Nouvelles d'ArmÈnie
La Question Arménienne, de 1894 à nos jours

mercredi5 août 2009, par Jean Eckian/armenews


Par Francis Agostini*

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Qui parle encore aujourd’hui de l’anéantissement des arméniens ? “WER REDET NOCH HEUTE VON DER VERNICHTUNG DER ARMENIER” (HITLER Août 1939).

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Et qui se souvient de cette phrase qui laissait présager le plus grand génocide que l’histoire ait connu ?

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Mais sait-on également qu’au siècle dernier, puis en 1915, 1916 et jusqu’en 1921, plus d’un million et demi d’arméniens ont été massacrés par les turcs. En effet, de 1894 à 1896, le sultan ABDUL HAMID fit assassiner des milliers d’arméniens, à (Sassoun - Aïntab - Ourfa et Marach), massacres renouvelés en 1909 à Adana.

En Turquie, comme dans les autres pays d’Islam, les non musulmans jouissaient de droits sociaux et politiques très restreints, si ce n’est inexistants. Le Coran, clé de voûte de la CHARIA, comprend 260 versets pour la plupart formulés par MAHOMET à la Mecque, prescrivant aux fidèles de mener la Guerre Sainte - Le DJIHAD - contre les infidèles c’est-àdire ceux qui ne professent pas la même “vraie religion” [HALK DIN) et de les massacrer (KITAL) - (Coran ch.47 Verset 4 - ch.9 Verset 125 - ch.2 Verset 24 - ch.3 Versets 10,13,14,131 - ch.8 Verset 12 - ch.9 Versets 28,38,et 41. Déjà en 1860, 40.000 maronites catholiques avaient été massacrés, cinq cents églises et quarante monastères avaient été détruits en Syrie et au Liban, qui à l’époque faisaient partie de l’Empire Ottoman.

En 1875, lors du traité de Paris, l’Autriche proposa aux signataires de former une commission pour faire appliquer certaines réformes en Turquie. Pour prévenir l’arrivée de cette commission, l’Empire Ottoman adopta la Constitution de MIDHAT. Les différentes clauses allaient certes dans un sens libéral pour les non musulmans mais la Constitution donnait toujours la primauté à l’Islam, l’article 11 tout en garantissant des privilèges religieux aux autres confessions, déclarait que l’Islam était religion d’Etat. En 1878, la question Arménienne n’existait pas mais elle allait rapidement être créée.

Il est certain que les arméniens étaient comme les autres non musulmans soumis à un régime de vexations, de tracasseries et d’exactions. Le long martyr du peuple arménien allait commencer. Le désespoir de ces populations allait conduire à la constitution de groupes révolutionnaires arméniens ce qui allait déboucher sur les premiers massacres de 1894,1896 et 1897 ou plus d’un demi million d’arméniens disparurent.

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L’Allemagne à l’époque avait les yeux fixés sur le Moyen Orient et l’Empereur Guillaume II avait l’ambition de développer son influence économique dans cette région. Le projet de construction du chemin de fer vers Bagdad - le Bagdad Bahn - en est un élément parmi tant d’autres et l’ensemble du processus fut accéléré d’une manière décisive au cours des deux voyages entrepris par l’Empereur en Turquie en 1889 et 1896.

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On peut à la lumière des faits maintenant très connus, évaluer ce que fut à l’époque la réaction des allemands vis-à-vis du massacre des arméniens. Alors que l’Europe réagissait avec horreur à ces pogroms, l’Allemagne continuait de montrer une indifférence politique notoire envers les souffrances des chrétiens de l’Empire Turc.

Le Mystère des Affaires Etrangères Allemand exprimant la position de l’Empire vis-à-vis de ces massacres, en novembre 1896 :

1. Les Arméniens, une race cauteleuse et séditieuse, ont provoqué les Turcs qui se sont sentis menacés dans leur existence nationale.

