Nouvelles d'Armenie    
MANIFESTATION ANTI-SARKISSIAN
18 H : au moins 10 000 personnes manifestent contre l’ex-président nommé Premier ministre
A midi, Serge Sarskyan est devenu officiellement Premier ministre


Yérévan, 17 avril, 18h20 - Au moins 10 000 personnes manifestaient mardi soir à Erevan, la capitale arménienne, contre l’ancien président Serge Sarkissian nommé Premier ministre avec des pouvoirs renforcés à l’issue d’un vote au Parlement, a constaté une journaliste de l’AFP.

Réunis sur la place de la République, en plein centre-ville, à l’appel du leader de l’opposition et député Nikol Pachinian, les manifestants ont dénoncé le maintien au pouvoir de Sarkissian, les fonctions du président étant désormais largement protocolaires en Arménie. Pour sa part, Pachinian a fait état de « dizaines de milliers de protestataires ».

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Yérévan, 17 avril, 14h00 - Dès 7 heures, on pouvait entendre des cris, plutôt des appels, au rassemblement dans les rues du centre-ville. Une heure plus tard, sur la Place de France, un petit groupe de manifestants attend et quand arrive Nikol Pashinyan, le leader de ces manifestations décide de marcher à travers la ville. Il répète ses consignes - pas de provocations, mais bloquer les principaux carrefours et tout le long de cette marche, appeler à la mobilisation citoyenne de toutes et tous. Le cortège passe Abovian via la rue Puskine, rejoint Khandjian, puis, de là, vers le quartier des petites boutiques de la rue Nardos puis de l’artère de Tigran Mets. A chaque intersection, des petits groupes de jeunes adolescents se portent en tête, saisissent les containers à ordures, les renversent sur la chaussée et bloquent effectivement chaque intersection. Quelques altercations avec des conducteurs qui se retrouvent ainsi encerclés se produisent, mais sont vite calmées par les plus âgés, voire, par Pashinyan lui-même.

Vers 11 heures, le cortège marque à peine le pas devant la rue Mélik Adamyan, où se trouve le siège du Parti républicain, arrive place de la République, à quelques pas de là, puis, fait jonction avec un premier groupe d’un autre groupe de manifestants qui lui descend la rue Abovian. Une deuxième jonction se fera avec un autre groupe encore sur la rue Amiryan, à l’angle de l’avenue Mashtots quelques minutes plus tard. Si peu à peu, derrière les manifestants, les carrefours sont rouverts à la circulation, Pashinyan maintient son mot d’ordre - rejeter Serge et appeler tous les citoyens à bloquer la ville mais aussi à rejoindre cette longue marche. Le cortège a en effet grossi lorsqu’il revient sur la Place de France.

Vers 13 heures, un groupe stationne toujours sur le milieu de l’avenue Bagramyan. Tôt le matin, on avait pu voir des blindés légers, ceux montés sur pneumatiques et non sur chenilles, prendre place de part et d’autre du canon à eau derrière les barbelés. Ils sont toujours là, alors que sous les casques, les forces anti émeutes transpirent. Nikol Pashinyan a déjà quitté la place de France et dirige le cortège vers le bas de la ville, où, vers 14 heures, au-delà de la Place de la République, les étudiants se sont rassemblés, devant le Ministère de l’éducation, là même où se trouvent aussi celui de la diaspora et celui des affaires étrangères, appelant à la grève générale.

Au matin, Nikol Pashinyan, d’après nos confrères d’Aazatutyan, a reçu un avertissement écrit de la police, selon lequel les forces de l’ordre sont prêtes à intervenir « à tout moment » contre ce qui est désormais qualifié de manifestations illégales. Cette même information circule dans le cortège des manifestants comme dans celui qui, face aux forces anti émeutes, stationne au milieu de Bagramyan.

C’est en descendant vers la Place de la république, puis, le quartier où sont regroupés les principaux ministères que Pashinyan a donc déclaré qu’à compter d’aujourd’hui, il considère mener ce qu’il nomme une « révolution de velours ». De petits groupes de manifestants auraient été interpellés mais l’information n’est pour l’heure pas confirmé, ni à quelle heure ces interpellations ont pu avoir lieu. Aucune nouvelle non plus des manifestants comme du policier blessés hier sur Bagramyan.

Laurence Ritter

mardi 17 avril 2018,
Ara ©armenews.com

PHOTO : MAX SIVASLIAN



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