Nouvelles d'ArmÈnie
GENOCIDE
La France toujours dans le collimateur de M. Gul

mardi22 novembre 2005, par Gari/armenews
Le ministre turc des affaires étrangères et vice-premier ministre Abdullah Gul a indiqué dimanche qu’aucun gouvernement des pays de l’UE, à l’exception de celui de la France, n’avait apposé sa signature au bas d’un quelconque document reconnaissant le génocide des Arméniens. M. Gul a toutefois ajouté que les parlements de certains pays et institutions de l’UE, comme la Grèce, Chypre, la Belgique, la France, l’Italie, la Suède, la Slovaquie, les Pays-Bas, la Pologne, l’Allemagne, le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, avaient adopté des résolutions en ce sens. Mais ces résolutions n’ont pas valeur exécutive et contraignante selon lui, car motivées politiquement et non soutenues par les gouvernements des pays concernés. M. Gul a aussi évoqué les efforts de la Turquie en vue d’informer l’opinion publique internationale sur la réalité des faits face aux allégations arméniennes, et des conséquences négatives que de telles résolutions ont sur les communautés turques vivant en Europe, en butte à l’hostilité, et sur les relations entre la Turquie et l’Arménie. Il a conclu sur la nécessité de soumettre la question du génocide aux seuls historiens.
Des historiens se sont justement penchés sur la question lors d’une conférence internationale marquant le 90e anniversaire du génocide des Arméniens le 15 novembre dernier à Stockholm, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché les Turcs d’exprimer leur mécontentement concernant les conclusions du forum. L’ambassade de Turquie dans la capitale suédoise s’est notamment plainte de ce que l’historien turc Kemal Cicek ait disposé de moins de temps pour faire son exposé. Les organisateurs de la conférence ont répondu que les temps de parole avaient été attribués à l’avance et que les participants pouvaient les contester en temps voulu. Karo Hagopyan, de la commission chargée de l’organisation de la conférence, a ajouté que la sujet même de la rencontre induisait qu’il allait être question de différents aspects historiques du génocide arménien, et non du point de vue officiel turc. La presse turque et le ministère des affaires étrangères de Turquie ont aussi reproché aux organisateurs de la conférence de Stockholm de ne pas avoir laissé le correspondant du journal Hurriyet y assister, une rumeur d’ailleurs aussitôt démentie par l’ambassadeur de Suède à Ankara. Les organisateurs de al conférence soulignent que, malgré l’interdiction préalable de prendre des images et enregistrements de l’événement, les journalistes turcs présents ont filmé et enregistré la conférence, mais ils n’ont été qu’à moitié satisfaits, n’ayant pu se livrer à leur occupation favorite, à savoir filmer les participants et membres de l’assistance, manifestement pour investigations futures, comme ils l’avaient fait dans une conférence similaire à Upsala. Beaucoup de participants s’étaient d’ailleurs étonnés de ce que l’ambassade de Turquie accepte d’assister à une conférence dédiée au génocide des Arméniens. Les Turcs ont aussi été mécontents de ce que Kemal Cicek n’ait pas été en mesure d’exposer comme ils l’auraient voulu leur point de vue, faute de maîtriser suffisamment l’anglais et surtout en raison d’un certain manque de cohérence dans son exposé.


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