2. Allemagne n’a aucune raison d’intervenir en faveur d’une race qui ne présente aucun intérêt pour elle.

3. Tenant compte des dangers qui menacent de toute façon

l’intégrité de la Turquie et les intérêts commerciaux de nombreux allemands en Turquie, les tueries si regrettables soient-elles en Arménie, doivent être considérées comme un moindre mal. Note rédigée par ALFONS MUMM VON SCHWARZENSTEIN Conseiller en chef pour les questions du Proche Orient à la section des Affaires Politiques du Ministère Allemand des Affaires Etrangères, transmise le 26 Novembre 1898 au Chancelier CHLODWIG, prince de Hohenlohe Schillingsfurst, qui l’approuva).

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Qui plus est l’Allemagne fit tout ce qui était en son pouvoir pour que les nouvelles et les détails des massacres ne puissent pas se répandre. A noter également la position a peu près identique de l’Autriche.

Même en France le Journal des débats déclarait que “la mort de 50 000 ou 100 000 arméniens dont les cadavres jonchent l’Asie Mineure, ne vaut pas la vie d’un petit troupier français”

L’Horreur des Massacres.

Commencé à Sassoun, le premier massacre dura du 18 Août au 10 Septembre 1894. Dans certains villages arméniens - plus de 25 villages ayant été détruits- la troupe Turque qui avait emporté des barils de pétrole - brûla les habitations et leurs occupants ; à GELIGUZAN, des jeunes furent attachés ensembles par les pieds et les mains et on entassa sur eux du bois et des arbustes et on les brûla vifs.

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Du 1er au 30 Octobre 1895, à Constantinople c’est la foule turque qui dotée de gourdins a tête de fer, tue indifféremment tout ce qui est arménien (5000 a 6000 morts).

Un membre de la police militaire turque a même décrit comment il avait placé des enfants arméniens sur son tablier de cuir et comment il les avait passés au fil de l’épée,savourant leurs convulsions.

Plusieurs provinces, notamment de Sivas, Harput, Dyarbekir, Erzurum Bitlis, Van et Ankara, Alep, Trabzon, Izmir, subirent également des massacres qui débuteront le 8 Octobre 1895 pour se terminer à Niksar en juin 1896. Du 3 juin au 25 Juin 1896, la population Arménienne de VAN sans distinction d’âge, ni de sexe, fut massacrée ou brûlée vive. Après la fin des massacres, une colonne de réfugiés ayant pourtant reçu l’assurance de son déplacement en sécurité, fut anéantie prés du Mont Karahisar par les troupes régulières turques et des irréguliers Kurdes.

Autour de VAN,plus de 350 villages avaient été rasés A Egin, le 15 septembre 1896, deux mille arméniens sont tués, neuf cent quatre vingt maisons pillées et incendiées.

A Urfa, un grand nombre de jeunes arméniens furent étendus sur le dos et tenus par les mains et les pieds, furent égorgés comme des moutons pendant que le Cheikh local récitait des versets du Coran. Huit mille personnes périrent dont trois mille brûlées vives dans la cathédrale.

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A Birecik, de nombreuses victimes furent noyées dans l’Euphrate ; d’autres plus chanceuses se voyaient offrir l’alternative de se convertir à l’Islam.

A Severek, la foule turque massacre la population non musulmane locale, profane l’église et un temple protestant.

On peut estimer de sources sûres les pertes arméniennes à plus de 200 000 vies humaines auxquelles il faut rajouter 150 000 femmes et enfants appelés à mourir de faim et de froid durant l’hiver de 1896.

Les églises avaient été transformées en mosquées ; d’autres ont été pillées et détruites, de même que les monastères ; quant aux conversions forcées il est inutile d’en parler tant il y en eut.

La plupart des observateurs étrangers, notamment les diplomates français et anglais dénoncent la Charia comme responsable des massacres, les turcs rendant coupables les arméniens et les non musulmans d’avoir voulu échapper à leur joug.

