PARIS
Manifestation contre l’Azerbaïdjan
jeudi2 mars 2006,
par Manuelle Tilly/armenews

Mardi 28 février, une date anniversaire. Celle du massacre de Sougmaït en 1988.
Le rendez-vous était donné devant l’ambassade d’Azerbaïdjan mais c’est finalement à quelques centaines de mètres de là, sur la place du général Gouraud, que se retrouvent plus de 500 Arméniens de France.
Malgré le froid, ils viennent protester contre la politique criminelle et anti-arménienne de l’Azerbaïdjan.
En 2005, les Azéris ont détruit des cimetières arméniens, classés patrimoines de l’humanité par l’Unesco. Le cimetière de Djoulfa comptait 10 000 tombes. Il n’en reste aujourd’hui plus que 2 000.
A l’appel des trois formations politiques Fra Dachnaktsoutioun, Adl Ramgavar et Psd Hentchak et avec le soutien du CCAF, la manifestation de Paris est l’écho en France d’un rassemblement de plus de 100 000 personnes à Erevan.
« Azerbaïdjan Etat criminel » peut-on lire sur une banderole. Un message clair. Plus loin, une autre dénonce en lettres rouges « L’Azerbaïdjan détruit les cimetières arméniens ».
A 19h, les couleurs de l’Arménie flottent au vent, des torches sont allumées. Des députés venus apporter leur soutien à la cause arménienne prennent tour à tour la parole.
« Ces exactions sont inadmissibles. Nous sommes à vos côtés », déclare François Rochebloine, député UDF de la Loire. Tous partis politiques confondus, la communauté arménienne cherchent l’appui des députés et sénateurs.
« Une fois encore l’Arménie souffre, le peuple arménien est en deuil, car les Azéris détruisent notre passé » affirme Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône.
C’est ensuite Mourad Papazian, président de la Fra pour l’Europe, qui prend le micro, déclarant haut et fort : « Nous sommes ici pour protester contre la politique impérialiste de l’Azerbaïdjan, contre la politique criminelle de l’Azerbaïdjan, contre la politique anti-arménienne de l’Azerbaïdjan ! » Evoquant les exactions des Azéris et les offenses faites une fois de plus au peuple arménien, il demande : « Allons-nous le tolérer ? ». « Non ! » répond la foule à l’unisson.
La Fra attend du gouvernement français qu’il réagisse en demandant des comptes à l’Azerbaïdjan et en envoyant une mission d’observation sur place pour constater la destruction des cimetières.
Une lettre, destinée à l’ambassadeur d’Azerbaïdjan, est lue au public. Elle explique les griefs de la communauté. Une petite délégation est chargée d’apporter le courrier à l’ambassade.
Pendant l’attente, les rythmes orientaux envahissent la place. Les manifestants discutent, échangent. Tous ne veulent qu’une chose. Que leur peuple soit respecté. Les morts comme les vivants.
Une jeune femme se met à scander des slogans en arménien et la foule répète après elle. « Solidarité ! Justice ! »
Un quart d’heure est passé. Mourad Papazain revient sur scène et annonce la nouvelle. L’ambassadeur n’a pas voulu entendre la délégation. Il a même refusé de prendre le courrier qui lui était adressé.
Il est 20h00. La manifestation prend fin. Première action d’un long combat que la communauté arménienne de France va mener pour « dévoiler le vrai visage de l ’Azerbaïdjan ». « La guerre politique nous la mènerons et nous la gagnerons ! C’est ensemble que nous y arriverons ! » Derniers mots. Derniers applaudissements. Pour cette fois.
Vous avez aimé cet article ?
Pour aider le site a vivre, il vous suffit de
|