Nouvelles d'Armenie    
ARMENIE
La nouvelle commission anti-corruption sera-t-elle efficace ?

Plusieurs quotidiens commentent la création imminente d’une nouvelle commission chargée de la prévention de la corruption, l’AN venant d’adopter un projet de loi gouvernemental en ce sens. La Commission de prévention de la corruption commencera à fonctionner au début de l’année prochaine. Elle examinera les déclarations de revenus et d’actifs de 2 200 hauts fonctionnaires de l’État et enquêtera sur d’éventuels conflits d’intérêts ou des comportements contraires à l’éthique. Elle sera habilitée à demander aux organismes chargés de l’application de la loi de poursuivre les fonctionnaires soupçonnés de corruption ou même de fausses informations. Le parti au pouvoir a accepté lors des débats parlementaires de laisser l’opposition parlementaire nommer un membre du conseil. L’alliance Tsaroukian et l’alliance Yelk choisiront donc un membre par consensus. Le projet de loi adopté par le Parlement prévoit également d’introduire un « système de dénonciation » permettant aux Arméniens de signaler les cas de corruption qui leur sont connus. Les quotidiens relèvent toutefois que les experts et les représentants de la société civile arménienne se sont montrés sceptiques quant aux dernières mesures prises par le Gouvernement. Pour eux, le Gouvernement n’est toujours pas véritablement engagé à lutter contre la corruption. La vice-présidente de l’AN, Arpiné Hovhannissian, qui a rédigé le projet de loi alors qu’elle occupait encore les fonctions de ministre de la Justice, a déploré le scepticisme, tout en reconnaissant cependant que les mesures approuvées ne conduiraient pas à une « révolution » dans la lutte contre la corruption. Dans un entretien avec Haykakan Jamanak, Varoujan Hoktanian, directeur du bureau arménien de Transparency International, estime également que cette nouvelle commission ne fera pas de révolution en Arménie en termes de lutte contre la corruption. Il relève qu’il y a des pays qui n’ont aucun organe anti-corruption, mais leur système étatique et politique est tel que les pratiques de corruption sont minimisées ou exclues. Il désapprouve notamment le fait que les membres de la commission seront nommés par l’AN, en d’autres termes par un organe politique contrôlé majoritairement par un parti politique, ce qui mettra en question l’indépendance de la commission... Dans un entretien avec 168 Jam, Mme Naïra Zohrabian, député de l’alliance Tsaroukian, se montre également sceptique face à l’efficacité de cette commission, observant que nombreux sont les cas où les personnalités haut placées ont présenté de fausses déclarations de patrimoines ou des déclarations incomplètes. Selon elle, la seule présentation de déclarations de patrimoine n’est pas suffisante pour mener une lutte réelle contre la corruption. Selon elle, tant qu’un poste d’Etat est considéré en Arménie comme un moyen d’enrichissement, la corruption ne sera pas éradiquée.

Extrait de la revue de presse de l’Ambassade de France en Arménie en date du 12 juin 2017

lundi 19 juin 2017,
Stéphane ©armenews.com


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