Mémoire 2000, La Ligue des droits de l’homme, SOS-Racisme, le MRAP, l’Union des étudiants juifs de France, J’accuse, le comité de défense de la Cause arménienne, le Consistoire israélite de France, la FNDIRP (association d’anciens déportés) et l’AFMA (association Fonds mémoire d’Auschwitz) ont diffusé, lundi 23 octobre, un communiqué commun, soutenant l’action lancée par la famille Volson contre L’Est républicain.
Le quotidien de Nancy a refusé, le 11 septembre, de publier une petite annonce d’anniversaire de décès. Fred Wolfsohn, dit "Volson", ancien déporté d’Auschwitz, est mort à 43 ans, en 1966, "des suites d’une mauvaise rencontre avec la barbarie nazie", disait le faire-part, refusé par le journal au motif qu’"aucune allusion politique ou idéologique ne peut s’exprimer dans la rubrique". L’annonce est passée dans Le Républicain lorrain, Le Figaro, ainsi que dans Le Monde du 5 octobre.
"La barbarie nazie est une réalité aujourd’hui reconnue comme fondement du génocide des juifs par le Tribunal international de Nuremberg. Elle est mentionnée telle quelle dans plusieurs textes officiels en France", rappelle le communiqué des dix associations. A L’Est républicain, on ne souhaite pas communiquer sur cette affaire, pour éviter d’exacerber les tensions. Le journal a proposé trois réécritures de la phrase litigieuse, qui évoquent "le traumatisme subi en camp de concentration". Gérard Colin, directeur général, a écrit le 4 octobre à Joël Volson, l’un des fils de Fred Volson, pour proposer que la rédaction écrive un article retraçant la vie et le calvaire de Fred Volson.
Communiqué du CDCA
Les associations signataires tiennent à exprimer leur solidarité avec la famille VOLSON qui s’est vue refuser par le service de publicité et par la Direction de "L’EST REPUBLICAIN" l’insertion d’une annonce, évoquant la mémoire de leur père, victime "d’une mauvaise rencontre avec la Barbarie Nazie". Le refus obstiné de ce quotidien, qui repose sur "la déontologie qui s’applique (aussi) à la rubrique nécrologique" leur paraît d’autant plus contestable que, selon la direction du journal, la formulation de l’annonce que d’autres organes de presse ont accepté, depuis, de publier*, comporterait "une allusion politique ou idéologique".
La "barbarie nazie " est une réalité aujourd’hui reconnue comme fondement du génocide des juifs, par le tribunal international de NUREMBERG. Elle est mentionnée telle quelle dans plusieurs textes officiels en vigueur en France.**
Le recours à cette expression utilisée par les historiens et par le législateur ne peut donc, comme le prétend « L’EST REPUBLICAIN » être proscrit de la rubrique nécrologique et remplacée par l’évocation des « traumatismes des camps de concentration » qui, eux aussi sont bien réels ; mais d’une toute autre nature que la « solution finale » mise en oeuvre par les nazis dans les camps d’extermination, en particulier à AUSCHWITZ.
* Le Monde, Le Figaro, Le Républicain Lorrain, La Presse de la Manche.
** cf : Décret n°2004-751 du 27 JUILLET 2004 Délibération de la HALDE n°2005-48 du 17 octobre 2005
Paris, le 23 octobre 2006.
Liste des associations signataires : MEMOIRE 2000 S.O.S. Racisme MRAP : Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples LDH : Ligue des Droits de l’Homme Consistoire Central : Union des Communautés Juives de France U.E.J.F. : Union des Etudiants Juifs de France J’ACCUSE : Action Internationale Pour la Justice ( AIPJ) C.D.C.A. : Comité de Défense de la Cause Arménienne AFMA : Association Fonds Mémoire d’Auschwitz FNDIRP : Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance
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