Les Muftis, les Kadis, les Softas, les imans, tous ces hommes de religion, à peu d’exception prés, joueront un rôle important dans les événements en fournissant les motifs et la légitimation des massacres.

En 1908, le Sultan ABDUL HAMID est déposé et les nouveaux dirigeants - les jeunes turcs de l’ITTIHAD - appliquent la même politique de rigueur que celle pratiquée auparavant envers les minorités ethniques non musulmanes. D’ailleurs le Ministre de l’Intérieur TALAAT, le principal auteur du génocide arménien de 1915-1916 ne déclarait-il pas à Salonique, lors d’une réunion “qu’il ne peut être donc question d’égalité tant que nous n’aurons pas réalisé l’Ottomanisation de l’Empire” .

Du 1er Avril au 27 Avril 1909, 25 000 arméniens furent exécutés à Adana. Les écoles, les hôpitaux et les églises furent les lieux privilégiés de la boucherie. Là encore, il n’y eut aucune intervention étrangère bien que de nombreux navires de guerre de l’Angleterre, de la France, de l’Italie, des Etats Unis, d’Autriche et Allemagne soient ancrés dans le port.

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Après la guerre des Balkans en 1912, les jeunes turcs qui venaient de subir une cuisante défaite à la fois militaire et politique, mirent en place un programme de renouveau national visant à supprimer totalement 1’option multi ethnique de l’Empire Ottoman fondée sur l’idée d’harmonie entre les différentes nationalités pensant qu’elle était à la fois inutile et dangereuse.

La mise en place de responsables politiques de haut niveau la réorganisation de l’armée et de l’organisation spéciale - troupe destinée à surveiller et à neutraliser les ennemis internes, fut les préludes aux nouveaux massacres de 1915 et 1916.

En 1913, après quelques péripéties de politique interne, le nouveau gouvernement Turc sollicita l’Empire Allemand pour réorganiser son armée. L’arrivée dans la capitale Turque d’une mission allemande étoffée, laissa présager un engagement à plus ou moins brève échéance aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche- Hongrie. Dès le 2 Août 1914 les Turcs furent sûrs de bénéficier de l’aide complète des empires centraux.

Le gouvernement Turc, bien que n’ayant pas déclaré la guerre aux alliés mobilise les 2 et 3 Août 1914 et cette mobilisation affecte tous les arméniens enrôlés en trois étapes.

1. Classe d’âge entre vingt et quarante cinq ans. 2. Classe d’âge entre quinze et vingt ans. 3. Classe d’âge entre quarante cinq et soixante ans.

Cette dernière classe fut utilisée pour le transport des équipements militaires, en fait comme une armée d’esclaves, soumises aux exactions les plus diverses et destinée a être éliminée.

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Deux mois plus tard, le 29 Octobre, les forces turques attaquent les navires Russes et Français en Mer Noire.

Le 24 Avril 1915, tous les dirigeants politiques et responsables de la Communauté Arménienne - des milliers de personnes furent arrêtées. A Istanbul, on en incarcéra 2345 qui furent exécutées quelques temps après.

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Le 30 Mai fut promulguée la loi provisoire de déportation, aménagée par celle du 10 Juin 1915 qui préconisait les instructions à suivre pour enregistrer les expropriations et la confiscation des biens et des avoirs des déportes. Pendant ce temps, des centaines de milliers d’arméniens, hommes, femmes,enfants, erraient sans ressources en plein hiver dans les montagnes d’Anatolie. Puis les massacres vinrent. Tout d’abord les recrues arméniennes servirent de cibles vivantes aux exercices de tir de l’armée Ottomane ; d’autres enchaînées par cinquante ou cent étaient fusillées tout en étant obligées de creuser leurs tombes. Les autres alors qu’ils construisaient ou réparaient des routes étaient égorgés.

