Nouvelles d'Armenie    
GENOCIDE
Génocide Arménien : Un témoignage par jour


Récit n° 64 de Nathalia Parséghian

Fille d’Avédis

Née à Kars, village de Dzebni

On disait de nos familles,"Tarpinents"

C’est-à-dire ’ceux de Darbin’. Nous étions très riches.

Juste avant la guerre, les Turcs avaient emmené les hommes, les Arméniens et les autres Chrétiens, et les avaient tués. C’est pour cela que nous avons laissé nos maisons et tous nos biens et que nous nous sommes sauvés.

Ma mère a pris ses 4 filles : Siranouche, Heranouche, Nounig et moi, elle a attelé les bœufs et nous sommes partis.

Nous sommes arrivés près d’un grand fleuve.

Mon oncle, avec son cheval, nous a fait passer sur l’autre rive. En route, les femmes étaient fatiguées, elles ne pouvaient plus porter leurs bébés, elles les déposaient par terre, elles avançaient. Nous, nous étions grandes, nous avons marché.

Nous sommes arrivés dans un village, nous nous sommes arrêtés dans une maison. Nous avons allumé le foyer, nous nous sommes séchés et réchauffés. C’était déjà à Léninakan.

Mes grandes sœurs et moi nous sommes sorties jouer, il faisait nuit noire. Les gens ont cru que nous étions des enfants abandonnés, ils nous ont emmenées à l’orphelinat. Pendant ce temps, ma mère avait commencé à nous chercher, disant "les enfants ne sont pas là !"

Mes oncles ont dit qu’on les avait vues partir à l’orphelinat. Ensuite maman est venue nous ramener. Plus tard je me suis mariée.

Maintenant j’ai un bon fils, une bonne bru et de bons petits-enfants.

Témoignage recueilli par Verjine Svazlian

Traduction Louise Kiffer 21 sept 06

jeudi 21 septembre 2006,
Stéphane ©armenews.com


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