Nouvelles d'Armenie    
Armand Sammelian
LE CLIENT EST ROI


La saison de la Turquie en France, qui a débuté le 1er juillet 2009, a de quoi choquer les Arméniens... Qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, à cor et à cri, nul ne contestera que les Turcs ont impacté de manière cataclysmique leur destin. Seldjoukides, Ottomans et Jeunes-Turcs ont violé leurs femmes, mères, sœurs, filles, torturé les hommes, les ont démembrés, pendus, fusillés, égorgés, noyés, brûlés vifs, ferrés.

Ils ont volé, pillé, spolié leurs terres, maisons, villages, bétails, fait main-basse sur leurs valeurs, leurs comptes bancaires, leurs contrats d’assurance. Ils ont décapité leurs élites politique, intellectuelle, artistique, économique, enlevé nombre de leurs enfants, les ont convertis...

Ils les ont affamés, empalés, souillés, avilis, humiliés.

Ils ont incendié leurs églises et assassiné leurs prêtres.

Ils ont planifié l’extermination du peuple arménien afin de l’effacer de la surface de la Terre parce qu’il était d’une race inférieure à la leur.

Encore aujourd’hui, les descendants des rescapés espèrent l’impossible aveu d’une Turquie qui nie farouchement, la bouche tordue par l’hypocrisie.

Cette feinte ignorance méconnaît le remords. Elle tire les ficelles en coulisses, déguise l’horreur de façon méprisable et méprisante, à coups de bakchichs.

Dans l’ambiguïté de la polyphonie ambiante, la truqueuse Turquie réfute la réalité, confisque et manipule ses archives, foule aux pieds la morale, vide et déshonore les valeurs humaines universelles.

Elle bâillonne et condamne ses intellectuels qui dénoncent l’injustifiable vérité derrière le mensonge d’État nauséabond.

Elle discrédite, depuis toujours, les conventions et traités. Elle ridiculise les instances internationales pénales.

Cette dissimulation répugnante et débridée s’érige en objet de culte, parade, dresse des stèles, bâtit des mausolées, baptise des avenues en l’honneur des coupables de l’hécatombe.

Elle baigne dans un magma fait de vanité, de cynisme, de sauvagerie et de lâcheté, marques de fabrique de cette tromperie historique infamante.

Jusqu’à la calomnie, elle pointe sans déciller, un doigt accusateur en direction de ses propres victimes, pour tenter de les tenir en dehors de leur propre Histoire.

Tout porte à croire que s’agissant d’un crime contre l’humanité aussi effroyable, la vérité soit à ce point indicible que l’État turc ne puisse se résoudre à la reconnaissance et à la repentance.

Car l’aveu brouillerait la surévaluation fabuleuse qui fonde la splendeur de la république turque d’Atatürk dont la fatuité ne pourrait admettre qu’elle repose sur la perpétration d’un acte de barbarie.

C’est ainsi que ce barnum falsificateur se perpétue impunément, cautionné par la désinvolture complaisante et servile d’une communauté internationale qui sait, bredouille une langue molle, et capitule encore une fois, avec la saison de la Turquie en France.

De fait, tout se passe comme si le démantèlement de l’empire ottoman pouvait justifier le dépeçage du peuple arménien.

Il reste que la qualification de « Grand Crime » proférée par Barack OBAMA nous a satisfait, s’agissant d’un acte imprescriptible et irrémissible alors même que la nomination d’un CLINTON au Secrétariat d’État Américain nous a fait craindre le pire. Celle d’un Pierre LELLOUCHE aux Affaires Européennes, aux côtés du mauvais génie du Charity-Business, Bernard KOUCHNER, n’augure rien de bon. Il est à craindre que la présidence suédoise de l’Europe n’ait cure du sarcophage arménien. Quant aux promesses de Nicolas SARKOZY, elles n’engagent que ceux qui veulent y croire...

Encouragée par un panthéon de négateurs et de leurs officines, la féerique Turquie des mille et une nuits peut sereinement continuer d’afficher sa morgue et la satisfaction du crime parfait, accompli sans opprobre, sans châtiment et sans réparation.

Cette Terre d’épouvante va pouvoir signer de nouveaux chapitres d’adhésion à l’Union Européenne en arborant fièrement la feuille de route arméno-turque jusqu’à plus soif. Grâce à ce pensum parjure, à reculons ou à petits pas, l’intégration irréversible de la Turquie pénalisera indiscutablement la Cause Arménienne.

Consacré, protégé, labellisé, adoubé par ce statut d’intouchable, en forme de parrainage cupide, d’ores et déjà subventionné par l’Europe, le régime islamo-militaro-policier ultranationaliste turc, que certains disent moderne, laïque, démocratique et républicain, a beau jeu de mettre en exergue sa position géostratégique privilégiée et de faire miroiter les grands chantiers en devenir, les équipements et infrastructures lourds, les contrats d’armement juteux et le marché de 70 millions de consommateurs, afin d’aiguiser l’appétit des grands prédateurs, les puissants qui nous gouvernent et se gorgent de mots...

Mais qu’importent les mots ! Les affaires sont les affaires.

Pendant la durée des travaux, la vente continue...

Le client est roi !

02 Juillet 2009 Armand SAMMELIAN

vendredi 3 juillet 2009,
Ara ©armenews.com


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