Nouvelles d'Armenie    
Edward Nalbandian
L’occasion exceptionnelle pour découvrir les valeurs du patrimoine culturel arménien et de mieux connaître l’Arménie, sa culture et son histoire, son passé et son présent.
Le point de vue de Edward Nalbandian


Les présidents d’Arménie et de France ont convenu à l’occasion de la récente visite du président Kotcharian en France qu’une année de l’Arménie serait organisée en 2006/2007 en France.
Sans vouloir abuser des grands mots c’est une décision d’une grande importance, qui est venue témoigner du plus haut niveau des relations franco-arméniennes et qui ne peut que favoriser encore davantage la consolidation de l’amitié séculaire entre nos deux nations, nos deux peuples.
Les relations d’amitié entre la France et l’Arménie datent de plusieurs siècles. Nos deux peuples ont entretenu des liens étroits dès le Moyen-Age. Dès lors ces liens n’allaient cesser de se renforcer et de s’étendre.
Que pouvait-il donc y avoir de commun entre une puissance mondiale présente sur tous les continents et une vielle nation à l’existence perpétuellement menacée ? Probablement l’attachement à une certaine identité culturelle, que nous avons en partage.
En effet, la nation arménienne a survécu, malgré des conditions géopolitiques défavorables, grâce aussi à son identité culturelle et spirituelle, qu’elle a farouchement défendu et qui, depuis le Moyen-Age, a toujours constitué un objet d’intérêt, sinon de fascination, pour l’Europe et en particulier pour la France.
Ces relations remontent dans les temps, et nous ramènent vers les époques où, il y a des siècles et des siècles, les Arméniens traversaient mers et terres en y consacrant tout leur amour et tout leur talent. Il n’entre bien sûr pas dans le cadre limité de mon propos de faire un historique des fructueux échanges culturels arméno-français, mais je ne peux pas m’empêcher d’évoquer quelques temps forts.
Ainsi au XIII° siècle le frère du roi d’Arménie traduisait du français les Assises d’Antioche ; un travail qui se révéla aussi précieux pour la France, car l’original a disparu. Peu après, en 1307, le prince arménien Hethoum offrit à Poitiers au Pape Clément V sa « fleurs des Histoires de la Terre d’orient », écrit en français, qui devint bientôt l’un des plus grands succès de diffusion en Europe médiévale.
Plus tard, la politique orientale de Louis XIV créa, avec notamment l’envoi de la mission Sevin, les bases de la remarquable collection des manuscrits arméniens de la bibliothèque Nationale de France. Parallèlement des sujets orientaux pénétraient dans les arts et les lettres français, comme le thème du prince arménien Polyeucte. Une vogue encore vivace au XVIII° siècle, entre autres chez Voltaire et Rousseau.
Avec la création à l’initiative de Napoléon de la chaire d’arménien à l’Ecole des langues orientales, les études arméniennes commencent à se développer en France. Je tiens particulièrement à souligner la place et le rôle des intellectuels français dans l’histoire de nos relations, et rappeler, l’action exemplaire des grands humanistes français au début du XX° siècle qui multiplièrent leurs efforts pour défendre les droits des Arméniens dans leurs moments difficiles.
Les grands écrivains, peintres, musiciens contemporains arméniens, parmi eux M. Saryan, E.Kotchar, A.Issahakian, ont vécu et œuvré en France, et pour Komitas la France est devenue l’ultime demeure.
Aujourd’hui, les Français d’origine arménienne, CH. Aznavour, H.Verneuil, Carzou, Jansem sont devenus une fierté nationale pour la France et pour l’Arménie. Si aujourd’hui il nous arrive souvent d’évoquer le caractère spécifique des relations franco-arméniennes et la profondeur des liens culturels, intellectuels et humains, c’est qu’ils se sont noués à travers le temps, marqués par leur ancienneté, mais aussi tournés vers l’avenir.
En témoignent les centaines de manifestations culturelles et d’expositions artistiques arméniennes organisées en France durant ces dernières années. Il suffit de rappeler quelques manifestations exceptionnelles telles que l’exposition organisée à Paris, sous le haut patronage du Président français, à l’occasion du millénaire de la ville d’Ani, ancienne capitale arménienne ; le concert exceptionnel du Cœur Académique d’Arménie à la Cathédrale de Notre-Dame de Paris à l’occasion du 1700° anniversaire de l’adoption du Christianisme par l’Arménie comme religion d’Etat ; l’exposition de Sarian au Musée Picasso d’Antibes ou encore le colloque international consacrée à Narekatsi, le plus grand poète mystique de l’Arménie du Moyen Age. En témoigne l’intérêt que la société française manifeste pour la culture arménienne- rien que durant l’année dernière, dans différentes villes de France, plusieurs semaines et décades de culture arménienne ont été organisées.
Dans le cadre de l’année de l’Arménie en France, en 2006 et 2007, pendant plusieurs mois à Paris, ainsi que dans d’autres villes de France des expositions, des concerts, des festivals thématiques et d’autres manifestations culturelles seront organisées pour présenter l’art classique et moderne, la peinture et la sculpture, la musique et la danse, la poésie et la littérature, le théâtre et le cinéma, et les autres aspects de la culture arménienne. Ces manifestations présenteront une occasion exceptionnelle pour un large public français de découvrir les valeurs du patrimoine culturel arménien et de mieux connaître l’Arménie sa Culture et son histoire, son passé et son présent.
Que faut-il pour qu’une idée devienne projet ? Que faut-il pour qu’un projet devienne programme ? Et que faut-il pour qu’un programme entre en application ? Il faut convaincre, persuader un grand nombre de gens de l’importance de l’idée et il faut que cette idée soit partagée par eux, devienne la leur pour qu’ils la transforme en projet. Aujourd’hui nous avons ce projet- l’année de l’Arménie en France- qui est adoptée par les Présidents deux pays. Maintenant les spécialistes doivent se rassembler et en étudiant minutieusement tout le potentiel, toutes les possibilités existantes, élaborer un programme. Il faudra créer des groupes de travail à Erevan et à Paris qui, en réunissant les forces, seront susceptibles d’organiser, d’entreprendre les pas et les démarches nécessaires à la réalisation du programme.
Certainement, les Français d’origine arménienne qui représentent un pont vivant et servent de véritable trait d’union entre nos deux pays, pourront avoir un rôle très important dans l’organisation de l’année de l’Arménie en France.
jeudi 1er juillet 2004,
Spidermian ©armenews.com

Edward Nalbandian est ambassadeur de la République d’Arménie en France.



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