Nouvelles d'Armenie    
Meïr Waintrater
Ils ne sont pas pro-palestiniens, ils sont anti-israéliens


Les médias français ont relaté les aventures des militants pro-palestiniens qui ont été empêchés d’embarquer pour Tel-Aviv, parce que leurs noms figuraient sur une liste d’indésirables adressée par les autorités israéliennes. Certains, nous dit-on, envisageraient d’intenter une action en justice contre les compagnies aériennes. Je n’ai pas de conseils à leur donner, mais il me semble que, s’ils veulent manifester pour la défense des droits de l’homme, ils devraient exiger la conversion de leurs billets en vols pour Damas.

Je plaisante, bien sûr. Ils ne le feront pas, et pas seulement parce qu’ils ont peur. Ils ne le feront pas, parce que toute leur passion est mise au service de la dénonciation d’Israël. J’ai qualifié précédemment ces militants de « pro-palestiniens ». En fait, j’aurais dû dire : « anti-israéliens ». Car telle est la nature de leur combat, et c’est cela que je leur reproche.

On peut être, comme moi, partisan des droits légitimes des Palestiniens - y compris le droit à un État souverain coexistant pacifiquement avec l’État d’Israël, selon le principe « deux peuples, deux États » - et condamner vivement le comportement de ces soi-disant « pro-palestiniens ». Ils sont moins pour les Palestiniens qu’ils ne sont contre les Israéliens. Ils ne militent pas pour la réconciliation et pour la paix, ils appellent sans relâche à la haine et à l’affrontement. Il suffit, pour s’en rendre compte, de lire leurs proclamations et de consulter leurs sites Internet.

Les militants dont l’activisme se polarise sur les Palestiniens, à telle enseigne qu’ils ne rêvent que de les rejoindre par les airs ou par la mer, se sont-ils interrogés une fois, une seule, sur ce qu’éprouvent les Israéliens ? Non pas les élites du pays ni le gouvernement de Binyamin Netanyahou, que je ne cherche pas à défendre à tout prix, mais les hommes et les femmes de la rue. Se sont-ils demandé à quoi les Israéliens aspirent, ce qu’ils craignent, ce qu’ils veulent vraiment ? J’en doute.

Une telle conception du monde ne laisse pas de place à l’autre. Nos rêves de paix, ce n’est pas avec ces gens-là que nous pourrons les partager. Et pourtant, Dieu sait si la paix a besoin de bâtisseurs.

Meïr Waintrater

jeudi 14 juillet 2011,
Ara ©armenews.com


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