
Un diplomate iranien a comparé mercredi 1er juillet les affrontements post-électoraux en Iran et en Arménie, affirmant qu’ils avaient été provoqués par les puissances occidentales.
Les deux Etats voisins ont tous deux connu de violents troubles politiques lors d’élections présidentielles, provoqués par les accusations de l’opposition de fraude électorale et par les manifestations anti-gouvernementales. Tous deux ont eu recours à la force et à des arrestations massives des militants de l’opposition.
L’ambassadeur de l’Iran en Arménie, Seyed Ali Saghaeyan, a soutenu que les affrontements à Téhéran qui ont succédé à l’élection présidentielle, les plus violents depuis la Révolution islamiste de 1979, ont été provoqués par les puissances occidentales, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en particulier. « Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont tenté de s’ingérer dans nos affaires intérieures, mais cela n’a pas marché », a-t-il déclaré. « Tout est rentré dans l’ordre à présent. »
Tout en précisant que les évènements en Arménie et en Iran « ne sont pas comparables », M. Saghaeyan a affirmé que l’Occident avait eu la mainmise sur les troubles politiques après l’élection présidentielle arménienne en février 2008. « Je pense que les évènements qui se sont produits en Arménie le 1er mars 2008 proviennent de la tentative de l’Occident d’organiser et de financer des révolutions dans les anciennes républiques soviétiques », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. « La même chose s’est produite en Géorgie et au Kirghizistan. Heureusement, cela a été contrecarré par les dirigeants arméniens. »
De nombreux politiciens arméniens pro-gouvernementaux partagent ce point de vue. La thèse de la conspiration étrangère a été incorporée dans le rapport criminel officiel dans lequel le gouvernement arménien parle de « tentative de coup d’Etat » de la part de l’opposition. Le Service spécial d’Investigation (SSI) a affirmé que la tentative du leader de l’opposition Lévon Ter-Pétrossian de changer de régime avait « un centre » et était « financée par l’étranger ».
Quelques temps après les violences de mars 2008, le directeur du SSI, Andranik Mirzoyan, avait demandé aux procureurs régionaux de rassembler les participants aux manifestations de l’opposition à Erevan et de rapporter « ce qui était dit durant le rassemblement sur l’assistance des nations étrangères » et « si les participants au rassemblement parlaient de mettre un terme à la présence de la Russie en Arménie. »
Le président Sarkissian est l’un des seuls chefs d’Etat à avoir félicité son homologue iranien Mahmud Ahmadinejad après sa réélection controversée. Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour développer des projets arméno-iraniens. Ces derniers concernent notamment la construction d’une voie de chemin de fer entre les deux pays et une grande usine hydro-électrique.
M. Saghayean a précisé que l’agitation politique en Iran n’aurait aucune conséquence sur la mise en place de ces projets.
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