Nouvelles d'Arménie
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Karabagh


ARTSAKH-PHILATELIE ARMENIENNE
Stepanakert émet une série de 4 timbres-poste pour le 25ème anniversaire de la République de l’Artsakh

A l’occasion du 25ème anniversaire de l’Indépendance de la République de l’Artsakh (anciennement Haut-Karabagh) la poste de l’Artsakh à Stepanakert vient d’émettre le 15 novembre une série de 4 timbres-poste dédiés à l’évènement. Chacun des timbres a une valeur de 70 drams arméniens. Ils représentent les armoiries et le drapeau de la République de l’Artsakh. En haut des timbres-poste est marqué en anglais « Republic of Artsakh » et en arménien « Artsakh ».

Krikor Amirzayan

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Stepanakert émet une série de 4 timbres-poste pour le 25ème anniversaire de la République de l’Artsakh
posté le 10 décembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Karabagh  Philatélie 


KARABAGH
Stepanakert espère voir s’ouvrir un jour la frontière entre le Karabagh et l’Iran

Dans une interview accordée au quotidien iranien “Shargh”, le ministre des affaires étrangères de l’Artsakh Masis Mayilian s’est félicité de la position équilibrée et pondérée affichée par l’Iran dans le conflit de Karabagh et a exprimé l’espoir qu’un jour viendra où la frontière que partage l’Iran et le Karabagh sera ouverte et permettra les échanges entre l’Artsakh et l’Iran. Si, durant la période soviétique, la région autonome du Haut-Karabagh était enclavée dans l’Azerbaïdjan, la guerre entre l’armée de Bakou et les forces arméniennes au début des années 1990 a changé la donne en créant une continuité territoriale entre le Karabagh et l’Arménie d’une part, et en mettant en contact, au sud, le Karabagh proprement dit et l’Iran. Située dans le prolongement, à l’Est, de la petite et

néanmoins stratégiquement et économiquement très importante frontière entre l’Arménie et l’Iran, la frontière entre le Karabagh et l’Iran, suivant elle aussi le cours du fleuve Araxe, est bien plus longue, mais totalement gelée. De même que les territoires sous contrôle arménien compris entre le Karabagh proprement dit et l’Arménie, les territoires au sud du Karabagh, également sous contrôle arménien, ont éventuellement vocation à devenir une monnaie d’échange au cas où les négociations de paix permettraient au Karabagh d’obtenir enfin un statut international. Mais pour les autorités arméniennes, à Erevan et surtout à Stepanakert, les districts environnants qui pourraient être sujets à négociations ont une indéniable valeur stratégique. Cela est d’autant plus vrai pour le district au sud du Karabagh frontalier de l’Iran, qui doterait l’Artsakh d’une ouverture sur un pays tiers.

Pour ce qui concerne l’Iran, l’extension de la frontière arménienne au dépends de l’Azerbaïdjan n’est pas pour lui déplaire ; Téhéran entretient des relations excellentes avec l’Arménie, alors qu’il se méfie de l’Azerbaïdjan et de ses velléités irrédentistes sur les territoires septentrionaux de l’Iran, peuplés majoritairement d’Azéris.

En contrôlant une partie non négligeable de la frontière qui séparait l’Iran de l’Azerbaïdjan, les Arméniens du Karabagh ont du même coup limité les contacts entre Azéris de part et d’autre de cette frontière. “Le fait que l’Iran ait voulu jouer le rôle de médiateur dans ce conflit en 1992 a montré sa volonté de maintenir la paix dans la région », a souligné M. Mayilian, en faisant état de la volonté réitérée par Téhéran de servir de médiateur. Le ministre de l’Artsakh a dans le même temps regretté que la frontière entre l’Artsakh et l’Iran reste fermée et a fait part de la volonté de son pays d’ouvrir ses frontières et d’entretenir des relations de bon voisinage avec tous les pays de la région.

“Je pense que ce sera dans l’intérêt de tous les acteurs de la région”, a ajouté le chef de la diplomatie de l’Artsakh. Interrogé sur la façon dont il appréhendait sa mission de ministre des affaires étrangères d’un Etat non reconnu comme tel par la communauté internationale, M. Mayilian a rappelé que son pays, qui a proclamé son indépendance an 1991, a toutes les caractéristiques d’un Etat, qui s’emploie à créer les conditions de son développement dans la sécurité. Il a ajouté que si l’Artsakh n’avait pas de reconnaissance international, la République de l’Artsakh n’en est pas moins “un acteur très important sur le plan militaire et politique dans la région”, et que les efforts déployés en vue de cette reconnaissance ne tarderont pas à porter leurs fruits.

