Nouvelles d'Armenie    
Poète symboliste
Vahan Terian ou La conscience du génocide arménien
Est-ce moi le dernier poète ?


Ce poème, écrit au plus noir de 1915, pendant le génocide arménien, suscita à son époque, semble-t-il, de la part de Tcharents et de Toumanian, colère et polémique. Comment Vahan Térian pouvait-il se dire le dernier poète, ― « l’ultime » chanteur d’Arménie ? Aujourd’hui que les vents fous ont fini d’hurler sur les montagnes, comme le disait Hovhannès Chiraz dans son célèbre poème, il prend une toute autre résonance. L’Arménie historique a disparu, le mont Ararat est en Turquie. On peut y lire métaphoriquement le destin d’un peuple qui, d’après le témoignage de l’un de ses poètes, a bien failli disparaître dans son intégralité. Cette poésie est lue et apprise dans les écoles, et l’œuvre entier de Térian est étudié dans les universités d’Arménie de nos jours : devoir de mémoire, acte de conscience et de vigilance pour tout un peuple.


« Est-ce moi le dernier poète ?

Dernier chanteur de mon pays.

Est-ce la mort ou le sommeil

Qui t’a pris, éclatant Naïri ?


Au pays en sang, le banni.

Ô Lumineux, je rêve de toi.

Et résonne comme une belle prière

Ta noble langue, langue de roi.


Toujours limpide, profonde et claire,

Elle résonne, transperce, se consume :

Ce sont tes roses-flammes éclatantes

Ou bien mes plaies, vives et brûlantes ?


― Vois ! Je t’appelle avec effroi !

Flamboie ! Illusion-Naïri !

Est-ce moi le dernier poète.

Dernier chanteur de mon pays... »


Poème traduit par Elisa Mouradian et Serge Venturini. Le 6 juin 2008

vendredi 13 juin 2008,
coucounian ©armenews.com



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