Nouvelles d'ArmÈnie
ARMENIE
Règlement de compte et chasse à l’homme en Arménie

mercredi11 novembre 2009, par Stéphane/armenews


La police en Arménie semble avoir de nouveau interrogé un grand nombre de personnes dans une tentative de pourchasser un homme d’affaires local qui est entré en clandestinité cette année après un affrontement avec le président du Parlement Hovik Abrahamian.

Les détentions massives de parents d’Hovannes Ghazarian ces récents jours ont souligné le statut de la ville d’Artashat et des villages environnants comme de facto un fief d’Abrahamian et de sa famille.

Abrahamian et Ghazarian, qui manageaient ensemble la branche Artashat de la société de distribution nationale de gaz d’Arménie jusqu’au printemps dernier, étaient en bons termes jusqu’à l’élection dans le village de Mrgavan. Leur animosité s’est enflammée suite à une confrontation violente en avril impliquant le fils d’Abrahamian et un neveu.

Les deux jeunes ont tiré une salve d’arme automatique sur la maison de Ghazarian après avoir attaqué sous l’emprise de l’alcool un taxi. Abrahamian a par la suite indiqué que son fils n’avait pas pris part aux violences mais n’a pas nié la participation de son neveu.

L’inimitié a continué quand Ghazarian et ses partisans se sont bagarrés avec un groupe d’hommes dont le fils d’Abrahamian, son neveu et des gardes du corps, dans Artashat le mois suivant. Le président, qui est une figureimportante dans le parti Républicain du Président Serge Sarkissian d’Arménie (HHK), a nié la participation de ses parents dans les heurts.

La police a tenu Ghazarian comme responsable des violences, fouillant sa maison à Mrgavan et retenant brièvement plus d’une douzaine de ses parents à l’époque. L’homme d’affaires, son conducteur et plusieurs autres associés sont depuis entrés en clandestinité.

Les membres de la famille Ghazarian ont dit que la police a commencé mardi à arrêter de nouveau des résidants et à les intimider afin qu’ils révèlent la cachette du fugitif.

« Ils ont emporté les gens toute la journée » a dit la femme de Ghazarian, Paytsar Nersisian, à RFE/RL. « Aujourd’hui ils ont emporté la soeur de mon mari et son mari, la mère et le père de mon beau-frère ».

« Hier ils ont emporté le grand-père de 78 ans de ma belle-fille » a-t-elle dit. « Ils n’ont pas produit un simple document ou rédigé un rapport [d’interrogatoire], disant qu’ils ont le droit d’entrer dans n’importe quelle maison à tout moment ».

Esfira Virabian, membre de la famille Ghazarian, a dit qu’elle n’aiderait pas la police à traquer les fugitifs même si elle savait où ils se cachent. « Pourquoi la police n’essaye pas d’examiner l’autre partie aussi ? » a-t-elle expliqué. « C’est eux qui ont tiré sur nous ».

« Ils [les fugitifs] savent que leur situation aboutira à une solution unilatérale » a dit Virabian. « C’est pourquoi ils ne sortiront pas ».

Il y a quelques jours la police a mis en place un barrage près d’une station de gaz liquéfié appartenant à Ghazarian, vérifiant toutes les voitures et les empêchant d’acheter du carburant. Un taxi transportant un journaliste de RFE/RL et un cameraman a été arrêté ».

« C’est le poste d’essence d’un criminel fugitif » a dit un des officiers aux journalistes. « Nous avons une information disant qu’il pourrait venir ici ».

Un autre policier a protesté contre le tournage et a dit « Tenez ce microphone loin » d’un air menaçant. « Je vous avertis pour la dernière fois ».

« Ils ne laisseront personne par conséquent nous ne pouvons pas travailler désormais » a revendiqué un salarié de la station service.

« Il y a 12 personnes travaillant ici. Comment leurs familles vont-elles vicrent ? »

Les policiers ont nié entraver le travail. « Si vous voulez remplir le réservoir, allez-y » a dit un officier en civil à RFE/RL.

Le service de taxi appartenant Ghazarian a aussi été harcèlé par la police. « Il y a trois jours ils ont commencé à interdire à nos voitures d’entrer dans notre poste à essence et à insulter et menaçer nos conducteurs » a déclaré son manager, Nelli Markarian à RFE/RL. « Que puis-je dire ? C’est l’anarchie ».

La police d’Artashat n’a pas souhaité faire de commentaire. Le chef de la police nationale est Alik Sargsian qui avait précédemment servi comme gouverneur de la province Ararat, dont Artashat est la capitale. Sargsian est réputé pour être un protégé d’Abrahamian.

La décision inattendue du Président Sarkisian de le nommer comme chef de la police en juin 2008 a reflété l’influence politique en hausse du président du parlement à Erevan.

Abrahamian a géré les campagnes de Sarkisian et du HHK lors des dernières élections présidentielles et parlementaires.



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