Arménie
Pressions politiques sur les écoles de Erevan ?
mardi31 mars 2009,
par Gari/armenews
Les proviseurs de différents établissements scolaires de Erevan ont récusé le 30 mars des informations selon lesquelles ils feraient pression sur les enseignants et leurs proches pour qu’ils votent en faveur du Parti républicain au pouvoir lors des élections municipales prévues le 31 mai dans la capitale arménienne. Ce démenti intervient au lendemain de la parution dans un journal d’opposition d’un article plutôt compromettant pour l’un de ces directeurs d’établissement, accusé ouvertement d’abus d’autorité au profit du pouvoir. Le même journal précisait que les proviseurs des écoles publiques de la capitale se seraient vus prier par les autorités municipales de Erevan de leur remettre la liste de leurs employés, des membres de leurs familles, et autres proches en vue d’obtenir leur soutien pour le Parti républicain et sa tête de liste aux municipales, l’actuel maire de Erevan Gaguik Beglarian. Le journal d’opposition « Haygagan Jamanak » a donné plus de poids à ses informations dans son édition du 28 mars, en publiant ce qu’il désigne comme la transcription d’une conversation téléphonique enregistrée à leur insu entre Alvard Arakelian, principal de l’école N°60 de Erevan, et un interlocuteur s’étant présenté comme un collaborateur de M. Beglarian. « J’ai recueilli les noms de quelque 150 personnes qui iront voter », aurait déclaré Mme. Arakélian en précisant qu’elle enverrait la liste, une fois saisie sur ordinateur, le 28 mars, au bureau du maire de Erevan. « Vous avez que je fais du bon travail ; et autant que je sache, M. Beglarian apprécie le travail bien fait », aurait ajouté le proviseur du lycée. Mme Arakélian n’avait pas fait de commentaire concernant cet article le 30 mars, mais plusieurs de ses collègues ont démenti la nature des informations publiées par le journal, en affirmant devant la presse qu’on ne leur avait jamais donné l’ordre de fournir ces listes électorales dites « 100% ». Elmira Pétrossian, directrice de l’école N°54, a déploré que les journalistes puissent prendre au sérieux ce qu’elle tient pour de vulgaires rumeurs et calomnies. Si Marietta Matghassiank, directrice de l’école N°8, a elle aussi nié avoir reçu de telles instructions de la mairie, Rimma Bakhchinian , de l’école N°82, semblait plus évasive, en admettant que si elle avait reçu des ordres en ce sens de la municipalité de Erevan, elle y aurait obéi. « « Quel mal y a-t-il à cela ? » s’est-elle exclamée, en précisant que « personnellement, elle apporterait sans aucune hésitation son soutien à M. Beglarian ». Même son de cloche pour Karine Avétissian, qui dirige une crèche à Erevan, et qui a adhéré au Parti républicain deux ans plus tôt. Elle a affirmé faire « tout ce qu’on lui demandera » pour aider le parti du président Serge Sarkissian à remporter la majorité au Conseil municipal et à reconduire donc M. Beglarian dans ses fonctions de maire de la capitale. Certains enseignants pourtant, semblent confirmer les informations parues dans la presse. Ainsi Suzanna Avétissian, de l’école N°172, qui a reconnu que « les enseignants sont contraints d’écrire les noms, adresses et numéros de téléphone de tous les membres de leur famille » en précisant qu’elle avait été la seule à se soustraire à cette obligation. « Comment peuvent-ils humilier de la sorte l’intelligentsia de la nation qui éduque les jeunes générations et leur enseigne la loi dans les salles de classe », s’est indignée l’enseignante. Mais le principal de l’école, Grigor Gyolian, a démenti ses propos, en indiquant, magnanime, qu’il ne prendrait aucune sanction disciplinaire contre l’enseignante...
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