Nouvelles d'Armenie    
René Rouquet
« Mes nouvelles d’Arménie »
Le point de vue de René Rouquet, député-maire d’Alfortville, paru dans le numéro 134 des Nouvelles d’Arménie Magazine


L’actualité de cette rentrée nous offre, une fois encore, l’occasion de porter notre attention sur un pays qui nous est cher : l’Arménie. J’aimerais brièvement revenir sur le voyage que je viens d’effectuer à Erevan du 5 au 7 septembre aux côtés du Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, à l’invitation de nos amis de la FRA Dachnaktsoutioun, et qui constituait une première à ce niveau. Avec les membres de notre délégation, mon collègue député de Seine-Saint-Denis Bruno Le Roux, des représentants du secteur international du PS, de la FRA Dachnaktsoutioun pour l’Europe Occidentale, du Comité de Défense de la Cause Arménienne et des médias arméniens de France, nous avons eu de fructueux échanges avec le Premier ministre de la République d’Arménie Serge Sarkissian, le ministre des Affaires étrangères Vartan Oskanian et le viceprésident de l’Assemblée nationale Monsieur Vahan Hovhanessian. Tous ont salué la qualité des relations entre la France et l’Arménie, et ont appelé de leurs voeux le renforcement de partenariats dans certains domaines comme l’éducation et la francophonie. Autant d’éléments qui ont été également repris au cours d’une conférence de presse donnée au siège du Bureau Mondial de la FRA Dachnaktsoutioun à Erevan. Le point sur la situation internationale n’a pas été absent de nos discussions, le Premier secrétaire réaffirmant, à ce titre, la position des socialistes français vis-à-vis de la Turquie, et rappelant que la reconnaissance du génocide arménien restait la condition à une éventuelle adhésion de ce pays à l’Union européenne. Enfin, au titre des temps forts de ce séjour, nous avons également eu l’honneur d’être accueillis par le président de la République d’Arménie, mon ami Robert Kotcharian. Cette rencontre, effectuée au lendemain du scrutin législatif arménien, et au moment où l’Arménie s’apprête à entrer en campagne pour l’élection présidentielle prévue au printemps 2008, nous a permis d’avoir des échanges éclairés sur la situation du pays comme sur l’évolution du contexte et des relations politiques régionales avec l’Iran, la Turquie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Les liens entre l’Arménie et la France étaient également à l’ordre du jour de l’entretien avec le président Kotcharian. Des liens d’amitié qui, nous a-t-il lui-même indiqué « se renforcent d’année en année » et « englobent de nouveaux domaines ». François Hollande a précisé quant à lui, au nom des socialistes français, que nous étions prêts à aider l’Arménie à l’exécuter de nouveaux programmes et à développer la coopération entre nos deux pays. Nous sommes nombreux à être attentifs, parmi mes collègues maires ou parlementaires, au renforcement des conditions d’un développement harmonieux en Arménie. C’est particulièrement le cas, dans le cadre des relations de jumelage qui unissent certaines de nos collectivités. Ces dernières années, nous avons franchi ensemble d’importantes étapes sur le pont symbolique qui nous unit à « l’Haïastan », sur ce chemin fait de fraternité, de mémoire, de coopération et de solidarité. Si nous, élus, sommes nécessairement attentifs à oeuvrer pour préserver la mémoire du peuple arménien et notamment à punir ceux qui continuent de nier l’existence du génocide de 1915, je reste convaincu qu’il est aussi de notre devoir de répondre en toutes circonstances aux attentes de l’Arménie, en termes de coopération et de développement, que ce soit au sein de nos groupes daAmitié respectifs à l’Assemblée nationale et au Sénat, mais également à l’échelle de nos collectivités. Telle est de longue date l’ambition d’Alfortville, au travers de l’action de notre Comité de Jumelage auprès de la commune d’Ochagan, et qui trouvera prochainement une nouvelle concrétisation au travers de la construction sur place d’un équipement. En effet, engagée à promouvoir l’enseignement de la langue française, Alfortville a accueilli ces dernières années des enfants de notre ville jumelle venus parfaire leur apprentissage du français et découvrir notre région. Ces jeunes élèves arméniens auront bientôt la chance de mieux connaître notre langue et notre culture grâce à la Maison d’Alfortville à Ochagan. Courant octobre, nous irons découvrir l’avancement du chantier de cette structure où seront notamment accueillis les élèves des classes de français qui ont été ouvertes à Ochagan dans le cadre de notre coopération. Enfin, je ne peux conclure ce compte rendu sans revenir sur un moment empreint d’une intense émotion pour la délégation, où nous avons pu nous recueillir, une fois encore, au mémorial érigé en mémoire des victimes du génocide arménien. Comme l’a écrit François Hollande au Mémorial : « reconnaître le génocide n’est pas un acte de vérité envers l’Histoire ; c’est donner la dignité à tous les Arméniens du Monde ». Au-delà de cette solidarité de coeur avec le peuple arménien, chacun de nous a pu apprécier au cours de ce bref séjour l’opportunité qui nous était donnée de réitérer notre amitié et nos liens fraternels à l’égard de l’Arménie. A cet égard, nos interlocuteurs ont remercié les socialistes français d’avoir été à l’origine de la proposition de loi sur la reconnaissance du génocide arménien et, plus récemment, de la loi sur la pénalisation de la négation du génocide, en dépit des protestations véhémentes d’Ankara. Mais nous le savons, pour avoir force de loi, ce texte doit être à présent examiné et adopté par le Sénat. C’est désormais à cette mission que tous les amis de la cause arménienne devront s’atteler en France. La prochaine rentrée parlementaire doit pouvoir nous donner l’occasion de réaffirmer la nécessité de légiférer en faveur de la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, car comme l’a rappelé en effet notre collègue François Hollande lors de sa conférence de presse : « Cette loi est une question de solidarité et d’honneur. C’est plus qu’une simple question arménienne, parce que si le génocide n’est pas reconnu, personne ne pourra garantir qu’il n’y aura aucune répétition de tels événements tragiques ». Comme ce fut déjà le cas lors du débat sur la reconnaissance du génocide arménien, la « balle » est donc aujourd’hui, une fois encore, dans le camp de nos collègues sénateurs. J’espère de tout coeur qu’ils rejoindront la conviction qui a été la nôtre, à l’Assemblée nationale, voici quelques mois, lorsque nous avons voté la loi relative à la pénalisation de la négation de ce génocide. Le Sénat ne peut admettre plus longtemps en effet l’absence de législation claire sur la pénalisation du génocide arménien. Une pénalisation qui n’est pas à comprendre comme une censure, ni comme une interdiction d’un droit d’expression qui est, par ailleurs, encadré et protégé en France, mais bien comme une protection pour tous nos concitoyens contre les dérives propagandistes et négationnistes qui continuent d’insulter les mémoires. Comme nous l’a rappelé Bernard-Henri Lévy : « la lutte contre le négationnisme ne se divise pas. Laisser une chance à l’un, équivaudrait à ouvrir une brèche à l’autre ».
lundi 1er octobre 2007,
Spidermian ©armenews.com


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