Nouvelles d'Armenie    
André Santini
Un nouvel espoir pour l’Arménie
Le point de vue de André Santini


Riche d’une communauté arménienne particulièrement solidaire et dynamique, Issy-les-Moulineaux vit depuis longtemps au rythme des événements touchant l’Arménie. Son jumelage avec Etchmiadzine, scellé en 1989, au lendemain du terrible tremblement de terre qui ravagea le quart du pays, est l’aspect le plus visible d’une coopération amicale entre les deux cités.
Mais c’est, je crois, plus généralement, entre les Français et le peuple arménien qu’existe une réelle communauté de valeurs, une complicité intuitive, faite d’un même sens de la justice, d’un égal attachement à la patrie, d’une aspiration commune pour la liberté.
C’est donc peu dire qu’en cette année 2001, la joie des Arméniens et celle des Français se mêlent alors que le Parlement français a reconnu (enfin !) le Génocide de 1915 après des années d’âpres discussions et de frilosité diplomatique mal inspirée, alors qu’est célébré le 1700e anniversaire de la christianisation (avec en perspective la visite du Pape Jean-Paul II), alors, enfin, que le pays fête le 10e anniversaire de l’indépendance.
Cette indépendance, tant convoitée, porteuse du fol espoir de la prospérité, de la stabilité politique, de la cohésion sociale, de la liberté, nous en avons vécu, jour après jour, mois après mois, depuis 1991, les étapes heureuses et les soubresauts tragiques.
A chaque événement nouveau condui-sant le pays à rêver d’un lendemain meilleur ou, au contraire, le plongeant dans le doute ou l’affliction, nous avons tremblé avec les Arméniens de France et leurs frères demeurés en mère-patrie. Pendant ces dix années, nous avons partagé leurs combats, leurs humeurs, leurs déceptions, leurs espoirs. Avec eux, nous avons appris que l’indépendance n’est pas une récompense, mais une responsabilité.
Le présent numéro a retenu dix événements marquants de cette décennie. S’ils n’ont pas la prétention de tout en dire, ils montrent assez ce que le pays a enduré (pensons au rude hiver 1993, au conflit du Karabagh, bien sûr), ce qu’il a vécu (les années Levon Ter Pétrossian, l’attentat au Parlement en 1999), ce qu’il a entrepris aussi (les privatisations, la conférence Arménie - diaspora).
Il faut, je crois, insister sur les progrès enregistrés sans rien cacher des difficultés qu’a fait naître l’indépendance, sans chercher à minimiser l’inquiétante situation économique du pays, les obstacles qui se dressent sur la voie de la libéralisation : on nous dit que 560.000 retraités peinent à recevoir leurs pensions, que l’agriculture souffre de la faiblesse des systèmes d’irrigation... Occupée, décimée, écartelée, marginalisée, l’Arménie, tout au long de son histoire, et au cours de ces dix dernières années comme par un raccourci saisissant, a souvent été présentée comme étant irrémédiablement sinistrée.
Il faut en finir avec cette image et avoir foi dans la nouvelle donne économique du pays : inflation faible, monnaie stable, changements positifs dans le secteur du fisc et de la douane, développement du secteur bancaire, industrie agroalimentaire de qualité, entreprises diversifiées, plan stratégique de réduction de la pauvreté...
Dans un climat régional un peu plus serein (une commission [non gouvernementale] de réconciliation arméno-turque vient d’être créée par exemple), l’Arménie possède les armes pour opérer son redressement. De toute évidence, les deux ou trois années qui viennent seront cruciales. L’adhésion prochaine de l’Arménie à l’Organisation Mondiale du Commerce, notamment, devrait être une étape décisive.
Il est important que l’Europe et la communauté internationale, plus généralement, reconnaissent la part de civilisation qu’elles doivent à ce pays millénaire et qu’elles l’accompagnent dans sa quête de prospérité et de stabilité. Mais c’est aussi la coopération décentralisée qui aidera l’Arménie à se développer. Ainsi Issy-les-Moulineaux a voté récemment une aide pour la construction d’une école au Haut-Karabagh. Ces gestes, pour être symboliques, sont essentiels pour bâtir l’avenir de l’Arménie, des Arméniens et satisfaire les espoirs nés de l’indépendance.
samedi 1er septembre 2001,
Spidermian ©armenews.com

André Santini, Maire d’Issy-les-Moulineaux et premier viceprésident du Conseil général des Hauts-de-Seine.



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