Nouvelles d'ArmÈnie
El Tribuno
La Turquie chercherait activement à se rapprocher de l’Arménie

lundi23 juillet 2007, par Ara/armenews

’’La Turquie ne se dirige pas vers une république islamique ’’, c’est ce qu¹a assuré l’ambassadeur de ce pays en Argentine, Hayri Yalav, lors d¹une interview accordée au journal argentin El Tribuno. Il juge que les élections parlementaires de dimanche confirmeront l’avance des modérés du courant démocratique, bien que toutes les enquêtes indiquent le contraire. En outre, que l’Islam qui est pratiqué en Turquie "cherche un compromis entre la religion et les structures démocratiques modernes", niant que son pays marche vers une république islamique.

"Il est impossible qu’une république islamique s’établisse en Turquie ", fait par ailleurs remarquer le diplomate dans une entrevue avec un journaliste de l¹agence de presse Télam. Sur la question de la relation entre l’État et la religion, il a indiqué que "le kemalisme a essayé de transformer la Turquie en une nation européenne", orientation qui ordonne la primauté des valeurs républicaines sur les règles islamiques.

"Durant longtemps nous avons cru que les Européens étaient meilleurs et de ce fait nous rendraient meilleurs. Avec l’avènement des moyens massifs de communication, le peuple turc s’est rendu compte qu’aucune culture n¹est meilleure qu’une autre. Comme êtres humains, nous avons tous les mêmes vertus et les mêmes défauts ", a ­t- il ajouté.

L’ambassadeur soutient qu’actuellement ³il y a une nouvelle confiance en nous-mêmes et un nouvel intérêt dans les valeurs islamiques. Les Turcs savent que leurs valeurs sont aussi bonnes et le gouvernement cherche l’équilibre entre l’État laïc et le peuple qui est majoritairement musulman ".

"Chaque personne pratique ses croyances, l’Islam ne leur dicte pas la vie. Mais l’État garantit l’espace qui correspond à l’Islam dans l’ordre public, parce que pendant très longtemps le statisme a exclusivement déplacé la religion au terrain privé ".

Hayri Hayret Yalav a souligné que la Turquie a effectué d’importantes réformes durant les sept dernières années "en accord avec les demandes de l’Union Européenne sur les droits humains, la démocratisation de la société et les syndicats, le rôle des militaires et les privatisations".
Il a indiqué que "pour la première fois la politique extérieure tient un rôle dans les élections" et que sur ce plan trois questions restent en suspens et d¹une grande influence dans la société et pour le futur de la politique turque : Chypre, la situation des Kurdes et l’Arménie. "La plus importante est Chypre. Pour notre peuple c¹est aussi important que le sont les Malouines pour l’Argentine", a-t-il affirmé.

Yalav a en outre indiqué que "la seconde question est comment intégrer les Kurdes au système politique turc et d’isoler le Parti des Travailleurs du Kurdistán (PKK), qui est une organisation terroriste". Le diplomate souligne que son pays n’acceptera pas la conformation d’un état kurde indépendant dans le nord de l’Iraq qui serait une base pour le PKK et un facteur d’instabilité pour toute la région.

Hayret Yalav explique qu’avec la disparition de l’Union Soviétique sont nées des conditions vers une discussion sur la question arménienne et que la Turquie cherche activement à avoir des relations plus proches avec l’Arménie, basées sur les traités bilatéraux et multilatéraux existants.

"Le gouvernement turc a proposé la création d’une commission historique conjointe pour examiner les matériaux disponibles sur la question arménienne au début du XXème siècle ", a conclu l’ambassadeur.

Traduction Jean Eckian



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