Nouvelles d'Armenie    
François Hollande
Réponse à Pierre Lellouche
Le point de vue de François Hollande


Personne n’imaginait que la reconnaissance du génocide arménien par la République française serait un acte simple, facile et sans conséquences. Les Socialistes moins que personne, puisqu’il ne s’agit pas pour eux d’initiatives individuelles et sporadiques, du point de vue personnel, désinteressé ou non, de tel ou tel élu, mais d’une position de parti, assumée collectivement depuis plus de vingt ans et défendue à maintes reprises dans les instances internationales aussi bien que dans la vie politique française. Les déclarations ne manquent pas, venant de Claude Cheysson, de Roland Dumas, de François Mitterrand lui-même, comme de Lionel Jospin, Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard ou Henri Emmanuelli. Lorsque j’ai été élu Pre-mier secrétaire du Parti Socialiste, j’ai prolongé en la matière un engagement solennel, pris devant la communauté arménienne, lors des dernières échéances électorales, présidentielles et législatives. Il faut une singulière mauvaise foi pour voir dans la résolution des Socialistes à remplir leur promesses une manoeuvre politicienne. Je crois d’ailleurs que c’est la source de la déconvenue de le droite, l’origine de sa déconfiture, que cette incapacité à comprendre que la gauche, après avoir dit ce qu’elle voulait faire, fait tout simplement ce qu’elle avait dit. Disons aussi que la droite, qui n’a jamais rien fait pour obtenir et concrétiser la reconnaissance du Génocide arménien au cours des dernières décennies, qu’elle soit au pouvoir ou dans l’opposition, est bien mal placée pour donner des leçons ! Il n’est pourtant pas difficile de comprendre qu’une position politique, et en définitive morale, portant jugerment sur une tragédie historique et voulant contribuer à ouvrir la voie de la réconciliation par l’expression de la vérité, ne doit pas être un acte de gouvernement, un geste diplomatique, mais doit au contraire venir de la société elle-même, des forces politiques qui structurent en France le débat démocratique. Ce qui importe en l’occurrence, et je suis convaincu que la communauté arménienne le comprend bien ainsi, ce n’est pas la déclaration d’un ministre, c’est que la représentation nationale elle-même, si possible unanime, dise le Droit. L’Etat gère au mieux les relations de la France avec d’autres Etats - et je me félicite au passage de l’excellence des relations qui se sont établies entre la France et l’Ar-ménie, et que le gouvernement de Lionel Jospin a approfondies et consolidées - il doit penser au rôle qui est le sien dans la recherche de la paix, et donc maintenir avec tous les nécessaires voies de dialogue qui peuvent un jour se révéler précieuses. Ce n’est pas à lui qu’il faut demander de trancher les questions éthiques, historiques, morales qui ne sont pas réellement de son ressort. Il faut laisser l’Assemblée nationale et le Sénat jouer leur rôle, ne pas exiger du gouvernement qu’il le fasse à leur place. C’est pourquoi les Socialistes, à l’Assemblée nationale, en liaison avec le Parti, ont choisi la procédure de la « niche parlementaire » qui leur permettait d’ouvrir la iscussion. C’est pourquoi il est scandaleux que la majorité sénatoriale essaie d’échapper à sa responsabilité politique et de faire retomber sur le gouvernement les conséquences d’un choix devant lequel elle renâcle. Si la droite veut contribuer à la reconnaissance du Génocide arménien, rien de plus simple : il suffit que la question soit portée à l’ordre du jour du Sénat, et ue le vote soit aussi unanime qu’il l’a été à l’Assemblée. Les sénateurs socialistes y sont prêts. Le reste dépend de M. Poncelet et des amis de Pierre Lellouche. La droite serait donc - c’est ce que nous affirme le député RPR de Paris - favorable à la reconnaissance du Génocide arménien ? La balle parlementaire est dans son camp.
mercredi 1er septembre 1999,
Spidermian ©armenews.com

François Hollande est premier secrétaire du Parti Socialiste.



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