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Pour les femmes et les enfants désormais sans défense, les hommes étant "mobilisés », il était facile aux Turcs soit de les forcer à se convertir, soit de les assassiner, après une multitude de sévices comme les viols par les membres de l’organisation spéciale "Les Fédayis", cette troupe étant pratiquement composée uniquement de repris de Justice, libérés des prisons de l’Empire par une dispense spéciale délivrée par les Ministères de l’Intérieur et de la Justice.

Le 24 Mai 1915, les alliés déclaraient que le gouvernement Turc était responsable des massacres en cours. L’Empire Turc rétorqua le 11 Novembre 1915 par la proclamation de la guerre sainte (Jihad).

Le gouvernement Turc ne parla jamais de déportation mais de déplacement des populations, sans d’ailleurs évoquer les lieux de résidence des déportés qui bien souvent se sont retrouvés sans vivres et sans eau dans le désert de ZOR dans l’Euphrate ou vers Harput pour y être égorgés.

L’effondrement de l’Armée Russe en 1917, 1918, permet aux forces turques de pénétrer profondément en Transcaucasie jusqu’à Tiflis et Bakou - du 15 au 17 Septembre ce fut de nouveau le massacre de la population Arménienne de la ville et des réfugiés Arméniens d’origine turque qui avaient réussi à échapper aux massacres en Turquie.

On peut estimer à 300 000 le nombre d’arméniens exécutés. La preuve en est donnée par les déclarations de ALIIHSAN PACHA commandant le corps d’armée turc stationné à VAN et qui prit TABRIZ “J’ai fait massacrer un demi million de vos coreligionnaires" dit-il au prélat arménien Mgr NERCES.

Le 14 Janvier 1919, donc longtemps après l’armistice, le même général fit tuer un bataillon de travail de 10 000 soldats arméniens dans la zone contrôlée par la 6ème armée turque.

En 1919, Mustapha KEMAL rencontrant le major général américain HARBORD lui confirma le chiffre de 800 000 morts, en excluant toutefois les autres catégories de victimes comme les soldats servant dans les bataillons de travail et les innombrables déportés qui périrent de faim, de soif et de froid.

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En février 1916, le chiffre avancé de 1 500 000 morts à 1 600 000 n’est absolument pas contestable. Il y a eu vraiment génocide, organisé et mis sur pied par des dirigeants ouverts à l’épuration ethnique aidés en cela par l’Empire allemand et les nombreux hauts cadres de l’armée allemande en poste en Turquie.

Le général BRONSART VON S CHELLENDORF ne déclarait-il pas que “l’Arménien est comme le Juif, un parasite égaré hors des frontières de sa patrie, suçant la moelle du peuple qui l’accueille”.

Ce général allemand conscient des conséquences réelles des déportations qu’il avait à la fois couvertes et autorisées, n’exprima jamais le moindre regret et facilita même la fuite des sept principaux dirigeants de l’ITTIHAD, dirigeants impliqués dans la planification et l’exécution du génocide arménien.

Le Lieutenant Colonel VON FELDMANN qui était le confident d’ENVER était au courant de ce qui se tramait.

Le Lieutenant Colonel BOTTRICH dirigeait les services du chemin de fer et c’est lui qui a signé l’arrêt de mort des dizaines de milliers d’arméniens qui travaillaient à la construction de la ligne de Bagdad.

L’Amiral GUIDO VON USEDOM, chargé de la défense des détroits ne s’est jamais ému une seconde du sort des 100 000 grecs déportés des rives de la mer Egée.

L’Amiral WILHELM SOUCHON déclencha l’entrée en guerre de la Turquie aux côtés des Empires centraux lorsqu’il attaqua en octobre 1914 les ports et la flotte Russe. Ses propres déclarations en disent long sur ce qu’il pensait du problème arménien. « La Turquie trouvera le salut le jour où elle aura éliminé le dernier Arménien, elle sera alors débarrassée de ces parasites subversifs »

Le Général VON SEECKT, que l’on retrouvera à l’avènement d’HITLER et un des rénovateurs de la de la Wehrmacht, a joué également un rôle important dans le problème arménien.