Quant à l’éventualité de “restituer certains territoires” en cas d’accord de paix avec Bakou, M. Mayilian a indiqué : “Nos frontières actuelles d’Etat ne vont pas au-delà de celles de l’Artsakh historique. Bien au contraire, certains territoires de la République de l’Artsakh, comme la region de Shahumyan, et des districts des régions de Martakert et de Martuni, qui représentent quelque 15% du territoire de la République, sont toujours sous occupation de l’Azerbaïdjan”.

“Les territoires de l’Artsakh sont placés sous la juridiction de la Constitution de la République de l’Artsakh adoptée par voie de référendum, qui exprimait la volonté de notre peuple”, a ajouté le diplomate, qui a également fait le point sur le processus de paix dans le format désigné par le Groupe de Minsk de l’OSCE. Un processus spécial, a-t-il souligné, qui repose depuis 1997 sur une diplomatie visant à maintenir la poursuite des négociations en obtenant le consensus sur certaines questions.

A cet égard, il a rappelé que l’offensive lancée en avril 2016 contre le Karabagh par les forces de Bakou avait porté un coup violent au processus de paix, et n’avait fait que retarder la perspective d’un règlement diplomatique durable du conflit. “Le principal objectif aujourd’hui est de renforcer la paix et la stabilité dans la région, et c’est ce vers quoi tendent les efforts actuels de médiation”, a-t-il conclu.

posté le 10 décembre 2017 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Karabagh 


VALENCE (DRÔME)
« Apatride » le concert d’André Manoukian en première à Valence (Drôme) pour les Journées de l’Artsakh

A l’occasion des Journées de l’Artsakh en France, à la Comédie de Valence vendredi 8 dé-cembre, André Manoukian a donné un concert « Apatride » dans une salle devant plus de 700 personnes. Une avant-première pour « Apatride ».

Avant le concert, Hovhannès Guévorkian le représentant de la République de l’Artsakh en France a remercié le public et les personnalités qui ont soutenu l’Artsakh. Et notamment Nico-las Daragon Maire de Valence et Marlène Mourier Maire de Bourg-Lès-Valence présents dans la salle. Au nom du Président de la République de l’Artsakh, Hovhannès Guévorkian a remis au sculpteur Toros la Médaille de la gratitude de l’Artsakh décernée par Bako Sahakian pour l’œuvre de l’artiste et son soutien de l’Artsakh.

André Manoukian qui explore par ses racines la musique arménienne lui donnant un nouveau regard a dirigé magistralement son piano et ses musiciens. Le célèbre musicien -entre Satie et Khatchadourian- a présenté toute l’étendue de son magnifique talent. Le public qui applaudit généreusement tout au long du concert ne s’est pas trompé car la qualité et l’authenticité étaient présentes. Un véritable hommage à la culture franco-arménienne et à l’Artsakh. L’« Apatride » a ainsi trouvé plusieurs patries : la France, l’Arménie, l’Artsakh et le monde sans frontières de la musique.

Après le concert durant près d’une heure, André Manoukian très entourée par des centaines de fans s’est prêté à la séance de photos et discussions avec ce public très chaleureux.

Krikor Amirzayan texte et reportage-photos à Valence (Drôme)

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posté le 9 décembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
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CARICATURES
Sur la ligne de contact entre la République de l’Artsakh et l’Azerbaïdjan

Sur la ligne de contact entre la République de l’Artsakh et l’Azerbaïdjan

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posté le 9 décembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
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PROCÈS
Nathalie Goulet a soutenu Ara Toranian contre Maxime Gauin

En dépit de ses positions diamétralement opposées à celles d’Ara Toranian sur la question de l’Arstakh (Haut-Karabakh), Nathalie Goulet lui a apporté son soutien dans le procès que lui a intenté Maxime Gauin (voir PDF ci-dessous) et qui a connu le 28 novembre une issue positive pour le directeur de Nouvelles d’Arménie et pour Sam Tilbian.

