
Un avion de la compagnie iranienne Caspian Airlines, qui effectuait la liaison Téhéran-Erevan, s’est écrasé dans un champ du nord de l’Iran mercredi, entraînant la mort de ses 168 passagers et membres d’équipage.

Selon les autorités iraniennes, le Tupolev a pris feu avant de s’écraser et d’exploser. Les télévisions ont montré les images d’un énorme trou de plusieurs mètres de profondeur dans le sol, jonché de débris de l’appareil, de chaussures et de vêtements.

Les 153 passagers et 15 membres d’équipage "à bord de l’avion (...) qui s’est écrasé dans la région de Qazvin sont morts", a déclaré Mohammad Reza Montazer Khorassan, responsable chargé des situations de catastrophe, selon le site internet de la télévision d’Etat.

Le directeur-adjoint de l’Aviation civile arménienne, Arsen Pogossian, a précisé que 147 de ces passagers étaient de nationalité iranienne, dont 31 d’origine arménienne. Il y avait également quatre Arméniens et deux Géorgiens. Deux des membres d’équipage étaient aussi Arméniens, d’après la même source.

"L’avion a décollé à 11H33 (07H03 GMT) de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran et s’est écrasé 16 minutes après", à 11H49 (07H19 GMT), près du village de Janat-Abad, a dit Reza Jafarzadeh, porte-parole de l’Aviation civile iranienne. Il n’a pas précisé les causes de l’accident mais, selon le colonel Kakhbaz, l’adjoint du chef de la police de Qazvin, citant des témoins, "l’avion a pris feu dans le ciel avant de s’écraser et d’exploser".

Avant de tomber, "l’avion a fait plusieurs tours dans le ciel pour tenter de trouver un terrain pour atterrir", a-t-il ajouté. "Le moteur gauche de l’avion avait pris feu", a déclaré un témoin cité par le site internet de la télévision d’Etat.

A Erevan, M. Pogossian a aussi évoqué un moteur en feu.

D’après une journaliste de l’AFP sur place, la police empêchait villageois et curieux de s’approcher du site de l’accident. "L’avion a été complètement détruit et est en petits morceaux", a expliqué le colonel Massoud Jafari-Nassab, le chef de la police de la province de Qazvin.

Selon l’agence Isna, les membres de l’équipe junior nationale de judo se trouvaient à bord.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a présenté ses condoléances au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, aux familles des victimes et au peuple iranien, selon Isna. Il a également ordonné "une enquête rapide".

A l’aéroport d’Erevan, une trentaine de proches des victimes ont afflué, en larmes, à l’annonce de la catastrophe.

"On m’a dit que l’avion s’était écrasé, que tout le monde était mort", a raconté Tina Carapetian, une Iranienne d’origine arménienne dont la soeur se trouvait à bord, avec deux garçons de six et 11 ans.

Fondée en 1992, la Caspian Airlines effectue, selon son site internet, une cinquantaine de rotations régulières hebdomadaires à l’international, vers la Hongrie, les Emirats arabes unies, l’Ukraine ou encore la Turquie.

Parmi les victimes figureraient huit sportifs de l’équipe junior iranienne de judo et deux de leurs entraîneurs, un ancien député représentant la minorité arménienne d’Iran, l’épouse du chef de la mission diplomatique géorgienne à Téhéran et un diplomate de l’ambassade de Géorgie à Erevan.

L’Iran a connu plusieurs catastrophes aériennes au cours des 10 dernières années. Sa flotte aérienne civile et militaire est dans un état critique du fait de sa vétusté et de son manque d’entretien, une conséquence des sanctions imposées par les Etats-Unis dans les années 1980, après la révolution islamique et la prise d’otages dans l’ambassade américaine à Téhéran.

En septembre 2006, 29 personnes avaient été tuées lorsqu’un avion était sorti de piste après son atterrissage à Mashhad (est). Fin 2006, un avion militaire iranien s’était écrasé au décollage à Téhéran, tuant 39 personnes, dont 30 membres des Gardiens de la révolution. En décembre 2005, un Lockheed C-130 s’était écrasé dans une zone d’habitations juste après son décollage de Téhéran, tuant 108 personnes. L’accident du Tupolev iranien survient en outre peu après deux autres catastrophes aériennes. Le 1er juin, un Airbus A330 d’Air France assurant la liaison entre Rio de Janeiro et Paris s’est abîmé en mer, faisant 228 morts. Le 30 juin, un Airbus A310 de Yemenia s’est également abîmé, à proximité des côtes comoriennes, faisant 152 morts.

Pour le moment les "boîtes noires" de l’appareil - enregistreur des conversations du cockpit et paramètres de vol - n’ont pas été retrouvées.
|
Vous avez aimé cet article ?
Pour aider le site a vivre, il vous suffit de |