Le Commandant Eberhard WOLFFSKEEL, comte de Reichenberg, fut lui aussi particulièrement impliqué lors des affaires de MOUSSA DAGH et à URFA où il réduit a coups de canon la ville arménienne.

On voit donc que la complicité allemande est pleine et entière puisque l’Empereur GUILLAUME II lui même était au courant des faits et n’est jamais intervenu.

Le 30 Octobre 1918, la Conférence chargée des préliminaires de paix mit en place une commission destinée à établir les responsabilités et les sanctions des crimes de guerre « violation des lois et coutumes de la guerre et des lois de l’humanité ». On commençait alors à parler des Droits de l’Homme. Mais les divergences de vue qui intervinrent après la grande guerre entre les nations victorieuses, réduisirent pratiquement à néant les sanctions et seuls quelques lampistes furent jugés, les vrais coupables en fuite, jugés et condamnés à mort par contumace. Heureusement la plupart de ces criminels de guerre furent suivis à la trace et exécutés par des commandos arméniens, tant en Allemagne où TALAAT PACHA fut assassiné à Berlin le 15 Mars 1921. Le Dr CHAKIR le fut lui aussi à Berlin le 17 Avril 1922.

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DJEMAL PACHA tué à coups de fusil à Tiflis le 21 Juillet 1922. ENVER lui fut exécuté dans l’Emirat de Boukhara le 4 Août 1922 dans une fusillade. Quant au Dr NAZIM il fut pendu à Ankara le 26 Août 1926 mais pour conspiration contre le régime de Mustapha KEMAL.

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Le traité de Lausanne du 24 Juillet 1923, traité qui annulait et remplaçait le traité de Sèvres, devenait d’un coup muet sur les crimes de guerre et les massacres d’autant plus qu’était joint à ce traité une déclaration d’amnistie qui rendait caduque tout ce qui avait été énoncé auparavant en matière de génocide.

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Le 10 Août 1920 le traité de Sèvres octroyait à l’Arménie la possibilité de s’étendre à cheval à la fois sur la Turquie Orientale et le Caucase , mais Mustapha KEMAL lança ses troupes réorganisées contre la toute fraîche république Arménienne, six semaines à peine après la signature du traité. Seule l’intervention de l’Armée Rouge permit de sauver ce qui restait du peuple arménien.

Lorsque les turcs évacuèrent la région d’Alexandropol, on dénombra 60 000 morts - (30 000 hommes- 15 000 femmes -5 000 enfants et 10 000 jeunes filles). 18 000 hommes furent emmenés comme prisonniers, à peine 2 000 survécurent.

Des témoins étrangers ont affirmé sous serment, que les turcs avaient forcé les parents à leur remettre leur fille âgée de huit ans et leurs fils de vingt et vingt cinq ans. Ils ont violé la fille et assassiné les garçons sous les yeux des parents.

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Les soviétiques ont estimé le nombre de victimes dans les zones occupées par les turcs à 198 000 personnes.

II est à noter que l’Azerbaïdjan a participé intensément à tous ces massacres, notamment de "liquider" les arméniens du Karabagh.

En février 1988 les arméniens de la ville d’Azerbaïdjan - SOUMGAIT - furent massacrés par les Azéris qui portaient alors des affiches comportant le portrait de KHOMEINY. D’autres manifestants à Bakou portaient le drapeau turc.

On s’aperçoit encore aujourd’hui que l’Islam dur, ne s’avoue pas vaincu, notamment dans cette région du globe et que Turcs et Azéris tiennent par dessus tout à unifier cette Asie Centrale qui présente dorénavant bien des dangers.

*Francis Agostini est Président départemental de l’Union Fédérale des Bouches-du-Rhône

Président du Comité de Coordination des associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Marseille et des Bouches-du-Rhône.

Site des Vétérans Français


illustration iconographique Jean Eckian



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