Nouvelles d'Armenie    
MARSEILLE
Marseille - Le CCAF Sud met en place sa première permanence sociale


Interview d’Azad Balalas-Kazandjian, président du CCAF Sud, à l’occasion du lancement de la première permanence sociale à Marseille.

L’assemblée générale du CCAF Sud a souhaité en février dernier la création d’une commission sociale. Quelle est la vocation de cette commission ?

M.Balalas-Kazandjian : Tout d’abord répondre au besoin grandissant que représente l’immigration des arméniens en France et à Marseille. La France a depuis longtemps accueilli des vagues migratoires, dont nos grands parents à la suite du génocide armenien mais aussi celle venant du moyen orient dans les années 80. Depuis la chute de l’union soviétique une nouvelle génération de migrants arméniens arrive. Pas seulement d’Arménie d’ailleurs, les arméniens de Russie, d’Ukraine, de Turquie sont de plus en plus nombreux à subir la xénophobie des pays dans lesquels ils ont vécu durant des décennies. Sans parler de la guerre en Syrie et en Iraq qui participe aussi à ce phénomène. Certaines personnes ont durant ces dernières années essayer de prendre ce problèmes à bras le corps en tentant de les aider dans leurs démarches d’installation et d’intégration avec malheureusement des fortunes diverses. Pendant longtemps les franco arméniens établis n’ont pas voulu s’occuper de cette problématique là pour une raison principalement idéologique : Aider les migrants arméniens dans leurs démarches ne va t’il pas créer un appel d’air et creuser encore plus le dépeuplement de l’Arménie. Cet argument je peux le comprendre, mais ce n’est pas à nous de juger ces migrants. L’immigration est un acte traumatisant pour un migrant quel qu’il soit. Qui répond souvent à un besoin d’un avenir meilleur pour lui et sa famille et qui l’oblige à se déraciner de ses terres, ou qui repose sur un besoin de mise à l’abri quand il est persécuté pour des raisons xénophobes. Donc ce n’est pas mettant ce problème sous le tapis ou en fermant les yeux que nous y répondrons.

Cette commission ne va-t-elle pas faire doublon avec les associations humanitaires arméniennes déjà présentes à Marseille ?

M.Balalas-Kazandjian : Pour ce qui est de Marseille aucune association ne s’occupe à plein temps de cette question. Le but du CCAF était justement de dédier pleinement une commission sur cette problématique. Là où je suis satisfait avant même la première permanence c’est que le CCAF a impulsé ce projet mais rapidement des individualités extérieures sont venues apporter leur savoir bénévolement. Je pense notamment à une référente du réseau RESF qui depuis des années évoquait ce problème à chacune de nos rencontres. Deux avocates spécialisées dans le droit des étrangers, un responsable associatif qui travaillait individuellement au quotidien de ces immigrés, mais également des personnes volontaires maîtrisant parfaitement l’arménien occidental et oriental mais aussi le russe vont donner du corps à ce projet. Cela fait maintenant prêt d’un an que nous travaillons sur la mise en place de ces permanences gratuites.

Les permanences sociales seront limitées dans un premier temps à Marseille. Est-il envisagé à l’avenir de les développer dans d’autres villes ?

M.Balalas-Kazandjian : Pour le moment et pour des questions pratiques nous resterons sur Marseille. La Maison des Droits de l’Homme nous accueillera selon nos besoins mensuels. La première permanence aura lieu ce jeudi 16 novembre de 16h à 19h au 34 cours Julien dans le 6 ème arrondissement de Marseille. Nous avons aussi ouvert une ligne téléphonique afin de pouvoir répondre dans l’urgence si nécessaire. D’ailleurs voici le numéro à appeler à partir de la fin de semaine quand la ligne sera effective le 07 82 79 71 24.

Concrètement quelles seront les aides apportées lors des permanences ?

M.Balalas-Kazandjian : Les besoins élémentaires comme aider à remplir correctement la demande au titre de séjour, la scolarisation des enfants, l’orientation vers les services sociaux ou médicaux adéquats en fonction des besoins des migrants, les lieux où demander un hébergement ou de la nourriture et des vêtements, des cours d’initiation au français. Bref tout ce qui peut aider à être légalement en règle sur le territoire français tout en aidant à l’intégration.

mercredi 15 novembre 2017,
Stéphane ©armenews.com


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