Nouvelles d'Armenie    
ARMENIE
Le mouvement de protestation contre la nomination de Serge Sarkissian prend de l’ampleur


Le mouvement de contestation prend de l’ampleur à Erevan, où l’opposition et les groupes civiques se mobilisent depuis le 13 avril pour dénoncer le maintien au pouvoir de l’ancien président Serge Sarkissian, en qualité de premier ministre. Lundi 16 avril, au lendemain de la nomination officielle de S. Sarkissian par son Parti républicain d’Arménie (HHK), des milliers de manifestants en colère se sont heurtés aux forces de la police antiémeute dans la capitale arménienne, alors qu’ils tentaient d’approcher du Parlement. Les forces de sécurité lourdement équipées ont fait usage de leurs matraques et de leurs grenades lacrimogènes contre la foule qui tentait de forcer le cordon de police positionné à plusieurs centaines de mètres du siège du Parlement arménien. Les manifestants, conduits par Nikol Pashinian, figure de proue de l’opposition et leader de l’un des 3 partis de l’Alliance Yelk représentée au Parlement, ont été stoppés alors qu’ils défilaient sur l’avenue Marshal Bagramian, où se trouvent les sièges des principales institutions arméniennes dont le Parlement, depuis un carrefour voisin du centre de Erevan qu’ils occupaient depuis le 13 avril. Les premiers heurs sont intervenus après que des officiers de police eurent interdit à N. Pashinian et à ses partisans d’atteindre l’Assemblée nationale. N.Pashinian, qui était accompagné de trois autres députés de son parti Contrat civil, avait indiqué aux policiers qu’il « devait travailler » avec ses sympathisants.

Peu après, le vice-chef de la police de Erevan, Valeri Osipian, mettait en garde N. Pashinian contre toute action “provocative” alors que la foule toujours plus compacte se heurtait aux premières lignes de la police antiémeute. C’est alors que les forces de police ont utilisé leur arsenal pour stopper la foule des manifestants. La police a multiplié ensuite ses appels aux manifestants en vue de leur dispersion, menaçant sinon de recourir à la force. Mais la foule a refusé d’obtempérer et s’est repliée sur les lieux de son sit-in, devenu le QG du mouvement de contestation à Erevan.

La situation restait tendue, même si la police n’avait pas encore mis à execution ses menaces de recourir à la force. Durant les heurts, N.Pashinian a été blessé aux mains ainsi qu’à l’oeuil droit, et a été conduit à l’hôpital dans un fourgon de la police. S’exprimant devant les journalistes une heure après au Centre medical Nairi où il était hospitalisé, le leader de l’opposition a expliqué qu’il s’était blessé aux mains en se heurtant aux fils de fer barbelés disposés devant le cordon de police et que sa blessure à l’œil était due à l’explosion d’une grenade. Il a ainsi confirmé qu’il n’avait pas été brutalisé par les policiers.

L’administration de l’hôpital a aussi indiqué que trois officiers de police avaient dû être hospitalisés, en raison de blessures dues à l’explosion de grenades assourdissantes. Selon des chiffres fournis plus tard par le ministère arménien de la santé, quelque 46 personnes auraient nécessité des soins à la suite de ces heurts. Six d’entre elles seraient des officiers de police. Dans le même temps, la police nationale arménienne a publié un appel écrit adressé à N. Pashinian dans lequel elle l’avertit que les manifestations seraient interrompues par la force s’il persiste à défier ses mises en garde.

Mais il en fallait davantage pour intimider le leader de l’opposition qui, à peine sorti de l’hôpital, a rejoint ses partisans. “Nous nous en tenons à notre programme”avait-il déclaré aux journalistes à Nairi. “La police n’a pas réussi à disperser les participants de notre manifestation. Je suis fier d’eux et j’appelle tous les citoyens de l’Arménie à descendre dans la rue et à dénoncer le troisième mandat de Serge Sarkissian”. N.Pashinian a conduit ses partisans à l’avenue Bagramian alors que le movement de contestation avait bloqué la circulation dans le centre de la capitale.

Les actions de “désobéissance civile” commencées dans la matinée avaient attiré un nombre croissant de sympathisants tout au long de la journée, pour beaucoup des étudiants de l’université. “Vous être forts, et vous allez gagner aujourd’hui”, avait martelé N. Pashinian devant les manifestants rassemblés sur la place de France peu avant la marche avortée sur le Parlement. “Serge Sarkissian ne sera pas le premier ministre de l’Arménie”, a poursuivi l’ancien journaliste en ajoutant : “Le Parti républicain(HHK) ne sera pas dans le gouvernement”.

Le Parlement, où le HHK a renforcé sa domination depuis les legislatives d’avril 2016, devait voter le lendemain, mardi 17 avril, pour designer le futur premier ministre et chef de l’exécutif en vertu du système parlementaire mis en place par son principal bénéficiaire, S. Sarkissian. Dans la journée du lundi 16 avril, les groupes parlementaires du HHK et de son petit partenaire de la coalition gouvernementale, la FRA Dachnkatsoutioun, avaient officiellement approuvé la candidature de S.Sarkissian à ce poste. N.Pashinian et ses partisans avaient prévenu qu’ils s’emploieraient à perturber le vote du Parlement. Mais ses deux alliés de l’alliance d’opposition Yelk ont refusé de se joindre à sa campagne de protestation, dont l’un des temps forts fut l’occupation du siège de la radio publique d’Arménie à Erevan par N. Pashinian et ses partisans.

mardi 17 avril 2018,
Gari ©armenews.com

PHOTO DE MAX SIVASLIAN



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