections et s’est dit confiant dans le fait que « cela n’entamera ni leur investissement dans la vie publique nationale, ni leur attachement à la démocratie artsakhiote ».

François Rochebloine a conclu ses propos en rappelant que le Cercle reste ouvert à tous les élus français et qu’il accueillera favorablement « les nouveaux députés et les initiatives qu’ils pourront prendre en faveur de la paix, de la justice et de la démocratie dans le Sud Caucase ».

posté le 25 juin 2017 par Stéphane/armenews

Le Cercle d’Amitié France-Artsakh a été créé le 19 mars 2013. Il regroupe aujourd’hui une soixantaine de responsables politiques (députés, sénateurs, maires et autres élus). Le Cercle a pour objectif de soutenir l’action du Groupe de Minsk de l’OSCE (ce Groupe coprésidé par la France, les Etats-Unis et la Russie, est chargé de médiation pour trouver une solution au conflit du Karabagh), de sécuriser les peuples de la région, de rompre l’isolement international du peuple d’Artsakh et de favoriser un espace de dialogue et d’échanges entre les peuples du Caucase du Sud.

THEMES ABORDES : Karabagh 


ARTSAKH
Les Etats-Unis et l’UE exhortent à une désescalade au Haut Karabagh

Les États-Unis et l’Union européenne se sont déclarés très préoccupés par les derniers combats mortels au Haut-Karabakh, affirmant que les parties au conflit arméno-azerbaïdjanais devraient prendre d’urgence des mesures pour renforcer le régime du cessez-le-feu.

« Les États-Unis sont profondément préoccupés par les récentes violations du cessez-le-feu, qui ont entraîné de multiples pertes sur la ligne de contact au cours de la semaine dernière », a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’État américain, dans un communiqué publié mercredi.

« Nous exhortons les parties à éviter l’escalade et encourager l’examen immédiat des mesures visant à réduire les tensions le long de la ligne de contact et la frontière internationale entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan », a-t-elle déclaré.

« L’Union européenne attend une désescalade et de la retenue dans les actes comme dans les mots », a déclaré jeudi un communiqué séparé publié par un porte-parole de l’UE.

La déclaration de l’UE est venue peu de temps avant que l’Armée de Défense soutenue par les Arméniens du Karabakh ait tué quatre soldats azerbaïdjanais en repoussant l’attaque d’un commando de nuit sur ses positions de première ligne, dans une section non spécifiée de « la ligne de contact ». Elle a déclaré que ses troupes n’avaient eu à dénombrer aucune victime.

Il n’y a pas eu de réaction immédiate de l’armée azerbaïdjanaise.

L’armée arménienne du Karabakh avait promis des représailles « ciblées et proportionnées » après que trois de ses soldats aient été tués par les forces azerbaïdjanaises le 16 juin. Un autre soldat arménien a été tué sur la zone de contact le lendemain matin.

Plus tôt le 16 juin, le ministère de la Défense azerbaïdjanais avait signalé que l’un de ses soldats avait été abattu par le côté arménien.

Les parties belligérantes se sont mutuellement accusées de cette escalade qui a coïncidé avec la dernière visite dans la zone du conflit des co-présidents américain russe et français du Groupe Minsk de l’OSCE.

Dans le communiqué commun publié à la fin de leur tournée régionale lundi, les trois médiateurs avaient déclaré avoir « fait appel à la direction de l’Azerbaïdjan pour éviter une nouvelle escalade. » « Les coprésidents envoient le même message à la direction de l’Arménie et à l’autorité de facto du Haut-Karabakh “, ont-ils ajouté.

Les coprésidents ont également exhorté les parties à prendre des mesures de confiance qui réduiraient les tensions sur la première ligne. Les déclarations des États-Unis et de l’UE appellent à une prise « application immédiate » de ces garanties.

Les présidents arménien et azerbaïdjanais ont accepté de laisser l’OSCE déployer davantage d’observateurs sur le terrain dans la zone de conflit et élaborer un mécanisme pour enquêter sur les violations de la trêve, lors de leurs entretiens en tête à tête il y a un an. Bakou a été réticent à mettre en œuvre ces accords, au motif qu’ils consolideraient le statu quo et l’absence de progrès vers une résolution du conflit du Karabakh.

