Nouvelles d'Armenie    
Roland Blum
L’autodétermination pour le Haut-Karabagh
Le point de vue de Roland Blum


Il y a quelques jours, la population du Haut-Karabagh a réélu à une très forte majorité Arcady Goukhassian à la Présidence de la République.
En soi, l’événement ne semble rien avoir d’exceptionnel. Pourtant, il mérite quelque attention du fait de sa contribution à la stabilité du Caucase et à l’avenir du peuple arménien. Il faut en effet, se souvenir que la proclamation le 2 septembre 1991 de la République du Haut-Karabagh, suivi du référendum sur l’indépendance de cette République le 10 décembre 1991 a entraîné une guerre avec l’Azerbaïdjan qui n’acceptait pas « d’abandonner » une partie de son territoire même si celle-ci lui avait été arbitrairement dévolue par Staline en 1921 et qu’historiquement l’Artsakh était une terre arménienne, peuplée majoritairement d’Arméniens.
Ce fut donc la guerre, une guerre difficile entraînant officiellement plus de 20 000 morts et qui se solda par la victoire des Arméniens. Un cessez-le-feu a été signé le 28 juillet 1994 en présence du médiateur Russe, et ce, dans le cadre du groupe de Minsk de l’O.S.C.E. Depuis 1994, c’est le statu quo. En effet, ni les Arméniens, ni les Azeris, en dépit de quelques déclarations belliqueuses du Président Aliev, ne souhaitent, à juste titre, reprendre les hostilités. Les Arméniens reconstruisent dans des conditions difficiles l’Etat du Haut-Karabagh, aidés par Erevan et par la diaspora. Peu à peu, l’état de droit se rétablit et la démocratie a repris ses droits après 70 ans de dictature soviétique.
Ainsi, depuis 1991, trois élections présidentielles ont été organisées et la présence de Robert Kotcharian, premier président du Haut-Karabagh, à la tête de l’Etat arménien, renforce encore davantage les liens entre les deux Républiques qui un jour, si les Karabakhtzis le veulent, ne pourraient en constituer qu’une seule. Reste la position de la Communauté Internationale. Force est de constater à cet égard que depuis huit ans, l’O.S.C.E. n’a pas été capable d’apporter une solution acceptable. En effet, l’organisation internationale s’accroche au principe dépassé de l’intangibilité des frontières soutenant ainsi l’Azerbaïdjan qui utilise cette « planche de salut » pour conserver fictivement le territoire de l’Artsakh au sein de la République d’Azerbaïdjan.
A été également évoqué l’échange de territoires permettant d’assurer tant à l’Arménie qu’à l’Azerbaïdjan, une continuité territoriale. Cette solution n’a pas été acceptée par les parties. Elle est effectivement très complexe à mettre en œuvre, et les Arméniens ne pourraient par exemple pas accepter l’abandon de la région de Meghri qui, s’il devrait permettre de relier le Nakhitchevan à l’Azerbaïdjan, priverait l’Arménie d’une frontière avec l’Iran, laquelle durant la guerre et encore actuellement limite les effets négatifs du blocus organisé par la Turquie.
En définitif, l’O.S.C.E. devra se résoudre à régler le problème du Haut-Karabagh en se référant au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en organisant sous l’autorité des Nations Unies, un référendum.
A cet égard, l’O.S.C.E. pourra se référer à la résolution 2625 de l’ONU sur : « les principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats ». En effet, selon cette résolution : « soumettre des peuples à la subjugation, à la domination ou à l’exploitation étrangère constitue une violation du principe des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et son exercice peut conduire à la création d’un Etat souverain et indépendant, la libre association ou l’intégration avec un Etat indépendant ou l’acquisition d’un tout autre statut politique librement décidé par un peuple ». En application de cette résolution, un référendum d’autodétermination pourrait être organisé pour le Haut-Karabagh car il ne saurait être question que l’Artsakh reste juridiquement soumise à la domination azeri.
Telle est la façon dont l’Histoire doit désormais s’écrire pour cette terre qui fut l’une des provinces les plus anciennes du royaume de la Grande Arménie.
dimanche 1er septembre 2002,
Spidermian ©armenews.com

Roland Blum est député des Bouches-du-Rhône, viceprésident de la Commission des Affaires Étrangères et viceprésident de la Délégation Française à l’Assemblée parlementaire de l’O.S.C.E.



CET ARTICLE VOUS A PLU ?  POUR AIDER LE SITE A VIVRE...
Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)

    
     Imprimer l'article




THEMES ABORDES :
Blum