Dans une lettre adressée le 12 octobre à la défense, la sénatrice de l’Orne, rappelant qu’elle avait voté pour la « loi égalité et citoyenneté » qui permettait de sanctionner les négationnistes du génocide arménien, a déclaré qu’elle considérait Maxime Gauin « comme un révisionniste et un négationniste » et qu’elle soutenait dans cette procédure Ara Toranian. Un engagement courageux eu égard à sa proximité traditionnelle avec la Turquie (elle a été longtemps vice-présidente du Groupe France-Turquie au Sénat) et avec l’Azerbaïdjan ( État également négationniste) dont elle est proche en tant que présidente du Groupe France-Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie). Il reste à espérer que ce positionnement qui l’honore sera entendu dans une région largement influencée par l’attitude d’Ankara sur ce sujet, et qu’il contribuera à l’évolution générale des mentalités.

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posté le 8 décembre 2017 par Ara/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Azerbaïdjan  France  Karabagh  Turquie 


DIPLOMATIE
Une rencontre « positive » entre les ministres des affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan

Les ministres des affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan se sont rencontrés dans la soirée du mercredi 6 décembre pour des discussions qu’ils ont qualifiées de “positives” sur le conflit du Haut-Karabagh. Les ministres des affaires étrangères d’Arménie Edward Nalbandian et d’Azerbaïdjan, Elmar Mammadyarov, se sont rncontrés à Vienne en vue de consolider un processus de dialogue qui avait été relancé par la rencontre à Genève il y a quelques semaines des présidents Sarkissian et Aliev. Commencé en présence des coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l’OSCE, la discussion entre les deux ministres s’est poursuivie par un tête à tête de plusieurs heures. Selon un communiqué du ministère arménien des affaires étrangères, les deux ministres ont discuté des perspectives de mise en œuvre des engagements pris par les présidents arménien et azerbaïdjanais lors de leurs trois dernières rencontres. “La rencontre d’hier avec mon homologue azerbaïdjanais s’es déroulée dans une atmosphere généralement positive”, a commenté E. Nalbandian le jeudi 7 décembre lors de la réunion annuelle du Conseil ministériel de l’OSCE, qui se tenait aussi dans la capitale autrichienne. “Reste à voir comment cela évoluera”, a toutefois nuancé le chef de la diplomatie arménienne, échaudé il est vrai par l’attitude de Bakou, qui est plus d’une fois revenu sur les engagements pris lors de sommets présidentiels. Un porte-parole du ministère azerbaïdjanais des affaires étrangères a indiqué pour sa part, que MM.Mammadyarov et Nalbandian avaient engagé “des discussions intenses et concrètes sur les propositions existantes” en vue de régler le problème du conflit du Karabagh ». “Elmar Mammadyarov a indiqué lui aussi que la rencontre avait été positive et constructive”, a indiqué le porte-parole, Hikmet Hajiyev, cité par les agences de presse d’Azerbaïdjan. M.Hajiyev a aussi indiqué que MM.Mammadyarov et Nalbandian avaient décidé de se rencontrer à nouveau “dans la seconde moitié de janvier 2018” . Le ministère arménien des affaires étrangères avait de son côté laissé entendre que les pourparlers pourraient reprendre au début de l’an prochain.

Les présidents Serge Sarkissian et Ilham Aliyev s’étaient rencontrés la dernière fois, après plusieurs mois d’efforts déployés en ce sens par les médiateurs internationaux, à Genève le 16 octobre. Ils s’étaient alors engagés à relancer le processus de paix du Karabagh et à consolider le régime de cessez-le-feu en vigueur depuis 1994. Les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l’ OSCE avaient ensuite eu des entretiens séparés avec MM.Mammadyarov et Nalbandian à Moscou le 16 novembre, pour discuter des modalités concrètes d’une mise en œuvre des arrangements conclus par les deux présidents, engagement étant alors pris pour une rencontre entre les deux chefs de la diplomatie en décembre. L’agenda fixé est donc jusqu’à présent respecté, ce qui est plutôt bon signe, avec toutefois une « improvisation » de la Russie, qui a voulu semble-t-il, accélérer le processus. Le ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov a ainsi visité Bakou et Erevan à la fin novembre. S’exprimant dans la capitale arménienne devant la presse, S. Lavrov semblait optimiste en raison de ‘l’état d’esprit positif” affiché par les présidents Aliyev et Sarkissian.