Les États-Unis et l’UE ont également fait écho aux appels des médiateurs pour que les parties en conflit « reprennent leurs négociations sur le fond, de bonne foi et avec une volonté politique ».

posté le 24 juin 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Azerbaïdjan  Etats-Unis  Europe  Image 450  Karabagh 


EDITORIAL
Ce que l’on peut attendre d’Emmanuel Macron

La France s’est donc dotée d’un nouveau président et les législatives des 11 et 18 juin ont confirmé ce choix en accordant à son mouvement une large majorité. Emmanuel Macron aura par conséquent les coudées franches pour mettre en œuvre son programme et tenir ses promesses, pour le pays et pour ses différentes composantes, de toute nature. Gageons que les amis de la cause arménienne élus à l’Assemblée nationale, en particulier ceux qu’il a lui-même contribué à faire élire, n’hésiteront pas à les lui rappeler, dans le domaine qui leur est cher. Au besoin.

 A la lumière des propos tenus par Emmanuel Macron dans l’interview qu’il avait accordée à NAM en février 2017 , il semblerait que la nouvelle ère qui s’ouvre devant nous se situera dans le prolongement des jalons posés par Nicolas Sarkozy, et des initiatives prises par François Hollande, avec leurs zones d’intérêt (dans le domaine de la mémoire) et leurs limites, notamment sur les sujets du Haut Karabagh, de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. En ce qui concerne cette dernière, le rôle moteur qu’avait joué le gouvernement socialiste dans la relance des négociations d’adhésion à l’Europe ne restera pas au nombre des meilleurs souvenirs du quinquennat. Du moins pour la communauté arménienne qui n’acceptera jamais de vivre sous la tutelle (fut-elle partagée) d’un État négationniste à Bruxelles.

Quant à la politique socialiste sur la question du Haut Karabagh, son bilan n’est guère plus brillant. Les intérêts du complexe militaro-industriel l’ont en effet emporté sur l’obligation de réserve qui aurait dû découler, en bonne logique, du statut de médiateur de la France à la coprésidence groupe de Minsk. Conséquence : Paris a vendu des armes à l’Azerbaïdjan. Comme la Russie, même si les volumes ne sont pas comparables. En revanche Moscou avait compensé cet avantage militaire consenti à la pétro-dictature en aidant militairement l’Arménie, à moindre coût. Ce qui n’a pas été le cas de notre Etat, pour ce que l’on en sait. 

Aggravant ce déséquilibre, le Quai d’Orsay a pris l’initiative en 2015 d’isoler encore davantage la République du Haut Karabagh, en interdisant notamment aux communes françaises d’y faire des jumelages. Une mesure mal ressentie par nombre de députés socialistes (dont Bruno Le Roux, chef du groupe ps à l’AN), qui ont réagi en se rendant à Stepanakert, tandis que la diplomatie économique de Fabius fermait complaisamment les yeux sur les abominations du régime Aliev... 

Voilà donc le bilan, guère reluisant, dont va hériter Emmanuel Macron sur la question des relations avec l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh. Sa politique suivra-t-elle cette pente peu digne de nos valeurs ? On avait pu comprendre, à travers l’interview à NAM du candidat à la présidence, que son appréhension du dossier oscillait entre deux sentiments : d’un côté la perception des contraintes économico-diplomatiques inhérentes au sujet, de l’autre un tropisme favorable aux Arméniens. Sera-ce suffisant pour combler la marge de progression de la République dans ce dossier ? Faudra-t-il se satisfaire du manque d’empathie récurrent du Quai d’Orsay à l’égard des Arméniens en générale et de l’Artsakh en particulier ?

Certainement pas. Et ce pour plusieurs raisons, nonobstant la justesse intrinsèque de la cause de l’Artsakh. La première tient au fait que la France, comme nombre de nations, a une dette morale envers le peuple arménien, dont elle n’a pu prévenir l’extermination prévisible, en dépit de ses engagements diplomatiques durant le demi-siècle qui a précédé 1915. Une dette aussi, du fait de sa complaisance avec l’État criminel turc auquel elle a offert en 1939 sur un plateau le Sandjak d’Alexandrette (territoire de l’ex-Cilicie), où subsistaient encore des Arméniens.

Si l’on fait en général bonne part à l’épopée du Moussa-Dagh, au cours duquel la flotte française a sauvé 4000 Arméniens en septembre 1915, comment oublier les épisodes moins glorieux de Marach et de Hadjine en février 1920 qui ont débouché sur le massacre d’environ 20 000 Arméniens, après l’évacuation sur la pointe des pieds de l’armée française ? Et comment faire aussi abstraction du rapprochement franco-turc honteux qui avait été ourdi dans l’ombre dès les années 20, sur le dos du cadavre encore fumant du peuple arménien ? Et ce, sans parler de l’abandon du traité de Sèvres et de la signature de l’inique traité de Lausanne qui entérina la trahison envers les victimes.

