Nouvelles d'ArmÈnie
TURQUIE
Des dizaines de responsables prokurdes arrêtés en Turquie

lundi28 décembre 2009, par Stéphane/armenews

La police turque a interpellé des dizaines de membres ou sympathisants d’un parti politique kurde récemment interdit, parmi lesquels plusieurs maires soupçonnés de liens avec le PKK.

Selon des collaborateurs du procureur de Diyarbakir, qui a ordonné les arrestations à l’aube, 43 personnes ont été interpellées.

Elles appartenaient ou étaient sympathisantes du Parti de la société démocratique (DTP). Selon certaines sources kurdes, le nombre d’interpellations se situe entre 60 et 80, dont une dizaine de maires.

La Cour constitutionnelle a décidé le 11 décembre la dissolution du DTP, seule formation prokurde représentée au parlement turc, en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé comme organisation terroriste par Washington, l’Union européenne et Ankara.

Un avocat d’Abdullah Oçalan, chef emprisonné du PKK, figure parmi les personnes arrêtées à Diyarbakir et à Siirt, Sirnak et Sanliurfa, autres villes du sud-est de la Turquie, ainsi qu’à Istanbul et Ankara.

Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a critiqué la décision de la Cour constitutionnelle, qui a porté un nouveau coup à la candidature européenne de la Turquie.

Soucieux de faire entrer la Turquie dans l’UE, l’AKP du Premier ministre s’efforce de promouvoir les droits culturels de la minorité kurde et espère ainsi mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts en un quart de siècle.

MANIFESTATIONS

Après les interpellations, un millier de personnes se sont rassemblées pacifiquement devant la principale permanence à Diyarbakir d’un autre parti kurde, le Parti de la Paix et de la Démocratie (BDP) tandis que des députés de ce parti étaient réunis à l’intérieur.

S’adressant à la foule, le maire de la ville, Osman Baydemir, a déclaré que l’Etat turc se retrouverait sans interlocuteur si les arrestations se poursuivaient. "Si ce processus de purges continue, je le dis clairement : un jour viendra où vous ne trouverez plus personne pour lui serrer la main", a-t-il averti.

Plusieurs centaines de militants scandant leur soutien à Oçalan ont manifesté contre les interpellations à Viransehir et Sanliurfa, d’après le site internet de l’agence de presse Firat, jugée proche du PKK.

Un procureur a ouvert mardi une enquête sur Ahmet Turk, président du DTP, pour avoir dit qu’Oçalan avait conseillé, par le truchement de ses avocats, aux députés du parti de continuer de siéger en dépit de l’interdiction du parti.

Les députés, qui avaient envisagé de partir, ont annoncé vendredi qu’ils siègeraient au sein du BDP.

Le BDP est le septième parti politique kurde à avoir été créé en Turquie. Ses six prédécesseurs ont été interdits.



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