

Des centaines de milliers d’Arméniens ont commémoré le 93e anniversaire du génocide arménien de 1915. Les autorités d’Erevan ont dénoncé l’attitude de la Turquie qui continue de parler de "massacres".

Des milliers d’Arméniens, parmi lesquels de nombreux membres de la diaspora revenus pour l’occasion dans ce pays du Caucase, ont entamé l’ascension du mémorial aux victimes érigé dans le centre d’Erevan.

Parmi eux, Srbuhi Pirumian, vieille dame de 80 ans, qui raconte avoir "perdu toute sa famille" dans les massacres. "Les Turcs n’ont pas leur place en Europe, ils sont dangereux tant qu’ils n’admettront pas le génocide et ne demanderont pas pardon", estime-t-elle.

"Le déni n’a pas d’avenir, notamment aujourd’hui quand de nombreux pays dans le monde ont ajouté leur voix à celle de la liberté", a déclaré le nouveau président arménien Serge Sarkissian. "L’Arménie doit redoubler d’efforts pour restaurer la justice historique", a-t-il ajouté.

L’Arménie et la Turquie n’ont aucune relation diplomatique en raison de ce différend. Cette question complique également les négociations de la Turquie pour son entrée au sein de l’Union européenne (UE).

Selon les historiens, les événements de 1915-17 ont fait plus de 1,5 million de morts.

La Turquie conteste et parle de 250 000 à 500 000 victimes.

En août 1985, la sous-commission des droits de l’homme de l’ONU a reconnu le génocide arménien. Plus d’une vingtaine de pays ont également franchi le pas.

En Suisse, le Conseil national a reconnu le génocide, à l’instar du Grand Conseil vaudois et du Conseil d’Etat genevois.

Le Conseil fédéral a adopté pour sa part la formule de "tragiques déportations et de massacres".

La reconnaissance du génocide par le Conseil national a provoqué des tensions entre Berne et Ankara.
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