Alors oui, bien sûr, la France, comme l’Allemagne, comme l’Angleterre, chacune à des niveaux différents, a des obligations morales à l’égard de la nation arménienne. Et si la reconnaissance du génocide a constitué une forme de réparation, la sécurité pour les Arméniens encore en danger sur leurs terres historiques, comme au Haut Karabagh, en constitue une autre, aujourd’hui impérative. 

Mais, la nécessité pour la France et l’Europe de protéger les Arméniens du Haut Karabagh ne relève pas uniquement du devoir moral, de la dette d’honneur. Elle procède aussi de la cohérence politique. Le droit à l’autodétermination s’inscrit dans le registre des droits de l’homme, pierre angulaire de la construction républicaine. La diplomatie française a prôné tout récemment ce principe pour toutes les régions de l’ex-Yougoslavie. L’ignorer à propos du Haut-Karabakh, participerait là encore de ce pur prosaïsme économique qui caractérise la relation entre Paris et la pétro-dictature de Bakou. Or, cynisme pour cynisme, cet opportunisme sous-tendu par une logique mercantile se justifie de moins en moins, eu égard à la crise financière de l’Azerbaïdjan et au fait que son « peak oil » est très largement derrière lui. 

Enfin, d’un simple point de vue géopolitique, la chute du verrou stratégique que représente le Haut Karabagh risquerait d’avoir un effet domino désastreux pour la sécurité de l’Europe, et donc de la France. Si, qu’à Dieu ne plaise, ce qu’il reste de la digue arménienne venait à sauter, comme s’y emploient historiquement les forces du panturquisme, le vieux continent se retrouverait dans un face à face explosif avec un espace pan turc territorialement unifié et un Moyen-Orient en butte à l’ottomanisation. Un rêve impérialiste dont la réalisation a été et demeure la clé de voûte des politiques criminelles d’Ankara envers les Arméniens, les Kurdes et les minorités.

L’Europe - et la France avec elle - peuvent-elles prendre le risque de laisser se développer cette perspective totalitaire, alors qu’elles parviennent à peine à contenir l’arrogance d’Erdogan, qui ne fait pas mystère de ses visées panturquistes et de sa volonté d’enrôler, partout où c’est possible, l’Islamisme politique sous la bannière turque ? 

Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron tendraient à montrer qu’il n’entend pas être une sorte de « capitaine de pédalo dans la tempête ». Il semble au contraire s’inscrire dans une réflexion stratégique et une vision historique, notamment à l’égard de l’Europe. Puisse cette volonté de prendre de la hauteur déteindre sur le Quai d’Orsay et l’amener à voir les choses autrement que par le petit bout de l’oléoduc...

Ara Toranian

posté le 24 juin 2017 par Ara/armenews
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FRANCE
Quatre décisions judiciaires en un an

La Cour d’Appel de Versailles a confirmé ce jeudi l’ordonnance de non-lieu prononcée l’année dernière par un juge d’instruction parisien dans une affaire de violences volontaires à l’Assemblée nationale.

Le 26 février 2013, une réunion avait été organisée salle Colbert de l’Assemblée par le BFCA (Bureau français de la Cause arménienne) et René Rouquet, Député du Val-de-Marne et Président du Groupe d’Amitié France-Arménie. Elle avait pour objet la commémoration du 25ème anniversaire des pogroms de Soumgaït. François Rochebloine, député de la Loire, participait à cette rencontre, comme d’autres collègues parlementaires et une assemblée de personnes présentes sur invitation et inscrite sur une liste déposée à l’accueil de l’Assemblée nationale. Au terme de la réunion, l’assistance fut invitée à observer une minute de silence. Deux personnes étaient restées assises. Elles furent immédiatement remarquées par l’assistance et priées de se lever. Elles refusèrent et une altercation s’en suivit. La gendarmerie fut dépêchée et des plaintes furent déposées de part et d’autres.

Il apparaissait, au cours de l’enquête, que ces deux personnes étaient Mirvari Fataliyeva, Présidente de la Maison de l’Azerbaïdjan en France, et un homme de corpulence qui l’accompagnait. Leurs noms ne figuraient pas sur la liste dactylographiée remise à l’accueil et avaient été rajoutés de manière manuscrite. Mirvari Fataliyeva portait plainte pour violences le 27 février 2013 sans pouvoir identifier d’agresseur allégué. Une semaine plus tard, le 4 mars 2013, elle déposait une nouvelle plainte, cette fois-ci en visant nommément François Rochebloine. Elle prétendait alors que le député lui aurait « tirer les cheveux ».