Mais il s’était gardé de se laisser aller à un excès d’optimisme quant au règlement du conflit du Karabagh, en soulignant que les « longues négociations arméno-azéries ne se finiraient pas de sitôt”. M. Lavrov avait déclaré en mars que les parties en conflit ont encore beaucoup de chemin à faire, à l’exception de “deux ou trois” éléments de la proposition du plan de paix présentée par les médiateurs internationaux au cours de la dernière décennie. Il avait pourtant souligné qu’elles s’entendaient sur les grandes lignes du plan de paix envisageant le retrait des Arméniens des “districts environnant le Karabagh” et la décision relative au statut futur du Karabagh, qui prendrait en compte l’opinion de sa population. MM. Aliyev et Sarkissian avaient été sur le point de signer un accord de paix lors du sommet de Kazan en Russie, en 2011. Mais l’Azerbaïdjan était revenu peu après sur ses engagements. M. Nalbandian a réaffirmé que l’accord propose était largement acceptable pour Erevan, dans son discours prononcé lors de la reunion de l’OSCE à Vienne. “Nous sommes convaincus qu’il n’y a pas d’alternative aux pourparlers de paix et qu’il est nécessaire de mener des négociations intensives sur la base des propositions des pays coprésidant”, a notamment déclaré le chef de la diplomatie arménienne, en rappelant que Bakou avait pour sa part “rejeté ces propositions”, conformément à sa position “intransigeante et maximaliste”.

Les médiateurs ont de leur côté mis l’accent sur un référendum par lequel la population majoritairement arménienne du Karabagh se prononcerait sur le statut futur de sa région, et sa reconnaissance internationale. Erevan et Bakou semblent pourtant encore en désaccord sur les modalités pratiques d’un tel scrutin, ainsi que sur l’agenda d’un retrait des Arméniens des territoires anciennement peuplés d’Azéris environnant le Karabagh. Le président Sarkissian avait déclaré fin octobre qu’un règlement fût-il pacifique, du conflit du Karabagh serait « douloureux » pour chaque partie. Ces propos avaient suscité certaines inquiétudes parmi les opposants au président arménien, hostiles à toute concession territoriale à l’Azerbaïdjan. Le président arménien, don’t le mandate s’achève en avril 2018, n’a eu de cesse de déclarer qu’il excluait tout règlement qui restaurerait le contrôle de Bakou sur le Karabagh proprement dit. De son côté, M. Aliyev n’a cessé de déclarer qu’il ne reconnaîtrait jamais le territoire qui a de facto fait secession de l’Azerbaïdjan.

posté le 8 décembre 2017 par Gari/armenews
THEMES ABORDES : Arménie  Azerbaïdjan  Diplomatie  Image 450  Karabagh  Russie 


ARTSAKH
La beauté de l’Artsakh
Stepanakert la capitale de l’Artsakh.
posté le 8 décembre 2017 par Stéphane/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Karabagh 


ARTSAKH
A Stepanakert le président de l’Artsakh, Bako Sahakian a honoré la mémoire des victimes du séisme du 7 décembre 1988 qui ravagea le nord de l’Arménie

Ce matin à Stepanakert (capitale de la République de l’Artsakh) le président Bako Sahakian s’est rendu au mémorial des victimes à Stepanakert pour rendre hommage aux victimes du séisme du 7 décembre 1988 -il y a 29 ans- qui ravagea le nord de l’Arménie et qui fit plus de 25 000 morts. Bako Sahakian qui était accompagné d’une délégation de personnalités du gouvernement de l’Artsakh a déposé une gerbe au mémorial. L’Arménie, l’Artsakh et la diaspora se souviennent de cette tragédie du 7 décembre 1988. Aujourd’hui dans d’autres villes d’Arménie et à l’étranger, des cérémonies marqueront ce triste anniversaire.

Krikor Amirzayan

posté le 7 décembre 2017 par Krikor Amirzayan/armenews
THEMES ABORDES : Image 450  Karabagh 


EDITORIAL
Avis de gros temps

Peut-on imaginer ce qu’aurait été le sort de l’Etat d’Israël, s’il avait été géographiquement situé entre l’Allemagne et l’Autriche en 1935 ? Eh bien, c’est un peu ce que vit aujourd’hui l’Arménie avec ses voisins turcs et azerbaïdjanais. Tandis que l’hystérie nationaliste et son corollaire négationniste n’en finissent pas de ravager les esprits dans ces deux pays, leur stratégie d’étouffement de l’Arménie se poursuit avec méthode.

L’inauguration le 31octobre de la nouvelle voie ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars, qui ambitionne de rapprocher l’Asie de l’Europe en contournant l’Arménie, constitue le dernier épisode de leur plan d’ostracisation à son endroit. Mais ce n’est pas tout. Un article du géopoliticien azerbaïdjanais Zaur Shiriyev, paru récemment dans Eurasianet.org, attire l’attention sur un autre aspect de leur politique commune, bien plus inquiétant. Elle se traduit en effet par un programme de militarisation à outrance du Nakhitchevan, cette enclave limitrophe de la Turquie et l’Iran qui avait été attribuée par Staline à RSS d’Azerbaïdjan...

