Nouvelles d'Armenie    
Jean Noël Guérini
Je persiste et signe. Je défendrai la proposition de loi sur la pénalisation du négationnisme du génocide arménien


Le vote des députés, le 12 octobre, est une étape importante dans la lutte contre le négationnisme. Mais ce n’est qu’une étape. Afin d’atteindre l’objectif qui nous est commun, je persiste et signe. Oui, je défendrai devant les sénateurs la proposition de loi adoptée par les députés le 12 octobre. Il n’est pas question, après une première victoire, de baisser la garde. Car après la reconnaissance du génocide arménien, en 2001, obtenue après de longues années d’un combat que nous avons mené ensemble, nous avons bien vu que les provocations, les insinuations, les manœuvres ne cessaient pas. Pire, au cours de ces derniers mois, nous avons pu mesurer la volonté d’escalade des négationnistes. Il est donc nécessaire de permettre à l’Etat de garantir la paix civile en faisant respecter la diversité des origines et des sensibilités de ceux qui résident sur le territoire français, au-delà des fractures de l’Histoire.

J’avoue cependant que certaines réactions me surprennent. Je ne parle pas ici des pressions que le gouvernement d’Ankara a décidé de faire subir à la France, ni des mesures de rétorsion prises par ceux qui méprisent la vérité. Non, je parle plus simplement de ceux, qui, en France, en se drapant dans les oripeaux d’éternels donneurs de leçon, affirment, pour dénigrer le juste vote des députés, que la loi ne doit pas se substituer au travail des scientifiques.

Soyons clairs. Que nous dit justement l’Histoire : Y a-t-il eu en 1915, génocide de tout un peuple, le peuple arménien ? Les preuves sont là, elles existent : la forme la plus absolue de violation des droits de l’homme qu’est un génocide, a bien été perpétrés contre votre peuple. Exterminations programmées, déportations, massacres à grande échelle, atrocités et carnages barbares, camps de concentration.

C’est ainsi que fut exterminée la communauté arménienne ottomane. C’est cela la vérité historique. Elle n’est pas contestable. Comment pouvons-nous un seul instant l’affirmer et dans le même temps accepter que certains, Etat ou individu, puissent le nier ? C’est cela le sens de la proposition de loi que je porterai devant les sénateurs.

Elle refuse la tolérance d’un quelconque négationnisme, actif ou passif, qui absout dans les faits de toute responsabilité, les auteurs d’un crime contre l’humanité. Elle affirme qu’en refusant de condamner la négation de ce génocide, ce négationnisme accroît le risque d’accepter plus facilement de nouveaux génocides. Ne dit-on pas que « ceux qui oublient le passé, sont condamnés à le revivre ». Et ceux qui aujourd’hui parlent de clientélisme ou d’électoralisme, font peu cas de la dignité de la communauté arménienne !

Si je prends le relais des députés, c’est parce que ce combat contre le négationnisme est juste, historiquement juste. Les descendants des malheureuses victimes massacrées ont le droit historique de transmettre la mémoire de leurs parents. L’oubli, la négation du massacre de 1915, seraient pour ces victimes, une deuxième mort. La route sera encore longue, pleine d’embûches. La loi doit maintenant être proposée au Sénat. Continuez à agir. Ne vous démobilisez pas ! Faites que les actes de tous vos amis soient clairement en adéquation avec leurs paroles. Elu de la République, je ne faillirai pas.

J’ai été, je suis et je resterai à vos côtés. En défendant le projet de loi au Sénat, mais aussi en prolongeant les actions de coopération initiées par le Conseil général des Bouches - du - Rhône, qui répondent concrètement aux attentes d’une population envers laquelle nous devons manifester notre solidarité.

lundi 1er janvier 2007,
Spidermian ©armenews.com


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