
Une jeune militante civique qui a déclenché un scandale dénonçant des abus sexuels dans une pension d’Erevan a déclaré qu’elle a rejeté une offre de la police exigeant qu’elle demande pardon afin de lui éviter ainsi un procès pour diffamation.
Mariam Sukhudian, reponsable d’une ONG chargé de la protection de l’environnement SOS Teghut, figurait parmi une douzaine de jeunes qui ont travaillé d’avril à juin 2008 comme volontaires à la Pension No 11 pour des enfants ayant des besoins spéciaux placés dans la banlieue de Nubarashen. Dans leurs déclarations publiques, ils ont accusé l’administration scolaire d’avoir échouée à assurer les standards minimaux d’enseignement et d’hygiène et de maltraitance.
Ils ont aussi cité quelques écolières ayant été harcèlées sexuellement par l’un de leurs enseignants. Mariam Sukhudian a enregistré sur magnétoscope une de ces filles, par la suite identifié comme Diana Amirkhanian et a alerté les médias arméniens de ses affirmations.
L’administration scolaire a rejeté les allégations.
Une enquête de police a dédouané l’administration scolaire et l’enseignant en question, Levon Avagian, de tout méfait affirmant qu’Amirkhanian était revenue sur ses déclarations.
La police a alors accusé Mariam Sukhudian d’avoir poussé la fille à incriminer son enseignant pour “ un gain personnel. ” La militante a été formellement accusée en août 2009 de “ fausse dénonciation ” un crime punissable de cinq ans de prison.
La police a informé mariam Sukhudian et son avocat, Nona Galstian, que l’accusation a été remplacée par une moins grave accusation “de calomnie” et un risque d’emprisonnement de trois années.
Selon Mariam Sukhudian, un inspecteur de la police a aussi dit que l’accusation pouvait être abandonnée si elle consentait à faire des excuses et bénéficier de l’amnistie générale proposée par les autorités arméniennes cette année.
« Je lui ai dit que je ne me considère pas comme coupable et exige la poursuite des réels criminels » a-t-elle dit parlant aux journalistes à l’extérieur du quartier général de la police de Nubarashen et d’Erebuni. Elle a dit qu’elle n’a pas peur de faire face à un procès et la possibilité d’être emprisonnée.
« La nouvelle accusation est aussi sans fondement que la précédente » a dit Galstian, pour sa part. « Nous croyons que la police ne fait toujours rien pour résoudre les crimes commis à l’école et punir les réels criminels ».
L’avocat a ajouté que la police a refusé ses demandes d’un face à face entre sa cliente et Amirkhanian en raison du fait que cette dernière n’est pas en Arménie à l’heure actuelle. Elle et Sukhudian prétendent que la jeune femme a été pressée de retirer ses allégations contre l’enseignant.
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