Ce territoire, peuplé de près de 50 % d’Arméniens avant sa soviétisation, et qui n’en compte plus aucun aujourd’hui, est en effet en passe de devenir une véritable rampe de lancement militaire dirigée contre le pays. Fort déjà de 20 000 soldats et d’environ 400 véhicules blindés, il dispose désormais d’une nouvelle unité dans laquelle la Turquie voisine est largement présente.

Bakou y a, de plus, mis en place tout un arsenal d’armement lourd, en particulier des missiles Smerch, des T-300 Kasirga, des systèmes de lance-roquettes multiples T-122 Sakarya. Autant d’armes qui placent Erevan à porté de tir du Nakhitchevan. Une telle éventualité entraînerait certes une guerre totale, qui mettrait Bakou et ses installations pétrolières sous le feu des redoutables Iskanders arméniens, achetés l’an dernier à la Russie. Elle pourrait provoquer également l’entrée dans le conflit de cette dernière, en vertu du partenariat stratégique qui oblige les deux pays. Il n’empêche que l’extension au Nakhitchevan de la course aux armements lancée par Bakou, avec les risques de prise en tenaille qu’elle implique, constitue un nouveau défi, et de taille, pour la sécurité de l’Arménie.

Faut-il y voir, en sus de la situation au Haut-Karabagh, une cause supplémentaire de sa forte tendance à la militarisation ? En tout cas, dans ses sphères dirigeantes, l’heure n’est pas au pacifisme. Le ministre de la Défense continue à promouvoir dans ses discours et dans sa pratique le concept de « nation-armée ». Son budget pour 2018 est en augmentation de 18 %. Et Serge Sarkissian a déclaré de son côté fin octobre que la modernisation de l’armée était « l’une des plus importantes, sinon la plus importante, tâches de l’État », tandis que le parlement votait une loi durcissant brutalement les conditions du sursis pour les étudiants. Tout va donc dans le même sens. D’autant plus sans doute que depuis un peu plus d’un an le système d’alliance de l’Arménie donne des signes de flottement.

À peine a-t-on avalé la couleuvre des ventes massives d’armes russes (son principal partenaire stratégique) à l’Azerbaïdjan qu’on découvre à la faveur du réchauffement des relations entre Poutine et Erdogan, la vente de missiles russes S-400 à la Turquie (en dépit de son appartenance à l’OTAN). Ce qui est pour le moins troublant. D’autant qu’on assiste parallèlement, depuis l’élection de Hassan Rouhani à la présidence iranienne, à un rapprochement entre Téhéran et Bakou et que la diplomatie tripartite (Moscou-Ankara-Téhéran) qui s’est construite autour de la question syrienne pourrait s’étendre à d’autres domaines.

Dans ce contexte, les rumeurs relatives à un supposé plan Poutine sur le Karabagh, qu’on dit désavantageux pour l’Arménie (il n’octroierait qu’une indépendance de facto et non de jure à la RHK au sein de l’Azerbaïdjan), ne laissent pas d’interroger. Car si la Russie tire un certain profit de la guerre larvée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, selon la logique du « diviser pour mieux régner », elle pourrait aussi avoir intérêt à une « pacification » de la région, à la condition que celle-ci permette de faire revenir l’Azerbaïdjan dans son giron (notamment par son intégration à l’Union eurasienne) tout en lui donnant la possibilité de s’installer militairement autour du Haut-Karabagh dans le cadre d’une mission de maintien de la paix qui serait par exemple confiée à l’OTSC ( l’organisation du traité de sécurité collective). Tout cela n’est certes pas encore dans les tuyaux. Mais c’est dans l’air.

L’Arménie se trouve donc à nouveau dans une situation inconfortable, avec d’un côté des forces qui conspirent à sa perte et de l’autre un allié imprévisible. Dans ces circonstances, la petite ouverture qu’elle s’est créée avec l’Europe, si elle ne saurait répondre à sa problématique sécuritaire, élargit tout de même un peu son horizon et rompt l’isolement dans lequel on voudrait l’enfermer. Il n’y a rien là de très euphorisant. Mais, dans ce monde de brutes, elle n’a de toute manière pas l’embarras du choix...

posté le 6 décembre 2017 par Ara/armenews