Nouvelles d'Armenie    
François Bayrou
Dissiper le vent de l’oubli
Le point de vue de François Bayrou


« Un grand soleil d’hiver inonde la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend,
La justice viendra sur nos pas triomphants,
Ma Mélinée, ô mon amour, mon orpheline,
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
 »
Les vers que Louis Aragon prête à Missak Manouchian le résistant arménien de l’affiche rouge, me reviennent en mémoire. Ils temoignent de la gravité de la question arménienne, de la communauté des destins qui unissent nos deux pays et de la profondeur de nos valeurs communes.
J’ai autour de moi des amis appartenant à la communauté arménienne. Et, depuis fort longtemps, je connais la lourde histoire qui est la vôtre. Avec André Santini et François Rochebloine au Parlement francais et Marielle de Sarnez au parlement européen, nous avons mené une lutte difficile et sans relâche pour la cause arménienne.
D’abord en obtenant, le 18 juin 1987, la reconnaissance du génocide arménien par le Parlement européen, malgré des pressions de toutes natures. Ensuite en arrachant le même vote décidé par le Parlement français le 18 janvier 2001, à l’aide de mes amis sénateurs Denis Badré et Michel Mercier.
En entrant dans le grand livre des lois de la République, la reconnaissance du génocide fait désormais partie de notre patrimoine historique. Et nul ne pourra l’oublier. Mais nous le savons, la tâche n’est pas achevée : la Turquie a été acceptée comme candidate à I’Union européenne, sans réflexion suffisante, et sans que soit exigée la reconnaissance préalable du génocide.
Dans le cadre des rapports consacrés aux progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l’adhésion, Marielle de Sarnez, au nom de l’UDF, dépose depuis deux ans au Parlement européen un amendement demandant « au gouvernement turc ... la reconnaissance du génocide que la minorité arménienne a subi avant l’établissement d’un Etat moderne en Turquie ». Cette initiative constante de la famille politique que je préside doit être interprétée comme la volonté d’inciter le Gouvernement turc à entamer un dialogue avec l’Arménie en vue, notamment, d’établir des relations commerciales et diplomatiques avec ce pays.
Par ailleurs, j’ai toujours pensé que l’adhésion pure et simple de la Turquie à l’Union européenne était une erreur. L’Europe, c’est une communauté d’histoire et de civilisation. La Turquie appartient, par la géographie et par l’histoire, à un autre ensemble. Et je regrette que ce soient les responsables français qui aient poussé, sans débat avec l’opinion, sans aucune consultation, la candidature de la Turquie à l’Union. J’ajoute enfin que rien ne sera acquis sans la ténacité des organisations représentatives, le Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) et le Comité du 24 avril, ni sans la tenue exemplaire de la communauté arménienne de France qui a su exprimer ses revendications légitimes tout en s ‘inscrivant totalement dans notre modèle français d’intégration.
Comme le chantait Aznavour :
« Ils sont tombés, pudiquement, sans bruit
Par milliers, par millions,
sans que le monde bouge,
Minuscules fleurs rouges,
Recouvertes d’un vent de sable, puis d’oubli.
 »
J’ai la conviction profonde que tous ensemble nous dissiperons le vent de l’oubli.
C’est le sens du combat que j’entends poursuivre
vendredi 1er février 2002,
Spidermian ©armenews.com

François Bayrou est candidat à l’élection présidentielle et président de l’UDF.



CET ARTICLE VOUS A PLU ?  POUR AIDER LE SITE A VIVRE...
Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)

    
     Imprimer l'article




THEMES ABORDES :
Bayrou