Nouvelles d'Armenie    
POESIE
« Privation » de Missak MANOUCHIAN


La question, des amis parfois me la posent :

" Comment vis-tu donc, et comment l’âme ardente

Veux-tu donner force aux cœurs qu’a fui l’espoir ?

Le pain et le besoin sont ton lot pourtant."

Quand j’erre dans les rues d’une métropole,

Toutes les misères, tous les dénuements,

Lamentation et révolte l’une à l’autre,

Mes yeux les rassemblent, mon âme les loge.

Je les mêle ainsi à ma souffrance intime,

Préparant avec les poisons de la haine

Un âcre sérum - cet autre sang qui coule

Par tous les vaisseaux de ma chair, de mon âme.

Cet élixir vous semblerait-il étrange ?

Il me rend du moins la conscience du tigre,

Lorsque dents et poings serrés, tout de violence,

Je passe par les rues d’une métropole.

Et qu’on dise de moi : il est fou d’ivresse,

Flux et reflux d’une vision

Ne cessent d’investir mes propres pensées,

Et je me hâte, assuré de la victoire.

Traduction de l’arménien par Gérard HEKIMIAN

Source : LA POESIE ARMENIENNE

Anthologie des origines à nos jours

Réalisée sous la direction de Rouben Mélik

Les Editeurs Français Réunis

21, rue de Richelieu - Paris 1er

jeudi 21 février 2008,
Stéphane ©armenews.com


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