Article du jeudi 1 mars 2007
Arsen rêve de grandes scènes
LE PROGRES DE LYON
Arménien installé à Lyon depuis bientôt quatre ans, Arsen Martirosyan boxera vendredi à Gerland contre le Togolais Amstrong Moebi pour un titre intercontinental WBA. Un nouveau pas vers son Graal
« Gagner un championnat du monde ». Râblé, fonceur, presque timide et pourtant si déterminé, Arsen Martirosyan n’y va pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit d’évoquer son ambition. Lui qui affronte vendredi au Petit Palais des Sports de Gerland le super-coq togolais Amstrong Moebi ne veut pas évoquer le combat. « Je parle après, lâche-t-il. Seul le résultat compte ».
A peine consent-il à évoquer son adversaire : « C’est un bon boxeur, très résistant comme tous les Africains. Il frappe dur ». Le Togolais, 35 ans, affiche effectivement 16 victoires (dont 9 KO) pour 20 combats. « Mais un boxeur, c’est un boxeur », sourit-il énigmatique. Même s’il ne veut pas se voir trop beau avant l’heure, Martirosyan a en tout cas sérieusement préparé ce rendez-vous qui peut lui permettre d’obtenir un titre intercontinental WBA laissé vacant. Des rounds et des rounds de sparring. Il en a enchaîné plus de 150 au total. « Normal, tous les champions font ça ». Né à Erevan il y a 29 ans, issu d’une famille modeste, l’envie de faire du sport lui et venue tôt. Et il est allé à rude école : pendant sept ans, il a conjugué entraînements de boxe et de foot. Puis il a fait une incroyable carrière amateur : 101 combats, 82 victoires dont 53 par KO.
« L’Arménie c’était le système soviétique, se souvient-il. Pas de pro mais une école de boxe très difficile, la meilleure du monde ». Il enchaîne donc les combats dans les ex-pays frères. A Moscou - « tous les Russes étaient très durs à prendre » -, à Cuba, dont on connaît la qualité des boxeurs, dans les pays de l’Est
A Lyon, il se fait un nom et un public
Mais ce petit bonhomme voit plus loin. Il décide de venir en France avec dans la poche un contrat pro chez Aurélio Gomez. A peine débarqué, pas très bien préparé, il s’incline aux points contre Nordine Barmou. Sa seule défaite à ce jour, en dix rencontres professionnelles. Entre-temps, un peu paumé après avoir rompu son contrat avec Gomez, il rencontre Saadi Mechiche et le club de Lyon-Boxe lui fait confiance. « Ça s’est tout de suite bien passé et j’ai gagné », remarque celui qui dit avoir aussi mieux compris le monde pro.
Encouragé et soutenu par quelques passionnés issus de la communauté arménienne de la ville, il se fait un nom, un public et des amis. Il devient aussi le sparring-partner et un peu plus de Mahyar Monshipour, « un très grand ami qui m’a invité pour préparer ses championnats du monde ». Croyant, très pratiquant, aimant écouter la musique qui lui rappelle ses origines, il est avant tout un sacré combattant. « Encore amateur je bagarrais déjà. Je cogne. Tous les champions pros sont durs, ce sont des frappeurs », explique Martirosyan avec un calme qui tranche sur ses propos. Et dans un français toujours hésitant. « J’ai encore besoin de travailler pour améliorer ma technique », reconnaît celui que le milieu a surnommé « le petit taureau d’Erevan ». Prêt à aller doucement vers ce championnat du monde, tant espéré pour que le rêve devienne réalité, il voudrait l’aborder « bien préparé ». En tout cas, il ne veut pas laisser passer sa chance.
J.P. Zanolo
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