Nouvelles d'Armenie    
POESIE
« Les couturières » de Missak MANOUCHIAN


Les couturières

Dédié aux couturières de Paris.

Elles sont là, devant la machine à coudre

Au premier rayon du soleil

Et coudront jusqu’à la nuit sans relâche,

S’abreuvant de jour jusqu’à tomber de sommeil.

La commande presse,le travail exige du soin,

Il le faut, sinon, c’est le chômage demain

Qui met à la merci de la misère

Dont le spectre est toujours là, montrant ses crocs.

Ainsi besognent-elles pour un patron

Qui les exploite sans pitié.

Révoltée ou soumise, la couturière

Chaque jour pose en tremblant son coeur sur son pain.

Elles sont les prisonnières malheureuses

De la fortune des grandes villes luxueuses

Et leur vie goutte à goutte s’écoule

Dans la coupe de la richesse et des orgies.

Voici les vieilles sans secours dont les mains sèchent,

Les veuves lasses qui ont tout perdu dans la vie,

Les jeunes filles adorables aux rêves sans mesure,

Qui sans se plaindre, engloutissent leur vie dans la misère.

Le travail sacré s’est changé en monstre.

On s’épuise à vouloir lui échapper

Mais sa griffe est puissante, elle asservit

Lentemant les âmes les plus nobles.

Lorque je vois cette lumière dans vos yeux

Qui s’éteint peu à peu pour un morceau de pain,

O mes soeurs, j’ai le coeur qui saigne, je voudrais

De votre épaule ôter le fardeau de la vie.

Et je serre les dents, et je serre les poings,

Haine et vengeance au fond du coeur...

Versez en moi votre souffrance, pour ranimer la flamme

Sacrée, de la lutte contre l’exploitation.

Missak Manouchian 1924 (ibidem).

jeudi 21 février 2008,
Stéphane ©armenews.com


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