Nouvelles d'Armenie    
Jacques Chirac en Arménie pour un "voyage de mémoire"


Jacques Chirac en Arménie pour un "voyage de mémoire"

ALAIN BARLUET .

Publié le 29 septembre 2006

C’est la première visite d’un chef d’Etat français à Erevan.

CERTAINS VOYAGES officiels promettent plus d’émotion que d’autres. Cette visite d’Etat de deux jours, la première d’un président français en Arménie, s’annonce chargée de symboles. Arrivé hier soir à Erevan, Jacques Chirac rendra hommage ce matin au million et demi d’Arméniens massacrés par l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Dans l’entourage de Jacques Chirac, on parle d’un « voyage de mémoire et de retrouvailles entre deux peuples ». En Arménie, il entend apporter le soutien d’une « vieille nation », la France à une « jeune république indépendante (depuis septembre 1991, NDLR) ». Cette visite est aussi pour le chef d’Etat l’occasion de corriger son image « pro-turque », alors que la perspective d’une entrée d’Ankara dans l’Union européenne suscite toujours une large hostilité dans la classe politique et dans l’opinion. Pour Paris, comme pour l’Union européenne, il n’existe aucun lien direct entre l’adhésion turque et la reconnaissance du génocide, un terme récusé par Ankara qui soutient que des massacres, commis de part et d’autre, ont fait de 300 à 500 000 morts. A Strasbourg, mercredi, les eurodéputés ont d’ailleurs refusé de considérer cette reconnaissance comme un préalable à l’adhésion. Jacques Chirac vient toutefois de souligner la conditionnalité implicite entre les deux démarches. Interviewé cette semaine par le magazine Nouvelles d’Arménie, le chef de l’Etat réaffirme qu’il est « essentiel » à ses yeux de voir la Turquie arrimée à l’Occident. Mais il relève aussi que « l’Europe, c’est d’abord un effort de réconciliation, de paix, de respect et d’ouverture aux autres », ajoutant que cela « s’est traduit toujours et partout par un effort de mémoire ». « L’adhésion à l’UE est une adhésion à des valeurs », résume-t-on à l’Elysée où l’on estime que les Turcs sont maintenant disposés à engager une réflexion sur l’histoire qui prendra nécessairement du temps.

Voyage très suivi par Ankara

Ce voyage sera suivi très attentivement à Ankara, d’autant qu’une autre échéance se profile. Le 12 octobre prochain, les députés français devraient reprendre l’examen d’un projet de loi socialiste visant à sanctionner la négation du génocide arménien. Ce texte, destiné à compléter la loi du 29 janvier 2001 par laquelle la France reconnaissait le génocide, prévoit de pénaliser à hauteur de 45 000 euros et d’un an d’emprisonnement les propos négationnistes. La proposition de loi avait déjà été examinée en mai dernier et suscité de fortes divisions à gauche comme à droite. A cause d’une bataille de procédure et du peu d’empressement du président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, elle n’avait finalement pas été soumise au vote. L’affaire avait surtout provoqué la colère de la Turquie qui y avait vu un nouveau « coup bas » pour lui barrer la route de l’Europe. Ankara avait même brandi la menace de représailles économiques contre la France. L’issue du vote, s’il a lieu, est incertaine, nombre de députés UMP étant favorables au texte. L’ire d’Ankara pourrait être ravivée.

samedi 30 septembre 2006,
Stéphane ©armenews.com

D´autres informations disponibles : Le Figaro


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