
Le dirigeant indépendantiste abkhaze Sergueï Bagapch a qualifié samedi de "propagande avant le sommet de l’Otan" la proposition du président géorgien Mikheïl Saakachvili d’"autonomie illimitée" au territoire séparatiste d’Abkhazie, ont rapporté des agences russes.
"La proposition de Saakachvili sur une autonomie illimitée de l’Abkhazie c’est de la propagande avant le sommet de l’Otan à Bucarest" prévu du 2 au 4 avril, a déclaré le leader pro-russe, cité par l’agence russe Interfax.
"La Géorgie essaye de se donner l’image d’un pays épris de paix devant l’alliance nord-atlantique à laquelle elle souhaite adhérer", a poursuivi M. Bagapch, ajoutant : "la direction abkhaze poursuivra son chemin vers une reconnaissance de notre indépendance".
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a proposé vendredi une "autonomie illimitée" à ce territoire qu’il n’est pas parvenu à faire revenir dans le giron de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir en 2003.
"L’autonomie illimitée, un large fédéralisme et une très sérieuse représentation dans toutes les structures du gouvernement central seront garanties", a déclaré le président.
Tbilissi a nié semedi soir tout lien entre sa proposition et ses vélléités d’entrer dans l’Alliance. "Je regrette que la première réaction abkhaze soit un rejet de notre initiative. Il est très incorrect de lier notre initiative avec des questions relatives à l’Otan", a déclaré samedi soir à l’AFP par téléphone le ministre géorgien chargé de la réintegration, Temour Iakobachvili.
"J’espère que les Abkhazes s’engageront finalement dans le dialogue car le rejet du dialogue aboutit à une impasse", a-t-il ajouté.
M. Saakachvili avait également lancé l’idée d’une "zone économique franche", synonyme de "plus de liberté" pour les Abkhazes auxquels il propose également la vice-présidence de la Géorgie et un droit de veto sur toute décision constitutionnelle de Tbilissi les concernant.
Parallèlement, il a appelé la Russie à devenir un "médiateur" et non plus parti prenante du conflit.
"Il est regrettable que les gouvernements séparatistes expriment non pas ce que leurs peuples ou eux-mêmes pensent mais ce qui leur est dicté par un pays voisin", a réagi aux propos de M. Bagapch la présidente du Parlement géorgien, Nino Bourdjanadzé.
Mme Bourdjanadzé qui s’exprimait sur la chaîne de télévision publique géorgienne faisait allusion à la Russie.
Les députés russes ont fait planer le 21 mars la menace d’une reconnaissance par Moscou des territoires indépendantistes de Géorgie, en représailles à celle du Kosovo par l’Occident.
Après la chute de l’URSS, au début des années 1990, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont proclamé unilatéralement leur indépendance et l’ont défendue, avec le soutien de Moscou, lors de conflits armés avec Tbilissi.
Jusqu’ici, aucun pays n’a reconnu leur indépendance, pas même la Russie, qui les a soutenus économiquement pendant des années.
Forte notamment de l’appui des Etats-Unis et au grand dam de Moscou, l’ancienne république soviétique de Géorgie espère être invitée à l’occasion du sommet de l’Alliance à Bucarest à rejoindre le Plan d’action en vue de l’adhésion, dernière étape avant l’adhésion.
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