Nouvelles d'Armenie    
Martine David
Au-delà de la reconnaissance... le respect du souvenir
Le point de vue de Martine David


Comme bon nombre de mes devanciers dans ces colonnes, je suis membre du Groupe d’amitié de l’Assemblée nationale entre la France et l’Arménie dont je suis vice-présidente. Je suis également élue depuis 1988 de la XIIIe circonscription du Rhône composée des cantons de Meyzieu, Saint-Priest et Décines qui abritent de nombreuses associations culturelles et bon nombre de familles d’origine arménienne. Je suis ainsi particulièrement fière de les représenter, elles qui font vivre avec une remarquable constance le souvenir des persécutions subies à partir de 1915. Fortement investie sur les questions liées à la mémoire en tant que parlementaire, j’ai tout naturellement été en première ligne du processus législatif qui avait abouti au vote à l’unanimité de la proposition de loi déposée par le Groupe Socialiste afin que soit reconnu publiquement et solennellement le génocide subi par le peuple arménien en 1915.
A cette occasion j’étais intervenue à la tribune de l’Assemblée nationale pour dire ma fierté d’avoir contribué à ce que la mémoire des hommes soit la sépulture dont n’avaient trop souvent pas bénéficié les victimes de ces terribles crimes. Près de six ans après ce vote symbolique, qui couronnait l’action patiente, déterminée et courageuse de nombreux hommes et femmes rescapés ou de leurs descendants, il est apparu que la reconnaissance du génocide ne suffisait hélas pas à en assurer le souvenir. En effet, trop nombreux sont encore ceux qui nient les faits les plus évidents ou qui parlent honteusement et scandaleusement de « version arménienne de l’histoire ». Face à ce négationnisme nauséabond, il restait à combler un dangereux vide juridique afin que tout texte ou déclaration niant la réalité du génocide arménien puisse être durement condamné.
C’est à cet effet que j’ai, avec plusieurs de mes collègues du groupe socialiste, déposé le 8 juin dernier une proposition de loi étendant les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse, et notamment celles concernant la négation des crimes contre l’humanité, au génocide arménien justement reconnu par la loi du 29 juillet 2001.
Une nouvelle séquence législative s’ouvre ainsi et j’espère pouvoir, avec mes collègues co-signataires, obtenir l’examen de ce texte dans un délai raisonnable. Malheureusement, très peu de fenêtres parlementaires sont réservées pour l’opposition et de nombreux autres sujets sont également en attente d’un répit dans le programme des multiples projets de recul social du gouvernement. Les députés socialistes souhaitent néanmoins faire preuve de volontarisme en la matière, et le dépôt de l’article unique de cette proposition de loi en est la meilleure illustration. On peut ainsi espérer que l’apologie, mais aussi et surtout la négation du génocide arménien seront sanctionnées pénalement dans l’échéance la plus brève.
C’est à cette condition que la reconnaissance sera vraiment effective. C’est à cette condition que le spectre du négationnisme sera dûment prévenu. C’est à cette condition que les conditions de la réconciliation seront réunies. Je serai en tout cas vigilante et déterminée pour atteindre cet objectif et je compte sur le soutien de toutes les associations et de toutes celles et ceux auxquels ce combat tient à cœur.
mercredi 1er septembre 2004,
Spidermian ©armenews.com

Martine David est député PS du Rhône.



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