Nouvelles d'Armenie    
Robert Aydabirian
Arménie, le pire est-il certain ?


Avons-nous raison de nous inquiéter pour l’Arménie ? Depuis un an les nuages s’accumulent et à chaque saison nous voyons un nouvel ouragan s’abattre sur elle. Cet automne, c’est la crise financière et économique mondiale qui met le pays sous tension. Cet été, ce fut la guerre russo-géorgienne avec de graves difficultés d’approvisionnement de la population et des bases militaires russes au moment où la rhétorique belliqueuse des leaders azéris battait son plein. En mars, une répression sanglante s’abattit sur le mouvement populaire suivie de dizaines de morts et d’arrestations. Et tout cela dans le contexte d’une pression russo-turque accrue, dont l’objectif est de sécuriser les corridors énergétiques, au prix de concessions substantielles sur le Karabakh et le Génocide. A ce stade il est urgent que les leaders d’Arménie, du Kharabakh et de la Diaspora se concertent afin de répartir les rôles et mieux défendre l’intérêt national.

Mais, hélas, au sein même du pays, le pouvoir n’a trouvé ni le chemin du dialogue, ni manifesté la compassion nécessaire envers ceux qui souffrent, ni prouvé une fermeté réelle envers les vautours qui ne rêvent que de dépecer l’Arménie.

Nous l’invitons à inverser sa politique de la main de fer dans un gant de velours, à savoir, utiliser le gant de velours pour traiter avec justice un peuple qui porte encore les séquelles du Génocide, des purges staliniennes et de deux décennies d’économie ultralibérale, en garantissant la protection physique et sociale des plus vulnérables ; réserver sa main de fer aux profiteurs et aux voyous qui depuis 10 ans corrompent, vendent et dilapident les richesses nationales : usines, mines, infrastructures, universités, centres de recherche, et dont la soif immobilière va jusqu’à expulser les locataires les plus démunis, ne leur laissant que le droit de choisir entre le désespoir et l’exil.

Parmi tous les problèmes qu’affronte l’Arménie, la question démographique est la plus grave de toutes. Le projet de suppression du sursis militaire pour les étudiants vient d’ailleurs de nous le rappeler. La population continue de s’interroger : « Peut-on vivre décemment sur notre terre ancestrale ou doit-on la quitter ? Comment trouver du travail, des logements, et garantir la sécurité à notre famille ? Comment ne pas se sentir menacés par l’arbitraire des agents du pouvoir et les appels à la guerre de notre ennemi séculaire qui cherche encore une fois à nous faire déguerpir ? »

Le monde est en train de mettre au pas et de sanctionner, dit-on, ceux qui l’ont conduit à la catastrophe financière et à la crise économique. Les grands de ce monde se sont promis de revoir les principes mêmes de leur philosophie politique, en remettant l’homme social au centre de leurs réflexions au lieu de ne voir en lui qu’un consommateur livré à la « main invisible » des spéculateurs.

Pour sortir durablement de cet état de crise, ceux qui gouvernent l’Arménie ont, de même, le devoir de rétablir la confiance et l’espoir, reconstruire une société respectueuse d’autrui et d’elle-même, rechercher le dialogue et la négociation mais ne jamais capituler sur l’essentiel à savoir les droits fondamentaux du citoyen et de la Nation.

Ainsi, peut-être, par la raison et l’intelligence, le pire pourra être évité.

mercredi 15 octobre 2008,
Spidermian ©armenews.com


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