Nouvelles d'Armenie    
ARMENIE
Des hommes d’affaires russes d’origine arménienne investissent dans l’or blanc arménien


Un fonds d’investissement récemment créé par de riches hommes d’affaires russes d’origine arménienne a fait connaître jeudi 10 août son intention de construire une grosse centrale hydroélectrique en Arménie, qui inaugurerait son cahier des charges. Le gouvernement arménien a donné son feu vert au projet, en faisant valoir qu’il renforcerait la sécurité énergétique énergétique du pays. Il a donné son approbation formelle sous la forme d’un protocol d’accord avec le Fonds d’investissement, baptisé Club des investisseurs d’Arménie (CIA). “Il s’agit du premier grand projet du Club des investisseurs d’Arménie à avoir fait l’objet de discussions en profondeur depuis la création du Fonds”, a commenté le ministre arménien de l’énergie Ashot Manukian, lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Erevan. Le Fonds a été officiellement présenté en mars lors d’une cérémonie à Erevan en présence du premier ministre Karen Karapetian. Ce dernier, qui a lui-même occupé des fonctions dirigeantes à la tête du géant russe gazier Gazprom, connaît bien le milieu des affaires arménien en Russie et est un proche de l’un des fondateurs du Fonds, le milliardaire améno-russe Samvel Karapetian (auquel il n’est pas apparenté).

Le ministre pour le développement économique Suren Karayan avait indiqué en avril dernier que les investissements de ce fonds dans l’économie arménienne pourraient se monter à quelque 300 millions de dollars cette année. L’un des assistants de S.Karayan avait ajouté en juillet dernier lors d’un point de presse que les premiers projets financés par le CIA dans le secteur des énergies renouvelables en Arménie seraient lancés l’automne prochain. La nouvelle centrale hydroélectrique devrait être aménagée sur le cours du fleuve Debed qui traverse la province de Lori, au nord de l’Arménie. Elle serait située plus exactement aux abords de la localité de Shnogh, un village à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière avec la Géorgie. A.Manukian a précisé devant les autres membres du gouvernement que cette structure “moderne et sophistiquée” attirerait au moins 150 millions de dollars d’investissements et aurait une capacité de 76 megawatts. Le courant généré par la centrale représenterait 5 % de la production arménienne d’électricité, a ajouté le ministre arménien de l’énergie. Le CIA a indiqué sur son site web que la construction du site de Shnogh durerait trois ans.

Le protocole d’accord signé avec les investisseurs russo-arméniens engage le gouvernement arménien à garantir l’achat par le réseau national électrique arménien de 500 millions de kilowatt/hours d’électricité par an à la future centrale. Signalons que le réseau appartient au Groupe Tashir de Samvel Karapetian. L’homme d’affaires russo-arménien possède aussi la plus grosse centrale thermique d’Arménie ainsi que des centres commerciaux à Erevan. Le magazine “Forbes” estime sa fortune personnelle à 3,5 milliards de dollars, le désignant ainsi comme l’Arménien le plus riche de la planète.

Le site web du CIA révèle aussi que le fond souhaiterait financer au moins en partie la construction prévue d’une centrale hydroélectrique de 100-megawatt sur le fleuve Araxe marquant la frontière entre l’Arménie et l’Iran. Les gouvernements arménien et iranien ont inscrit depuis longtemps ce projet à l’ordre du jour et il tarde à se soncrétiser. Le 10 août, M. Manukian a souligné l’importance de l’énergie blanche pour la sécurité énergétique de l’Arménie. Il a indiqué que la centrale de Shnogh et d’autres centrales de moindre importance actuellement en construction permettront de porter à quelque 50 % la part des énergies renouvelables dans la production électrique du pays. L’Arménie, qui ne dispose pas de ressources énergétiques naturelles telles que les combustibles fossiles, dont regorge son voisin et ennemi l’Azerbaïdjan, a depuis longtemps misé sur la puissance de ses cours d’eau dévalant les montagnes. Elle a beaucoup investi ces dernières années dans l’hydroélectricité, un secteur qui intéresse aussi les investisseurs étrangers, notamment américains, puisque le plus gros contrat signé en 2016 par un groupe américain portait sur la construction d’une centrale hydroélectrique dans le sud de l’Arménie. Les centrales hydroélectriques représentaient en 2016 près du tiers de l’électricité produite en Arménie. Elles n’y contribuaient qu’à 20 % il y a seulement dix ans. Cet essor est dû en grande part à la construction de plus de 150 petites centrales gérées par des opérateurs privés construites ces dernières années sur le cours de nombreux torrents de montagnes. Moins polluante, l’électricité fournie par les centrales hydroélectriques est aussi bien moins coûteuse que celle fournie par les centrales thermiques, alimentées essentiellement par le gaz livré par la Russie. Elle est aussi garante du développement durable et indépendant de l’économie arménienne, qui puise dans ses seuls fleuves et torrents sa source d’énergie.

vendredi 11 août 2017,
Gari ©armenews.com


CET ARTICLE VOUS A PLU ?  POUR AIDER LE SITE A VIVRE...
Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)

    
     Imprimer l'article




THEMES ABORDES :
Arménie