Nouvelles d'Armenie    
POESIE
Poème d’Arpine Konyalian Grenier


24 avril 1987

Elle est restée debout

Pendant des années, face

A un chevalet de bois

La tête légèrement de côté.

De temps en temps les coups de pinceau répandent

De la suie

Au-dessus d’une toile vierge, noir au fusain

Camouflé avec du blanc de titane, de l’ocre jaune rougeâtre

Délavé pour les enterrements dans le sable

Puis des giclures d’ocre pour l’amer courage, sang de bile,

Pour le sang il n’y a pas

de couleur dans le sable de Deir-Zohr !

Ses mains tremblent lorsqu’elle

Tend le bras

Vers le rocher et le tas de fragments d’os davantage

d’huile de lin pour les pinceaux peut-être

Pour un air plus propre, un ton plus doux

Encore des coups de pinceaux

Puis de l’orange de cadmium

Pour faire ressortir le bleu

Des larmes scintillent

Peut-être un jour

elle peindra

L’aube

Arpine Konyalian Grenier

Traduction Louise Kiffer-Sarian

mercredi 1er avril 2009,
Stéphane ©armenews.com


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