Dans une plainte déposée contre Mirvari Fataliyeva pour dénonciation calomnieuse, l’avocat de François Rochebloine, Maître Sévag Torossian, avait expliqué au Procureur de Paris que « l’accusation insidieuse (« tirer les cheveux ») auraient été risible s’il ne s’était agi d’une intolérable tentative de politisation consistant à mettre en cause, de manière parfaitement mensongère et calomnieuse, un élu de la République ». L’enquête est toujours en cours et pourrait être mise à jour avec la décision de jeudi.

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Maître Sevag Torossian

L’arrêt du 22 juin 2017 vient de clore une année chargée. Quatre décisions judiciaires ont été rendues dans deux affaires en apparence sans lien. Parallèlement à l’ordonnance du juge d’instruction parisien du 29 juin 2016, confirmée par l’arrêt du 22 juin 2017, un juge d’instruction de Nanterre avait également prononcé un non-lieu, suite à une déclaration du député de la Loire publiée sur le site d’armenews selon laquelle l’Azerbaïdjan se comportait « comme un Etat terroriste ». Le 9 février 2017, le juge d’instruction de Nanterre avait déclaré irrecevable la plainte de l’Etat étranger. Le 16 mai 2017, la Cour d’appel de Versailles avait confirmé cette décision.

Tout en saluant la lucidité de « tous les magistrats français qui ont eu à connaître de ces dossiers », Sévag Torossian évoque une « véritable stratégie judiciaire des milieux avertis, en France et ailleurs » qui n’est néanmoins qu’une « phase de test ». Le 5 septembre prochain, ce sont des journalistes de France 2 qui seront jugés devant le Tribunal correctionnel de Nanterre, dans une affaire de diffamation jumelle, aucune nullité de procédure n’ayant été soulevée pendant l’information judiciaire. Dans un communiqué de presse, l’avocat de l’Etat caucasien s’était en effet ému que Cash investigations présente « la République d’Azerbaïdjan comme une dictature avec un despote » et avait déposé plainte à la même époque.

Paul Nazarian

posté le 23 juin 2017 par Ara/armenews
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ARTSAKH (HAUT-KARABAGH)
Les soldats Arméniens ont repoussé en Artsakh (Haut-Karabagh) la nuit dernière un commando Azéri qui a laissé au minimum 4 morts

La nuit dernière -du 21 au 22 juin- un commando des forces spéciales azéries a tenté une incursion en territoire arménien de la République de l’Artsakh (Haut-Karabagh). Selon le ministère de la Défense de l’Artsakh la parfaite préparation des forces arméniennes ont réussi à détecter à temps cette tentative azérie d’incursion. L’Armée arménienne repoussé l’avancée du commando azéri qui compte au minimum 4 soldats tués. Des Azéris qui ont laissé sur le terrain une partie de leur matériel, récupéré par l’Armée arménienne comme la meilleure des preuves de l’attaque avortée des azéris qui tourne une nouvelle fois à l’avantage des forces arméniennes. Face aux 4 soldats Azéris tués -ou plus- les Arméniens ne comptent de leur côté aucune perte.

Krikor Amirzayan

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posté le 23 juin 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
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ARTSAKH
La croissance économique annuelle de l’Artsakh a atteint 10% au cours de la dernière décennie

La croissance économique annuelle de l’Artsakh (République du Haut-Karabagh) a été de 10% au cours de la dernière décennie, a déclaré Tigran Abrahamyan, conseiller du président de la République, sur sa page Facebook.

En 2015, a-t-il dit, le PIB par habitant s’élevait à 3 000 dollars, soit quatre fois plus que le montant enregistré en 2006.

Selon ses propres termes, la croissance annuelle moyenne des investissements a atteint 30% sur une période comprise entre 2006 et 2015.

Plus de 31,7% des investissements ont été réalisés dans l’industrie, et le ratio des investissements par rapport au PIB est de 33%.

Auparavant, Bako Sahakyan, président d’Artsakh, a déclaré qu’en dépit de toutes les difficultés, les indicateurs de développement économique projetés ont été tenus en 2016 et qu’une croissance économique de neuf pour cent a été assurée.

La croissance économique enregistrée en Arménie a été de 0,2% en 2016.

posté le 23 juin 2017 par Stéphane/armenews
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