Nouvelles d'Armenie    
Philippe De Villiers
Le blocage au Sénat est de fait imputable au gouvernement Jospin
Le point de vue de Philippe De Villiers


Voici très exactement quatre ans, au printemps 1996, j’écrivais dans ces mêmes colonnes à propos de la reconnaissance du génodde arnénien de 1915 « La France s’honorerait de procéder à cette reconnaissance, faisant par là-même un geste à l’égard d’un peuple ami du peuple français ». Deux ans plus tard, 29 mai 1998, l’Assemblée Nationale française reconnaissait ce génocide par le vote d’une proposition de loi, à sa propre initiative par conséquent. En tant que député de la Vendée, j’ai soutenu de tout mon coeur ce texte. C’est pourquoi je ne peux que m’étonner de ce que celui-ci, au bout de près de vingt-quatre mois ne soit toujours pas inscrit à l’ordre du jour du Sénat. D’autant que j’ai réalisé avec indignation que ce blocage incompréhensible est de fait imputable au gouvernement Jospin, qui craint les réactions de la Turquie et n’hésite pas à mettre sur le dos de la Haute Assemblée ce qui n’est que l’effet de sa propre frilosité. L’adoption définitive de ce texte de loi par le Parlement français et sa promulgation par les responsables de l’exécutif sont indispensables. Elles constitueraient un acte fort et solennel en direction des dirigeants turcs pour leur faire comprendre la ferme résolution de la France à propos de ce douloureux drame de l’histoire du XXème siècle. A l’heure où, partout dans le monde, on somme les responsables politiques, économiques, spirituels de faire repentance à tout propos, il semble que seuls en sont dispensés le parti communiste français - à propos des crimes du système soviétique - et le gouvernement turc à propos du génocide arménien, A quoi tient cette mansuétude -aussi suspecte que scandaleuse ? Le refus obstiné de la Turquie de reconnaître les massacres de 1915 est un élément supplémentaire pour refuser l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Com-me je l’avais fait en son temps, avec mes collègues du groupe de l’Europe des Nations au Parlement européen, je m’opposerai avec vigilance à l’entrée de la Turquie dans la communauté européenne tant que, notamment, elle refusera de se soumettre à cet élémentaire et impératif devoir de mémoire.
samedi 1er avril 2000,
Spidermian ©armenews.com

Philippe De Villiers est député de la Vendée et viceprésident du RPF.



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