Nouvelles d'Armenie    
Hratch Varjabedian
L’Ambassadeur turc de France nous jette le gant


Alors que le Président de la République a été officiellement investi de ses fonctions au Palais de l’Elysée, le négationnisme turc n’a pas tardé à se manifester. L’Ambassadeur de Turquie en France Tahsin Burcuoglu a confirmé l’inquiétude d’Ankara relative à la détermination du nouveau Président de la République au sujet de l’adoption d’une loi pénalisant le négationnisme du génocide des Arméniens en France. Il a considéré M. François Hollande comme étant très engagé sur cette question. Il a ainsi menacé une nouvelle fois l’Etat français en affirmant que dans l’hypothèse du vote de cette loi, les relations entre Ankara et Paris se verraient confrontées à une impasse. Enfin, Il a rappelé que l’Etat turc, le peuple turc et la communauté turque de France vont continuer à combattre contre cette loi.

La politique de l’Etat turc est dénuée de toute équivoque. Son représentant affirme de manière nette son intention de poursuivre leur ligne de conduite. Un double message de menaces y est adressé d’une part aux pouvoirs politiques français et d’autre part à la communauté arménienne.

A l’image des diverses pressions exercées par Ankara au cours des derniers mois pour contrer l’adoption de cette loi par l’intermédiaire de différents canaux et notamment celui de l’Institut du Bosphore, l’Etat turc est visiblement prêt à enclencher à nouveau le même processus d’intrusion au sein du corpus législatif français. Par conséquent, seule la concrétisation de l’engagement préélectoral du Chef de l’Etat permettrait de faire échouer cette stratégie négationniste. En outre, le Parlement devra à son tour, une nouvelle fois assurer et conserver sa souveraineté en ne cédant pas aux chantages.

Mais au-delà de toutes ces considérations politiques, bien entendu c’est la communauté arménienne qui va s’emparer à nouveau de ce dossier et relever ainsi ce défi. A l’image des combats acharnés menés par des générations successives de militants courageux, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes prêts à porter ce flambeau avec la même détermination jusqu’à son aboutissement final. Nous sommes évidemment conscients de l’inégalité des moyens financiers et humains dont nous disposons face à un Etat puissant qui consacre une part non négligeable de son énergie et de son budget national à cultiver son négationnisme. Cependant, tant que le droit et la justice constituent nos armes essentielles dans ce combat, nous parviendrons à le remporter. Certes, la Cause Arménienne ne se limite nullement à ce dossier relatif au négationnisme mais va bien au-delà. Néanmoins, ce dernier constitue le point imminent de l’ordre du jour de nos actions, et nous le mènerons jusqu’à son terme, tout en continuant la lutte pour les revendications de la Nation arménienne.

Mes chers compatriotes,
Permettez-moi de souligner un aspect important. L’objet de mon propos ne consiste pas à faire de la démagogie, loin de là mon intention. Je souhaite que l’on soit vigilant tous ensemble dans le contexte actuel qui est si différent de celui d’hier et qui est encore amené à évoluer au fil du temps. Le gant lancé par Burcuoglu s’inscrit dans la continuité de la politique de son Etat et ne fait que confirmer les inquiétudes que l’on partageait tous ensemble depuis le discours nationaliste du Premier Ministre turc le 7 avril 2010 au Zénith de Paris où il avait affirmé le projet de son Etat de structurer la communauté turque de France. Et aujourd’hui, nul besoin de lire entre les lignes pour y percevoir la déclaration de guerre d’Erdogan dans le seul but de faire stopper les réussites de la Cause Arménienne en France au cours des dernières décennies et de neutraliser l’énergie de notre communauté. Les démonstrations de force pilotées par Ankara n’ont pas manqué et la manifestation du 21 janvier 2012 à Paris a été l’indicateur le plus probant de l’extrémisme turc et de la haine anti-arménienne.

Notre Histoire a démontré maintes fois, que c’est au prix de notre union que nous avons réussi à atteindre nos objectifs. Cette fois encore, notre réussite dépendra de notre union et de notre capacité de mobilisation. Alors pour toutes les prochaines échéances qui nous attendent, soyons prêts et motivés à continuer dans l’union, relevons le gant lancé par l’Ambassadeur turc, en rangs serrés, toujours avec la même conviction et la même détermination en dépit de l’agressivité de la communauté turque de France en voie de structuration.

Hratch Varjabedian
Directeur du Bureau Français de la Cause Arménienne

mardi 17 juillet 2012,
Ara ©armenews.com


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